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LITTERATUREKarine Tuil lauréate du Goncourt des Lycéens pour «Les choses humaines»

Goncourt des Lycéens: Karine Tuil lauréate pour «Les choses humaines»

LITTERATURE« Les choses humaines » de Karine Tuil raconte une affaire de viol qui parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance
L'écrivaine Karine Tuil est lauréate du prix Goncourt des Lycéens 2019.
L'écrivaine Karine Tuil est lauréate du prix Goncourt des Lycéens 2019.  - mantovani francesca/SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

La romancière Karine Tuil, 47 ans, a remporté jeudi à Rennes le prix Goncourt des Lycéens pour Les choses humaines (Gallimard), après avoir déjà été récompensée la veille par le prix Interallié. Elle succède à David Diop, récompensé l'an dernier pour Frère d'âme. Le roman, le 11e de l’écrivaine, qui a figuré dans les sélections du Goncourt et du Femina, raconte une affaire de viol qui parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance.

ll est question de sexe, de pouvoir et de médias dans Les choses humaines. Alexandre, le fils brillant d’une famille en vue (Jean, le père, est un journaliste vedette de la télé, sa mère Claire est une essayiste féministe reconnue) est accusé de viol. Karine Tuil nous présente les faits sans fioritures et nous fait suivre de bout en bout le procès d’Alexandre.

« Bien avant #MeToo et l’affaire Weinstein »

Le lecteur se retrouve dans la peau d’un juré de cour d’assises. L’écrivaine laisse chacun de ses lecteurs se positionner avec son âme et conscience et prendre le temps de la réflexion.

« J’ai commencé à travailler sur ce sujet en 2016, bien avant #MeToo et l’affaire Weinstein parce que c’est un sujet qui fait appel à des ressorts intimes, on n’écrit pas par hasard sur les agressions sexuelles », confiait la romancière à une journaliste de l’AFP. « J’ai une fascination pour les grands enjeux de société. Ça vient de ma formation de juriste. Les grandes questions politiques, morales, éthiques qui sont soulevées dans notre société m’influencent car je considère que le roman est le lieu du questionnement », ajoutait-elle.

La romancière décrit comme personne les enjeux de pouvoir. Elle révèle les faux-semblants qui obscurcissent le réel (le père d’Alexandre ne vit plus avec Claire, collectionne les jeunes conquêtes, mais aime en fait une femme de son âge, Claire est féministe mais trouve des circonstances atténuantes à son fils…). La romancière n’hésite pas à embrasser de nombreux sujets. Il est ainsi question de la tuerie antisémite de Toulouse par Mohamed Merah. La victime d’Alexandre, Mila, a échappé au tueur dans la cour de son école toulousaine… Accusé de viol et reconnu coupable, Alexandre s’en sortira plutôt bien.

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