Yadam : « J’ai vraiment envie de rester à Paris, c’est ici que j’aimerais avoir mon lieu sûr »

INTERVIEW Deux ans après avoir passé les épreuves de « Nouvelle Star » à l’Elysée Montmartre, Yadam revient ce jeudi soir sur la scène de la salle parisienne. L’occasion pour « 20 Minutes » de l’interviewer

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Le chanteur Yadam.
Le chanteur Yadam. — Hector Abela
  • En 2017, Yadam a fini deuxième de « Nouvelle Star », le télécrochet de M6.
  • Deux ans plus tard, le chanteur de 21 ans, qui s’est installé à Paris, s’apprête à sortir un premier disque, « Safe Place ».
  • L’un des rêves du jeune homme serait que sa mère et son frère, restés vivre au Venezuela le rejoignent pour vivre avec lui en France.

Il revient dans un lieu qui a changé sa vie. Ce jeudi soir, Yadam Andrès se produira en première partie du duo Sofi Tukker à l’Elysée Montmartre (Paris 18e). C’est là qu’il y a deux ans le jeune artiste originaire du Venezuela a passé les épreuves du théâtre de la saison 9 de Nouvelle Star… Le début d’une belle histoire qui le mènera à la deuxième place de la finale du télécrochet. Depuis, le chanteur a attaché ses amarres à Paris - il dispose d'un visa d'artiste de quatre ans - et, après avoir récolté 15.000 euros via une campagne de financement participatif, s’apprête à sortir un premier EP, Safe Place, fin janvier 2020.

Revenir chanter à l’Elysée Montmartre, ça fait bizarre ?

Oui, c’est rigolo. A chaque fois que mes amis viennent me voir et que je leur fais visiter Paris, je les emmène toujours à l’Elysée Montmartre. Quand tu es devant, il n’y a pas grand-chose à voir, c’est juste un bâtiment au coin d’une rue. Mais amis n’en ont que pour le Sacré Cœur qu’ils voient derrière. Il faut que je leur explique que c’est là que tout a commencé pour moi avec Nouvelle Star, que je rêve d’y chanter un jour.

Ce sera chose faite ce jeudi soir.

C’est vraiment cool parce que j’ai l’impression qu’à chaque fois que je veux quelque chose, ça arrive, même si, sur le chemin, il y a beaucoup de travail. J’apprends que je peux réaliser mes rêves mais que le destin me fait passer par plusieurs épreuves pour que je savoure davantage les choses quand elles se concrétisent.

A quoi ressemblera l’EP, Safe Place ?

On a organisé les chansons dans un ordre chronologique racontant les différentes émotions ressenties : la colère, la tristesse, la nostalgie, l’espoir. Dans ce disque, j’ai voulu raconter que, dans la vie, nous vivons dans un cycle fait de changements. Quand tu as l’impression d’être arrivé au bout, un nouveau truc t’arrive, qui change tout et t’oblige à recommencer.

Comme dans le premier extrait, Yadam, dans lequel tu évoques ton arrivée à Paris après avoir « quitté toute [ton] histoire »…

Cette chanson parle d’espoir, du fait d’arriver quelque part où tu pourrais être accueilli, accepté. Dans le texte, je dis « Est-ce que je suis fait pour la forme de tes bras ? » C’est comme ça qu’on s’est dit, avec mon manager, que j’allais me présenter.

Paris, c’est ta Safe Place ? L’endroit où tu te sens en sécurité ?

Quand je suis arrivé à Paris la première fois, il y avait une odeur différente qui me faisait prendre conscience que je n’étais pas dans un lieu qui était le mien d’habitude. Depuis, je me suis habitué. Cet été, j’ai fait quelques voyages et au bout de deux jours, je voulais rentrer. Maintenant quand je vois Paris, je m’identifie à la manière de vivre, de s’habiller, aux gens… C’est juste ma ville maintenant. J’ai peur de l’exprimer parce qu’après le destin va me frapper (sourire) mais j’ai vraiment envie de rester ici. Je pense avoir trouvé une safe place à Paris. Il ne manque plus que ma mère et mon frère, qu’ils soient avec moi pour que ce soit complet, mais c’est ici que j’aimerais avoir mon lieu sûr.

Ta mère et ton frère qui vivent toujours au Venezuela, un pays en pleine crise…

Je construis tout pour qu’ils puissent me rejoindre. Bientôt, j’aurai mon propre appartement et je pourrai les ramener. Cette nuit j’ai fait un rêve. Mon frère chantait ma chanson devant l’église de mon grand-père, qui était pasteur au Venezuela. Ma mère était là et l’écoutait… Mon frère est autiste, il ne chante pas forcément bien mais il chante avec son cœur, je pense que c’est ça qui touchait tout le monde. Mon grand-père aimait beaucoup le voir chanter à l’église. Moi-même, j’allais l’écouter. Là, j’ai vu la scène, sauf que je n’étais pas avec eux. C’était un beau rêve mais quand je me suis réveillé j’avais vraiment envie qu’ils soient à mes côtés. Quand je suis parti du Venezuela, j’ai filmé mon frère et ma mère pendant qu’ils dormaient, car je savais que c’était ma dernière occasion de les voir et que je ne savais pas si j’allais les revoir. Les rêves sont beaux, mais ils te rendent tristes quand tu te réveilles et que tu te rends compte que ce n’était qu’un rêve.

Ils peuvent se réaliser, aussi…

Ce rêve me rappelle qu’il y a quelque chose qui me manque et que je dois encore travailler. Quand des gens me reconnaissent dans la rue ou m’envoient des messages, ils me posent des questions sur ma famille. Je trouve cela beau et cela signifie que je ne représente pas que ma musique, mais aussi mes proches et tous les gens qui m’aident, m’accompagnent et me soutiennent.

* Yadam chantera les chansons de son premier EP lors d'une «release party», le 18 décembre 2019 au 1999, 127 rue Saint-Maur (Paris 11e). Réservation obligatoire.

Coup de cœur (de pirate)

Aux auditions de Nouvelle Star, Yadam avait bouleversé Cœur de Pirate, alors membre du jury, en reprenant sa chanson Crier tout bas. Deux ans plus tard, la chanteuse québécoise n’a pas oublié le jeune chanteur. « Il m’a envoyé des chansons pour que je donne mon avis, a-t-elle confié lors d’une interview à 20 Minutes, en octobre. Je suis très fière de lui. C’est vraiment une personne remarquable, je pense que ça va aller, il a de bonnes bases pour faire de belles choses. »