VIDEO. Salon de Montreuil : De «Chi» à nobi nobi !, les mangas pour les (tout) petits

JEUNESSE A l'occasion du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, initiez vos enfants à la culture japonaise et à leurs premiers mangas

Vincent Julé

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Konami Kanata, l'autrice de «Chi», est de retour avec les chaventures de Taï et Mamie Sue, aux éditions nobi nobi !
Konami Kanata, l'autrice de «Chi», est de retour avec les chaventures de Taï et Mamie Sue, aux éditions nobi nobi ! — Sue to Taichan © Konami Kanata / Kodansha Ltd.

«Les mangas, c’est pour les gamins. » Cette assertion a longtemps poursuivi le manga en France, en écho aux dessins animés du Club Dorothée et en opposition à la sacro-sainte BD franco-belge. Heureusement, les décennies ont passé, les mentalités ont changé, et le manga représente aujourd’hui près de 40% des ventes de la BD, voit le sacre de Rumiko Takahashi à Angoulême, et s’adresse à tous les publics. Donc aux « gamins », stars du  Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil jusqu’à lundi.

Une initiation aux univers mangas

Leader du marché, Glénat Manga a ainsi une offre dédiée aux plus petits, et sa directrice éditoriale Satoko Inaba précise d’emblée séparer les livres d’images et les purs mangas. « Le label Glénat Jeunesse regroupe tous les ouvrages à destination des enfants, dont certains signés d’auteurs japonais, explique-t-elle. Il s’agit d’ouvrir l’imaginaire des enfants à la culture japonaise, et aux univers mangas. » Avec surtout d’ouvrages consacrés aux films Ghibli, à feuilleter, regarder et lire en famille.

Fondateur de la maison d’édition nobi nobi ! il y a 10 ans avec Olivier Pacciani, Pierre-Alain Dufour propose également des albums illustrés : « Les auteurs japonais de littérature jeunesse édités en France ont souvent une sensibilité très européenne. Notre but était de prendre des dessinateurs connus là-bas et hors des codes. Avec aussi la création d’albums originaux, inspirés de contes ou de l’imaginaire nippons. » C’est par exemple Kotori, le chant du moineau et Chasseurs d'Aurore de la Française Samantha Bailly, le premier d’après un conte traditionnel du folklore japonais, le second une histoire inédite aux influences revendiquées et aux dessins magnifiques de Munashichi.

« Chi » par-ci, chats par-là

Les deux éditeurs confirment que les acheteurs sont avant tout des parents biberonnés au Club Do, aux mangas et aux animés, qui veulent faire découvrir leur culture à leurs enfants. « Des libraires nous ont rapporté que le père achète L’Attaque des Titans, l’aîné son Fairy Tail, mais qu’il y a un manque pour les enfants qui sortent de la poussette et commencent à lire », raconte Pierre-Alain Dufour. Des mangas pour les 6-7 ans avant de s’attaquer aux shônen et aux shôjo.

Le titre le plus emblématique du genre est à n’en pas douter Chi - Une vie chat de Konami Kanata chez Glénat, et plus précisément Glénat Kids. « Le titre est en couleur, et en sens français, ce qui lui permet d’être plus accessible aux enfants, précise Satoko Inaba, avant d’ajouter que tous les mangakas ne sont pas d’accord pour un tel travail d’adaptation, passer au sens français. Best-seller, Chi a été réédité, exploité, adapté, encore récemment avec Chi, mon chaton, d’après le nouveau dessin animé 3D et au format « manga 8 cases ». « Et puis, cela parle d’un chat, rappelle la directrice éditoriale de Glénat, les parents sont rassurés. Car il ne faut pas croire, il existe toujours une méfiance envers les mangas. »

L’amitié plutôt que l’amour, l’aventure plutôt que la baston

Le cofondateur de nobi nobi ! acquiesce, lui qui vient de sortir le nouveau manga de chat de Konami Kanata, Les aventures de Taï et Mamie Sue : « Des chapitres courts, de la couleur, le sens français, et surtout, jamais de contenu violent ou sexuel. » Ses titres shôjo se focalisent d’ailleurs plus sur l’amitié et l’épanouissement que l’amour et la romance, comme Au grand air et ses copines qui campent en face du Mont Fuji, et les shônen plus sur l’aventure que la baston, à l’instar d’Astra – Lost in space, « un survival soft qui met avant un optimisme de tous les instants et les relations positives entre les personnages ».

Les enfants peuvent attendre quelques années pour le thriller, la compétition ou les peines de coeur. Glénat Kids propose ainsi un Dragon Ball SD, version simplifiée, raccourcie et colorée de Dragon Ball pour les plus jeunes générations. Et ce n’est le seul manga culte à recevoir ce traitement spécial, puisque Olive et Tom seront de retour en 2020 dans Captain Tsubasa – Kids Dream, « une remise au goût du jour, avec un jeune dessinateur » commente Satoko Inaba. Des ouvrages d’initiation à la culture japonaise et de transition au manga, dont Glénat ou nobi nobi ! n’ont pas l’apanage, citons également les éditeurs Picquier, Fei, Seuil Jeunesse, Le Petit Lézard ou l’incontournable Ecole des loisirs.