Lyon : « Ambiance festive » et dortoir derrière l'écran... Pourquoi la Nuit Lumière attire toujours 5.000 cinéphiles

CINEMA La Nuit « Parrain » sera l’un des temps forts du 11e festival Lumière samedi à la Halle Tony-Garnier, de 20h30… jusqu’au petit matin 

Jérémy Laugier

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5.000 spectateurs seront une nouvelle fois réunis samedi à la Halle Tony-Garnier à l'occasion de la Nuit Lumière.
5.000 spectateurs seront une nouvelle fois réunis samedi à la Halle Tony-Garnier à l'occasion de la Nuit Lumière. — Bastien Sungauer/Collection Institut Lumière
  • Depuis les débuts du festival Lumière, la Nuit consacrée à un thème ou à une trilogie remporte systématiquement un grand succès à la Halle Tony-Garnier.
  • 5.000 spectateurs seront une nouvelle fois présents dans l’immense salle de spectacles lyonnaise pour la projection de la trilogie culte de Francis Ford Coppola, Le Parrain.
  • 20 Minutes vous raconte à quoi ressemble cette Nuit spéciale du 7e art, entre ambiance festive, pintes de bière et dortoir de fortune derrière l’écran géant.

Ils seront 5.000 sur la ligne de départ du « marathon Le Parrain », à la Halle Tony Garnier, samedi à 20h30, avec l’objectif d’être encore de la partie… au petit-déjeuner à 6h30 !  La saga des Corleone, avec l’enchaînement des trois monuments de Francis Ford Coppola (chacun dure entre 2h40 et 3h20), promet de marquer l’histoire de la Nuit du festival Lumière. « On n’imagine pas le festival sans sa Nuit, explique Fabrice Calzettoni, en charge d’animer ce rendez-vous. C’est devenu un événement de plus en plus festif au fil des éditions. Beaucoup viennent entre potes et on se rapproche davantage d’une sortie concert ou boîte de nuit que d’une soirée ciné classique. »

Ce n’est en effet pas habituel de pouvoir enchaîner pintes de bière et pâtes fraîches devant un écran géant. « Ça me semble très intrigant car autant j’ai l’habitude d’aller à la Halle Tony Garnier pour assister à des concerts, autant ça sera une tout autre ambiance samedi, explique Antonella, Italienne de 23 ans venue étudier à Lyon. C’est l’occasion rêvée de pouvoir rencontrer des personnes qui ont comme moi un attrait pour cette immense trilogie. J’imagine un vrai moment de partage. »

Marlon Brando a livré l'une de ses plus immenses performances d'acteurs dans « Le Parrain », sorti en 1972.
Marlon Brando a livré l'une de ses plus immenses performances d'acteurs dans « Le Parrain », sorti en 1972. - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

« Une impression d’être vraiment tous ensemble dans la Halle »

Un « partage » à 5.000 spectateurs, et ce pendant dix heures non-stop (20 minutes de pause entre chaque film) qui tranche avec une époque très tournée vers la consommation individuelle de séries via Netflix. « Il y a clairement un côté ''ah j’y suis'' car une telle masse de gens devant des films, c’est impressionnant, indique Julien Pouget, responsable du festival Les Intergalactiques à Lyon et amateur de la Nuit Lumière. Je me souviens d’une impression d’être vraiment tous ensemble dans la Halle, surtout lors de la Nuit consacrée à Alien [en 2014]. »

D’un allumage « féerique » de milliers de portables lors de l’introduction de 2001, L’Odyssée de l’espace à de multiples déguisements consacrés au Seigneur des anneaux l’an passé, la Nuit Lumière participe grandement à la réussite populaire du festival de cinéma lyonnais. Bon, tenir dix heures sans tourner de l’œil sur une chaise « guère confortable » se révèle être un drôle de challenge physique. « J’ai craqué après deux films et demi du Seigneur des anneaux en 2018, d’autant que j’avais une heure de voiture pour rentrer à Bourg-en-Bresse derrière avec mon grand frère, raconte Thomas (25 ans). Là, il est hors de question que je parte avant la fin des trois projections. »

« La sensation d’être en plein film de science-fiction » dans le dortoir

Si l’organisation estime qu’environ 80 % des spectateurs sont encore présents au moment du petit-déjeuner offert à l’aube, c’est parfois grâce à un break précieux dans la programmation. « Nous installons un dortoir derrière l’écran géant qui permet à 500 personnes de dormir, confie Fabrice Calzettoni du festival Lumière. Les gens sacrifient souvent un film au milieu du programme. Cette fois, avec une telle trilogie, je ne vois pas du tout comment ils vont pouvoir se débrouiller. »

Jusqu'à 500 personnes peuvent se reposer en même temps dans le dortoir prévu par le festival Lumière, juste derrière l'écran géant de la Halle Tony-Garnier.
Jusqu'à 500 personnes peuvent se reposer en même temps dans le dortoir prévu par le festival Lumière, juste derrière l'écran géant de la Halle Tony-Garnier. - Romane Derbelen - Jean-Luc Mège Photography / Collection Institut Lumière

Cette pause sieste en pleine nuit, et au milieu d’inconnus, fait systématiquement sourire Julien Pouget : « Il y a une petite lumière continue et surtout des vigiles tournant autour de nous. J’ai vraiment la sensation d’être en plein film de science-fiction ». Chacun y va de sa petite astuce pour tenter de tenir la distance. Pour sa première Nuit Lumière, Marianne (27 ans) prévoit ainsi « une sieste d’au moins trois heures samedi aprèm ». Julien a lui l’habitude de miser sur « des petites bières tenant éveillé ». Nul doute que certains céderont avant de (re) voir Andy Garcia dans la peau de Vincent Mancini-Corleone.

Si la billetterie en ligne affiche désormais complet pour la Nuit « Parrain », quelques places seront remises en vente juste avant le début de la soirée, samedi à la Halle Tony-Garnier (Lyon 7e).