Christian Morin : « Revenir à Bordeaux animer le concert de Radio Classique, un cadeau de Noël »

INTERVIEW DE NOEL L’ancien animateur télé vedette, anime dimanche le concert de Noël de Radio Classique, organisé à Bordeaux depuis quatre ans. L’occasion de replonger en enfance pour ce Bordelais d’origine

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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L'ancien animateur télé Christian Morin, en préparation avant le concert de Noël de Radio Classique à Bordeaux.
L'ancien animateur télé Christian Morin, en préparation avant le concert de Noël de Radio Classique à Bordeaux. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Christian Morin a été une véritable star du petit écran dans les années 1980 et 1990.
  • Passionné de clarinette et de musique, il anime désormais une émission sur Radio Classique depuis dix ans.
  • Né à Bordeaux en 1945, il est de retour dans sa ville ce week-end pour le concert de Noël de Radio Classique, qui sera diffusé en direct dimanche soir.

Un retour aux sources. L'ancien animateur de télévision Christian Morin, vedette du petit écran dans les années 1980 et 1990, présente ce week-end le concert de Noël de Radio Classique, interprété par l’Orchestre national Bordeaux-Aquitaine (ONBA) sous la baguette de Paul Daniel, à l’Auditorium de Bordeaux. A 74 ans, c’est l’occasion pour ce Bordelais de replonger en enfance, et de revenir sur une foisonnante carrière. 20 Minutes l’a rencontré.

Christian Morin, lors du concert de Noël de Radio Classique, à l'auditorium de Bordeaux, le 20 décembre 2019.
Christian Morin, lors du concert de Noël de Radio Classique, à l'auditorium de Bordeaux, le 20 décembre 2019. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Qu’est-ce que cela vous fait de revenir à Bordeaux pour présenter le concert de Noël de Radio Classique ?

C’est la quatrième année, et je suis toujours ravi car j’ai une histoire particulière avec l’Auditorium… Le Grand Théâtre je l’ai connu étant enfant, j’y ai même chanté pour un arbre de Noël à l’âge de 8 ans, mais l’Auditorium, avant c’était un cinéma - L’Olympia - auquel je venais, et ce qui est amusant c’est que c’est mon ami l'architecte Michel Petuaud-Letang, que j’ai connu à Bordeaux, qui en a eu l’idée. Et comme je reviens tous les ans à cette même époque de l’année, c’est une sorte de cadeau de Noël, que je me fais.

Vous revenez à la maison en somme ?

Oui, c’est cela, et la ville est devenue magnifique en plus… Elle s'est faite une belle toilette de printemps, et il y fait bon vivre maintenant. Je viens du quartier Mériadeck [quartier jugé insalubre dans les années 1950, et qui a été entièrement transformé par Jacques Chaban-Delmas à la fin des années 1960], dans un coin qui n’existe plus en bordure de la rue du Château d’Eau, et j’y ai vu les premières constructions pousser. Voir aujourd'hui ressurgir cette architecture XVIIè-XVIIIè, conjugué à la musique, aux lieux où j’ai flâné enfant, entre le jardin de la mairie et le parc bordelais, c'est cela qui me rend heureux… Pendant mon séjour, les après-midi, j’en profite pour flâner un peu et retomber en enfance. 

Quel est votre rôle pendant les représentations de ce concert de Noël ?

C’est un peu comme une émission de radio, j’introduis les morceaux en trouvant des anecdotes autour des titres qui vont être joués, même si pour ce genre de travail il ne faut pas intervenir systématiquement, cela couperait le rythme. Je n’aime pas avoir des fiches à la main : j’apprends mon texte par cœur pour pouvoir, comme à la radio, le raconter au public. Mais je ne suis qu’un passeur de plats.

Revenons un peu sur votre carrière : on vous connaît surtout comme animateur de télévision, et notamment de La Roue de la Fortune, on sait aussi que vous êtes clarinettiste, mais vous avez fait d’innombrables choses, ce que le grand public ne connaît pas forcément…

La télévision, c’est le marquage au fer rouge ! Mais c’est vrai que j’ai fait d’autres choses. Mon père, qui était dessinateur autodidacte, m’a poussé à aller vers les Beaux-Arts, je suis d’ailleurs diplômé d’art graphique et de publicité. J’ai commencé à faire du dessin dans Sud Ouest, j’ai monté un quartet de jazz à l’âge de 15 ans, au moment où je commençais la clarinette, puis nous avons monté le festival de jazz d’Andernos. Ensuite, j’ai travaillé pour des affiches de la scène Sigma [festival culturel avant-gardiste qui a secoué Bordeaux de 1965 à 1990], et j’ai même exposé avec Ben et l'école de Nice… Puis quand je suis arrivé à Paris, j’ai cherché ce qui pouvait refléter ce que j’avais fait à Bordeaux, et j’ai pensé à la radio, pas tout de suite à la télévision. J’ai découvert cet autre univers mais je n’ai jamais laissé tomber ni la musique, ni le dessin. Je dessine toujours, dans une revue qui s’appelle Notre Temps, dans laquelle je raconte des anecdotes sur la musique classique, ce qui débouchera sur un livre au mois d’avril.

Quel regard portez-vous sur votre carrière aujourd’hui ?

Un regard heureux. Pour moi il y a une chose à ne pas perdre : son enthousiasme, même s’il y a des échecs. La seule chose qui m’ennuie chez les autres, ce sont les gens qui n’ont pas d’enthousiasme, qui sont abattus. Il faut essayer de positiver, et aller de l’avant.

Un enthousiasme que vous communiquez toujours sur Radio Classique…

J’adore faire de la radio ! Je suis là pour divertir les gens, pas pour annoncer les programmes avec un ton d’enterrement. Je suis… comme un homme de compagnie, qui peut faire de la musique, faire écouter de la musique, faire des dessins…

Les deux dernières représentations du concert de Noël de Radio Classique auront lieu dimanche 22 décembre à 15h et 20h. La représentation de 20 h sera retransmise en direct sur Radio Classique, et rediffusée le 31 décembre.