La chanteuse Marie Laforêt est morte à l'âge de 80 ans

DISPARITION La chanteuse et actrice est morte à Genolier, en Suisse

R. G.-V. avec AFP

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Marie Laforêt en 2005.
Marie Laforêt en 2005. — JOEL ROBINE / AFP

La chanteuse et actrice Marie Laforêt, est décédée samedi à Genolier, en Suisse, à l’âge de 80 ans, a annoncé sa famille. Les causes de la mort de l’interprète des Vendanges de l’amour ou Viens, viens n’ont pas été précisées.

Surnommée « la Fille aux yeux d’or » – ils étaient, en réalité, jaune vert –, elle a joué dans 35 films et vendu plus de 35 millions d’albums, au long d’une existence bien peu rectiligne. « Ma carrière est de bric et de broc mais ma vie est remplie du début à la fin », assurait celle qui, mariée cinq fois, fut aussi actrice de théâtre, écrivain, antiquaire et commissaire-priseur.

Révélée par un télécrochet

Maïténa Doumenach, son vrai nom, naît le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer (Gironde), fille d’un industriel. A l’âge de 3 ans, dira-t-elle trente-cinq ans plus tard, elle est violée par un voisin : « Impossible d’en parler pendant des décennies. » « Sans ce viol, soulignera-t-elle, je n’aurais pas fait un métier public qui allait à l’encontre de ma timidité naturelle. J’ai choisi un métier exutoire ».

Jeune fille, elle est attirée par le couvent mais se passionne pour le théâtre au lycée, à Paris, puis remporte un concours d’actrice, organisé par Europe 1, en 1959. Un an plus tard, elle apparaît au cinéma au côté d’Alain Delon dans Plein soleil (de René Clément) puis, en 1961, dans La Fille aux yeux d’or (tiré d’un roman de Balzac), de Jean-Gabriel Albicocco, qu’elle épousera.

Elle joue ensuite dans Joyeuses Pâques et Flic ou voyou de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo, Les Morfalous d’Henri Verneuil, La Chasse à l’homme, d’Edouard Molinaro, Fucking Fernand, de Gérard Mordillat (nominée pour le césar du meilleur second rôle féminin), Tangos, l’Exil de Gardel, de Fernando Solanas (prix du jury 1985 à Venise) etc. Elle a aussi été dirigée par Chabrol, Granier-Deferre, Deville, Mocky et d’autres.

« Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre »

En 1963 sort son premier 45 tours : Les Vendanges de l’amour, écrit par Danyel Gérard. C’est le succès et les tubes vont s’enchaîner : Ivan, Boris et moi, Il a neigé sur Yesterday (chanson hommage aux Beatles), Viens sur la montagne, Marie douceur, Marie colère, Que calor la vida etc. Elle est pionnière dans la world music, puisant son inspiration dans les folklores américain et européen. Tout en se tenant à l’écart du show-biz, elle remplit l’Olympia en 1969, tourne dans le monde entier. « Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre », notait-elle pourtant, minimisant son talent personnel.

Petit à petit, elle renonce aux enregistrements, privilégie l’écriture (elle écrit ses propres chansons mais aussi un livre remarqué : Contes et légendes de ma vie privée), s’installe à Genève (elle aura la double nationalité franco-suisse) où elle tient une galerie d’art. En 1994, elle publie une compilation de ses chansons en quatre volumes, parcourant ses trente ans de carrière. Elle fait aussi du théâtre : en 2000, elle interprète une bouleversante Maria Callas (nominée aux Molières).

Elle s’est mariée cinq fois, a eu trois enfants avec Judas Azuelos, homme d’affaires d’origine marocaine juive, puis avec Alain Kahn-Sriber, homme d’affaires et collectionneur d’art. Sa fille, Lisa Azuelos, réalisatrice du film «LOL», avec Sophie Marceau, ne cachait pas de difficiles relations avec sa mère, laquelle, de son côté, admettait avoir été parfois trop absente avec ses enfants.