Festival AMF: Justice et Busy P, ambassadeurs de l'electro française à Los Angeles

CULTURE Toujours aussi appréciés outre-Atlantique, le duo français et le patron d'Ed Banger Records ont fait danser les Américains, ce week-end

Philippe Berry

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Idris Elba, Gary Richards (Destructo), Xavier de Rosnay et Gaspard Augé (Justice) et Pedro Winter (Busy P) au festival AMF, à Los Angeles, le 19 octobre 2019.
Idris Elba, Gary Richards (Destructo), Xavier de Rosnay et Gaspard Augé (Justice) et Pedro Winter (Busy P) au festival AMF, à Los Angeles, le 19 octobre 2019. — Taylor Stevens / LiveStyle

A l'heure où Donald Trump fait trembler les producteurs français de vin et de fromage avec ses tarifs sur les importations, il y a bien un produit tricolore qui n'a pas à s'inquiéter. Au festival AMF (All my friends), à Los Angeles, ce week-end, Justice et Busy P l'ont encore prouvé, l'electro française est toujours aussi en vogue aux Etats-Unis.

Les derniers rayons du soleil effleurent la skyline des immeubles de Downtown LA, et le DJ Wongo donne tout ce qu'il a devant quelques centaines de festivaliers clairsemés. C'est parce que tout le monde se trouve devant la scène principale pour assister au set de Busy P, que les Américains les plus érudits, comme Scott, connaissent surtout sous son nom civil Pedro Winter, fondateur du label emblématique Ed Bangers records et ex-manager historique de Daft Punk.

Le DJ français Busy P au festival AMF, à Los Angeles, le 19 octobre 2019.
Le DJ français Busy P au festival AMF, à Los Angeles, le 19 octobre 2019. - Taylor Stevens / LiveStyle

Pendant 90 minutes, il revisite 25 ans de musique, alternant les tracks maison et les remix, notamment de Jamiroquai. Et justifie son surnom de «parrain de la scène electro française», que lui a donné le prestigieux New York Times en 2012.

Justice sans une ride

Celui qui a rassemblé tout ses amis pour ce festival, c'est Gary Richards, également aux platines sous son nom de scène (Destructo). En près de 30 ans, le producteur américain a popularisé l'electro aux Etats-Unis comme personne, lançant les festivals Electric Daisy Carnival dans les années 90, puis Hard, en 2007. Après l'avoir revendu à Live Nation, il s'est lancé dans l'aventure AMF l'an dernier, avec une sélection plus pointue mélangeant des poids lourds (Diplo, MK, Justice) et des artistes du monde entier (Bruno Furland et Da Capo).

Avant l'arrivée de Justice, c'est Idris Elba qui met le feu. Celui qui officiait dans les rues de Londres sous le nom de Big Driis avant de décrocher le rôle de Stringer Bell dans The Wire est loin d'être un simple «celebrity DJ». Mélangeant les sonorités funk, hip hop et electro, sa performance old school (hello, TLC) ravit tout le monde.

Et puis vient le clou de la soirée. Même en jouant des coudes, impossible de s'approcher de la scène frappée d'une croix lumineuse. Justice alterne les classiques (D.A.N.C.E, Stress) et les productions plus récentes (Safe and sound). Dans la foule, un quinqua vêtu d'un t-shirt Kraftwerk et des millenials habillés pour sprink break dansent sans s'arrêter pendant une heure et demie. Des intermèdes des années 80 (Flashdance et Run-DMC) viennent rappeler que Gaspard Augé et Xavier de Rosnay approchent de la quarantaine mais leur son, lui, n'a pas pris une ride.