Expositions : De Vinci au Louvre, Greco au Grand Palais, Tolkien à la BNF… Comment survivre aux blockbusters de l’hiver

PARIS Plusieurs grandes expositions parisiennes attirent les visiteurs en nombre 

Benjamin Chapon

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L'exposition Leonard de Vinci au musée du Louvre est complète
L'exposition Leonard de Vinci au musée du Louvre est complète — Vincent Loison/SIPA

Complet. L’exposition de l’année n’est plus visitable si vous n’avez pas pris soin de réserver un créneau horaire. Le musée du Louvre a ainsi vendu tous les billets de son exposition anniversaire consacrée à Leonard de Vinci. Les visiteurs qui seraient tentés de se reporter, dans un autre registre, sur l’exposition Tolkien à la Bibliothèque nationale de France, jusqu’au 16 février, devront prendre soin de réserver également. Tout comme celles et ceux qui envisageraient l’exposition Le Gréco aux Galeries nationales du Grand Palais, jusqu’au 10 février.

Bref, comme chaque année à pareille saison, les expositions blockbusters ouvertes à l’automne, vont afficher complet tout l’hiver. Mais ne perdez pas espoir, il y a quelques astuces pour éviter de connaître la foule pendant vos visites.

Merci la grève

Le constat est sans appel. Mis à part ceux qui n’ont pas pu ouvrir, précisément à cause de la grève de leurs personnels ou parce qu’ils n’ont pas pu venir travailler, les musées étaient plutôt vides en ce jeudi 5 décembre, premier jour d’une grève massive, dans les transports notamment. Partie pour durer, cette grève peut s’avérer une bénédiction pour les amateurs d'art. Ainsi, au Louvre, il y avait des places à prendre pour visiter l’expo de Vinci grâce aux gens qui ne sont pas venus… De même, la foisonnante exposition Le Gréco, qui, par ses formats exposés, réclame de prendre du recul, était plutôt « clairsemée ». Du moins par rapport aux standards habituels.

Préparer sa visite

Attention, la mode est aux expositions sans cartel, sans explication. C’est le cas de l’exposition Bacon au Centre Pompidou (jusqu’au 20 janvier) notamment. Pour cette visite comme pour d’autres, passionnantes mais riches et bondées, mieux vaut préparer sa visite en se renseignant en amont sur ce que l’on va voir. Ainsi, une fois sur place, vous pourrez profiter pleinement des œuvres. Ce conseil s’applique notamment à l’exposition Leonard de Vinci, qui a été accompagnée par plusieurs éditions spéciales de magazines culturels, et de beaux livres. Le plus complet, outre l’excellent catalogue d’exposition (35 euros), reste la monographie éditée par Citadelles & Mazenod (199 euros).

Venir tôt ou tard, et prendre son temps

Alors oui, c’est un peu un conseil facile. Du genre « couvrez-vous ! » quand il fait froid. Mais en ces temps de fortes affluences dans les expositions, il devient vital d’arriver aux heures vaguement creuses, à savoir à l’ouverture ou au plus près de la fermeture des nocturnes. Autre conseil du même ordre : prévoyez un temps de visite assez long. Pour Tolkien à la BNF par exemple, trois heures ne seront pas de trop. Cela vous évitera de trépigner quand ça n’avance pas, et d’assimiler les nombreuses informations. D’ailleurs, idéalement, ce genre de visite se fait en deux fois, avec une pause-café entre deux sessions. Mais bon tout le monde n’a pas l’emploi du temps adéquat (encore un argument en faveur de la grève, oups).

Jouer la contre-programmation

Alors, non, on ne va pas vous conseiller de visiter d’obscurs ateliers d’artistes ou des expositions en banlieue (même s’il y en a d’excellentes). Mais si vous sortez un tout petit peu des énormes expositions, vous pourrez trouver des visites enthousiasmantes et un peu moins bondées. Pour n’en citer que deux, optons pour celles du Musée du Quai Branly et de Jacquemart-André. L’une et l’autre sont consacrées au principe de collection. Le musée Jacques Chirac a, pour ses 20 ans d’existence administrative, imaginé une exposition sur la constitution de sa collection, jusqu’au 26 janvier. C’est à la fois érudit et très agréable à suivre. Et cette visite vous permettra sans doute d’enrichir votre réflexion sur la question des restitutions d’œuvres d’art à leurs pays d’origine. L’autre exposition, au musée Jacquemart André, présente une collection privée, montrée pour la première fois au public, la collection Alana. Et là, attention les yeux : plus de 75 chefs-d’œuvre des grands maitres italiens de la Renaissance comme Fra Angelico, Uccello, Lippi, Bellini, Le Tintoret, Véronèse… Etourdissant de beauté.