VIDEO. « FIFA 20 », PES 2020 », « NBA 2K20 », « WWE 2K20 »… Pourquoi les jeux de sport sortent tous les ans

JEU VIDEO Un dribble à droite, et un petit pont à gauche, et hop, c’est le but, direct dans votre porte-monnaie

Vincent Julé

— 

«FIFA 20» s'est pris un carton jaune pour son manque d'évolutions et de nouveautés par rapport à l'édition 2019
«FIFA 20» s'est pris un carton jaune pour son manque d'évolutions et de nouveautés par rapport à l'édition 2019 — EA

C’est le marronnier de la rentrée jeux vidéo : la sortie de FIFA, et son match contre PES, qu’il remporte quasiment chaque année. Mais ils ne sont pas les seuls jeux de sport à débouler à un rythme annuel, en début de saison, avec également Madden NFL pour le football américain, NBA 2K et NBA Live pour le basket, NHL pour le hockey, ou encore WWE 2K pour le catch ce mardi. Les sorties sont telles, nombreuses et rapprochées, que Le Monde a même organisé un tournoi du meilleur de sport de la rentrée. Mais le modèle annuel n’a pas toujours été la norme.

Rentabiliser les licences

« C’est arrivé avec FIFA dans les années 90, rappelle Florian Velter, journaliste « sportif » à Gamekult. Le premier jeu n’avait pas de numéro. Ils ont commencé au second, FIFA 95, et ne sont jamais arrêtés. On peut même parler aujourd’hui de "sport business". Les équipes, les développeurs, ne peuvent pas, à un tel rythme, retravailler le jeu en profondeur. Il s’agit surtout de rentabiliser les licences, du pur marketing. Intégrer les maillots, joueurs, transferts peut coûter très cher. Le jeu, lui, ne fait sa révolution que tous les cinq voire dix ans. » FIFA 20 s’est ainsi pris un carton jaune devant le peu de changements par rapport à l’édition 2019, fans et médias évoquant même un possible fiasco avec les nombreux bugs et effectifs non mis à jour du mode carrière. Ce qui a permis à PES de faire une remontada et de s’imposer comme le meilleur jeu de foot auprès de la critique.

Une question d’argent et d’image

Selon Florian Velter, FIFA n’est pourtant pas près de tomber de son piédestal : « Le jeu ne jure que par le FIFA Ultimate Team, son mode payant joué par des millions de joueurs. Une vraie poule aux œufs d’or. PES propose un gameplay, un fond de jeu et une expérience plus intéressantes, mais cela peut-il suffire ? Pas sûr. » Car FIFA a les licences : 30 ligues officielles, plus de 700 clubs et 17.000 joueurs, et l’exclusivité de La Ligue des Champions, la Ligue Europa et la Supercoupe. Mais PES aura l’Euro 2020 – et la Juventus.

« En termes de licensing, il n’est pas seulement question d’argent », commente le journaliste de Gamekult. Des sommes presque dérisoires comparées aux droits télé par exemple, détaille d’ailleurs Le Monde. « Les deals entre éditeurs et équipes peuvent prendre d’autres formes, d’un joueur sur la jaquette du jeu à un logo sur le maillot des arbitres. Il s’agit de créer un lien direct avec le joueur et spectateur. » Ce dernier n’a pas toujours les moyens de s’acheter son FIFA annuel à 60€, qui reste le jeu le plus vendu toutes catégories confondues.

Moins de jeux, plus de contenus ?

Florian Velter émet l’idée d’une désannualisation des jeux de sport, une possibilité qu’Andrew Wilson, le patron d’EA, éditeur de FIFA, NHL ou Madden, n’écarte pas. « Regardez que nous faisons en Corée ou en Chine, confiait-il à Bloomberg en 2017. Nous publions une mise à jour majeure tous les quatre ans, avec des évolutions progressives entre-temps. » D’ailleurs, quid des jeux qui ne sont pas FIFA ou PES, des NHL, NBA Live ou WWE 2K ? « Les ventes ne sont pas comparables, réagit le journaliste de Gamekult. Ces jeux visent une niche, à l’instar d’un Madden NFL destiné en priorité au marché américain. Mais les problématiques restent les mêmes. » Les médias spécialisés eux-mêmes ne les testent plus à chaque itération. « Ce sont des simulations ultra-réalistes, il faut maîtriser le sport pour pouvoir apprécier le jeu. »

Les jeux sportifs ne sont pas les licences jeu vidéo annuelles : Call of Duty, Battlefield, Assassin’s Creed, etc. Enfin, elles l’étaient, seul reste Call of Duty avec ses différentes incarnations : Black Ops, Modern Warfare… La rentabilité à l’extrême d’un titre peut se retourner contre lui, Ubisoft peut en témoigner avec Assassin's Creed. L’éditeur français privilégie aujourd’hui le service au joueur, soit l’accompagnement d’un jeu sur plusieurs années à coups de DLC, extensions, season pass… EA Sports sera-t-il le prochain ?