Bernard Pivot quitte l'Académie Goncourt.
Bernard Pivot quitte l'Académie Goncourt. — Jean-Philippe BALTEL/SIPA

GONCOURT

Académie Goncourt : Bernard Pivot se retire et quitte ses fonctions de président

Bernard Pivot était président de l'Académie depuis 2014

Bernard Pivot, qui a marqué les belles heures de la télévision française avec Apostrophes, quitte l’Académie Goncourt, dont il était membre depuis quinze ans et président depuis cinq ans, a annoncé, mardi, sur Twitter l’assemblée du prix littéraire.

« Pour retrouver un libre et plein usage de son temps, à 84 ans Bernard Pivot a décidé de se retirer de l’Académie Goncourt à partir du 31 décembre. Il en était membre depuis 15 ans, le président depuis 5 ans. Il en devient membre d’honneur », a annoncé l’Académie sur Twitter, quelques semaines après avoir récompensé le romancier Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier).

L’homme qui fit entrer la littérature dans le salon des Français

Animateur d’émissions culturelles à la télévision française, grand connaisseur de la littérature, Bernard Pivot est devenu en 2004 le premier non-écrivain coopté à l’académie Goncourt. Il a remplacé Edmonde Charles-Roux aux fonctions de président en janvier 2014.

Avec Apostrophes, l’émission littéraire la plus célèbre de la télévision, Bernard Pivot est l’homme qui fit entrer la littérature dans le salon des Français. Ce fou de littérature, défenseur acharné de la langue française et ami sincère des mots, a animé durant 15 ans (de 1975 à 1990) l’émission littéraire qui, chaque vendredi, était suivie par des millions de téléspectateurs.

Fier d’être dans « Le Petit Larousse »

Vêtu de la blouse grise des instituteurs d’autrefois, Bernard Pivot est aussi celui qui tenta de réconcilier les Français avec l’orthographe en organisant, à partir de 1985, Les Dicos d’or, célèbre championnat d’orthographe qui a remis la dictée au goût du jour. Cette appétence pour la langue française remonte à loin, expliquait Bernard Pivot en mars 2016 à l’occasion de la présentation de son livre Au secours ! Les mots m’ont mangé aux Editions Allary.

« Je suis un enfant de la guerre. J’étais réfugié avec ma mère dans un petit village du Beaujolais, et mes seuls livres étaient un dictionnaire et les fables de La Fontaine. La Fontaine me parlait de zéphyr ou d’aquilon, et Le Petit Larousse me renseignait sur ces mots étranges », avait-il confié. Une de ses plus grandes fiertés est d’être entré dans le Petit Larousse en 2013.

Amateur de vin et de football

Homme de lettres, au sens propre, il n’a écrit à ce jour que deux romans : L’amour en vogue (1959) et Oui, mais quelle est la question ? (2012). En parallèle, il est l’auteur de plusieurs essais, sur la langue française, mais aussi sur ses deux autres grandes passions : le vin et le football.

Né à Lyon le 5 mai 1935 dans une famille de petits commerçants, il a passé son enfance dans le Beaujolais et était connu pour être un amateur éclairé des vins de ce terroir. On lui doit notamment un Dictionnaire amoureux du vin (Plon, 2006) qui fait autorité. Fou de foot, il est resté fidèle à l’AS Saint-Etienne et à l’équipe de France.

Journaliste et twitto

Ces dernières années, Bernard Pivot a été très actif sur Twitter avec plus d’un million d’abonnés, partageant ses humeurs et ses vues. Mais, au-delà de toutes ses activités, c’est en tant que journaliste qu’il aime se définir. Après un passage au Progrès de Lyon, il entre au Figaro littéraire en 1958. Chef de service au Figaro en 1971, il démissionne en 1974 après un désaccord avec Jean d’Ormesson. L’académicien aux yeux bleus sera néanmoins le recordman des passages dans les émissions littéraires de Pivot.