Emmener la musique symphonique en banlieue, le combat de Zahia Ziouani

VIS!ONS Depuis 1998, avec l’Orchestre symphonique Divertimento qu’elle dirige, Zahia Ziouani joue aussi bien à la Philharmonie de Paris que dans des salles plus petites de banlieue

Antoine Magallon

— 

Zahia Ziouani, lors de la remise des insignes d'officier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2014.
Zahia Ziouani, lors de la remise des insignes d'officier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2014. — LAURENT BENHAMOU/SIPA

« Nous sommes un des rares orchestres à jouer à la Philharmonie, à l’Opéra de Paris mais aussi à Stains, à Vaulx-en-Velin ou dans la banlieue du Mans. A chaque fois avec le même engagement, les mêmes solistes, les mêmes habits car nous ne faisons pas de distinction entre les petites et grandes salles ». Zahia Ziouani est cheffe d’orchestre. Cela fait maintenant vingt ans qu’elle tente de sortir la musique symphonique des temples qui lui sont dédiés.

Au départ uniquement actifs en Seine-Saint-Denis, Zahia Ziouani et son orchestre professionnel, baptisé Divertimento, font aujourd’hui raisonner Bach et Bizet dans les maisons de quartier et les salles polyvalentes de sept régions. « Il n’y a pas une semaine, pas un mois où nous ne nous déplaçons pas. » L’objectif est simple : faire découvrir à tous les publics et notamment aux habitants des banlieues la musique symphonique.

« Ça demande du temps, de l’énergie mais ça fonctionne. Je n’ai jamais vu un enfant dire : “ça ne m’intéresse pas.” Tout le monde est sensible à cette énergie, aux émotions… La musique symphonique comme culture populaire, c’est tout à fait possible et pour toutes les tranches d’âge. » Comme outil pour améliorer le vivre ensemble également. « L’idée c’est que cette diversité que l’on voit quand nous jouons dans les quartiers populaires se retrouve ensuite dans les grandes salles de concert. Il y a quand même eu des progrès en dix ou vingt ans. A cette époque, parfois on me riait presque au nez quand je défendais la culture en Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui cela surprend moins, c’est plus ancré dans les consciences même si les moyens ne sont pas forcément à la hauteur des ambitions. »