Des « roaring twenties » aux « worrying twenties », cent ans après, les « années folles » sont de retour

MEILLEURS VOEUX (7/7) A l’occasion de l’entrée dans l’année 2020, « 20 Minutes » plonge dans les nouvelles années folles

Laure Beaudonnet

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Paris dans un futur apocalyptique... Le monde de demain pourrait sombrer dans la folie.
Paris dans un futur apocalyptique... Le monde de demain pourrait sombrer dans la folie. — Grandfailure / Getty Images
  • Les années 2020 dont on peut déjà percevoir les signes ont un goût de déjà-vu.
  • A cette occasion, 20 Minutes s’offre une plongée dans la décennie à venir, et ce n’est pas toujours joli.
  • Les « worrying twenties » s’annoncent comme les nouvelles années folles.

Le monde entre dans une nouvelle décennie et en profite pour faire un clin d’œil au passé. Cent ans plus tard, les « années folles » repointent le bout de leur nez. Des « roaring twenties » [les années 1920 rugissantes], portées par une euphorie créatrice et une croyance quasi fanatique en la révolution industrielle, nous entrons dans les « worrying twenties » [les années 2020 inquiétantes], comme l’a baptisé la grande étude de Ipsos Trend Obs 2020.

Face à une société de plus en plus préoccupée par l’urgence climatique, aveuglée par la révolution numérique et gangrenée par les désordres mentaux en tous genres* (anxiété, burnout, dépression, addictions…), le parallèle avec les années 1920 est presque trop évident. Les « années folles » sont de retour ! Mais la folie a changé de visage. L’extravagance et la légèreté d’une époque éprouvée par la Grande guerre reviennent sous forme de désenchantement et d’affliction avec, en toile de fond, le fantasme de l’apocalypse.

D’une folie douce à l’angoisse de fin du monde

L’urgence vitale germe dans l’angoisse de la fin du monde et les théories des collapsologues qui prophétisent l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle. Le retour à soi, au local, à l’intime se répand un peu partout comme un remède aux contradictions de la société. A défaut de pouvoir changer un monde de plus en plus complexe, on se recentre et on travaille sur soi à coups de méditation mindfullness et de thérapies alternatives.

Que nous réserve cette nouvelle décennie ? Thibaut Nguyen, directeur du département Tendances & Prospective chez Ipsos, évoque Le monde en 2035 vu par la CIA, et le Conseil national du renseignement : Le paradoxe du progrès, paru en 2017. Trois scénarios se dessinent. Un monde atomisé, fragmenté, où de plus en plus de murs s’érigent ; un monde fait de transnations dans la veine du roman Dune, des courants qui s’agrègent autour d’une religion, d’une vision de l’humain, d’une économie et d’un OS (une Apple nation face à une Google nation) ; ou, un monde satellisé plongé dans une guerre froide technologique qui laisse s’affronter des grandes puissances ? Les dix années à venir nous le diront. D’ici là, bonne lecture et bonne année, surtout !

*Selon l'OMS, dans le monde, plus de 300 millions de personnes souffrent de dépression, la principale cause d’incapacité. Plus de 260 millions présentent des troubles de l’anxiété. Un grand nombre vit avec les deux pathologies.

Retrouvez tous les épisodes de notre dossier « 2020, nouvelles années folles »