Paris : La dernière librairie LGBT du Marais pourrait devoir déménager de son site historique

COMMUNAUTE La mairie de Paris cherche des solutions pour reloger ce commerce historique

B.Ch. avec AFP

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La librairie Les mots à la bouche, à Paris
La librairie Les mots à la bouche, à Paris — Les mots à la bouche

La première librairie LGBT de France, Les mots à la bouche, contrainte au déménagement le 31 mars 2020, ne se résout pas à quitter son quartier historique du Marais, à Paris, qui connaît une explosion des prix des loyers.

La boutique de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, reconnaissable à sa devanture bleue, a annoncé que le bail ne serait pas renouvelé après plus de 36 ans dans les murs. Le propriétaire « veut s’aligner sur les prix du quartier, ce qui revient à multiplier par trois ou quatre le loyer », explique Nicolas Wanstok, libraire depuis treize ans.

Gentrification

Fondée au début des années 1980 par Jean-Pierre Meyer-Guiton, militant du Groupe de libération homosexuelle (GLH), Les mots à la bouche a fait partie des fondateurs du « Marais Gay », contribuant à faire émerger l’identité de ce quartier parisien.

Mais depuis une dizaine d’années, comme dans d’autres secteurs de la capitale, le quartier se transforme sous l’effet de la gentrification avec une implantation des marques de luxe et une explosion des loyers, poussant les commerces historiques au déménagement.

Une libriairie historique

Après la fermeture en 2008 de la librairie Blue Book, rue Quincampoix, Les mots à la bouche est l’une des dernières librairies LGBT en France, avec les enseignes Vigna à Nice ou Violette and Co à Paris, qui proposent des ouvrages féministes et LGBT.

« Les Mots à la bouche est une librairie historique, confirme Christophe Girard, adjoint de Paris pour la culture, nous y sommes tous très attachés et notre objectif est qu’elle soit sauvée ». « Nous continuons à chercher des options, tandis qu’ils règlent leurs conditions de sortie des lieux avec le propriétaire », ajoute-t-il.

La tentation de l'ailleurs

Par l’intermédiaire d’entités comme le GIE Paris Commerce ou le Semaest, la mairie du IVe arrondissement a proposé quelques locaux à l’enseigne historique, mais ces « pistes ne correspondaient pas » du fait de leur emplacement, souligne Nicolas Wanstok.

Fragilisée par la baisse de ses ventes, dans un quartier qui perd peu à peu sa dimension communautaire, l’équipe des Mots à la bouche est, selon lui, tiraillée entre la volonté de « défendre ce modèle » et celle de s’implanter ailleurs.