Jean-Paul Dubois remporte le prix Goncourt 2019 pour «Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon»

LITTERATURE Le Renaudot a, lui, été octroyé à Sylvain Tesson pour «La panthère des neiges»

20 Minutes avec AFP

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L'écrivain Jean-Paul Dubois en 2011
L'écrivain Jean-Paul Dubois en 2011 — ANDERSEN ULF/SIPA

L’écrivain Jean-Paul Dubois décroche le 117ème prix Goncourt 2019 pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (éditions L’Olivier). Il l’emporte au 2ème tour de scrutin par 6 voix contre 4 à Amélie Nothomb. Son roman raconte avec beaucoup d’empathie l’histoire de deux détenus que tout oppose. Amélie Nothomb rate donc encore le coche, elle avait déjà figuré dans deux sélections du Goncourt en 1999 pour Stupeur et tremblements, et en 2007 pour Ni d’Ève ni d’Adam sans jamais l’obtenir. Son 28e roman, Soif (Albin Michel), la met dans la peau de Jésus juste avant sa crucifixion, et est toujours en tête des meilleures ventes de livres.

« Un statut comparable à John Irving ou de William Boyd »

Déjà couronné par le prix Femina en 2004 pour Une vie française, le Toulousain Jean-Paul Dubois, écrivain discret et populaire, a construit depuis une trentaine d’années une oeuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité. « Tout arrive ! C’est adorable, a-t-il déclaré devant la presse. Je ne suis pas fait pour ce genre de choses, ce n’est pas mon univers. C’est assez irréel. » « Si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l’anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd », dit de lui Bernard Pivot, le président de l’académie Goncourt.

Le Renaudot pour Sylvain Tesson

Le Renaudot a été octroyé dans la foulée à Sylvain Tesson pour La panthère des neiges (Gallimard). « Je suis comme un lapin sorti du chapeau, je me sens comme une panthère dans un monde en ordre, a déclaré l’écrivain-voyageur âgé de 47 ans. J’espère que cela aidera mieux à comprendre et sauvegarder les animaux qui en ont tant besoin. » Il avait remporté le Prix Goncourt de la nouvelle et le Prix de la nouvelle de l’Académie française pour Une vie à coucher dehors (Gallimard), ainsi que le Prix Médicis essai pour Dans les forêts de Sibérie. Le Renaudot essai a été décerné à Eric Neuhoff pour Cher cinéma français (Albin Michel).