VIDEO. Paris : Entre mystères et pochoirs, Banksy se dévoile dans une exposition

STREET ART La capitale rend hommage à l’un des artistes les plus influents du XXIe siècle

Pierre Cloix

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Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine
Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine — Pierre Cloix
  • L’Espace Lafayette-Drouot accueille une exposition consacrée à Banksy.
  • Elle est prolongée jusqu’au 31 décembre.
  • On y retrouve des reproductions de l’ensemble de son œuvre.

Des pochoirs et des interrogations. L’ensemble de l’œuvre de Banksy pourrait être grossièrement résumé en ces deux mots. Les premiers sont marquants, souvent piquants et chargés de messages politiques, quand les secondes se font insistantes. Parmi ces interrogations, l’une d’elles revient en boucle : Qui est le  street artiste ?

Qu’il détruise sa propre œuvre lors d’une vente aux enchères ou qu’il s’en aille encrer un mur de Cisjordanie, la réputation de Banksy le précède et son nom est loin de ne résonner qu’aux oreilles des initiés.

Plongée dans l’univers de Banksy

Dans cet article, nous ne vous dévoilerons pas le nom de l’artiste, mais pour vous faire une meilleure idée de son travail au cours des années, un lieu existe à Paris. L’Espace Lafayette-Drouot accueille depuis le 14 juin une exposition The World of Banksy qui lui est consacrée, ou vous pourrez retrouver des reproductions de dizaines des réalisations du créateur désinvolte. La petite fille au ballon, La porte du BataclanKissing coppers ou encore le rat de Beaubourg, dernière fresque installée, dont l’original avait été volé à proximité du Centre Pompidou début septembre… Ils y sont tous. En vous baladant dans les quelque 1.200 mètres carrés de l’exposition, vous pourrez vous faire une idée de ses combats.

Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine
Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine - Pierre Cloix

Mieux, il ne s’agit pas seulement de toiles exposées : les œuvres sont accompagnées d’une scénographie qui tend à partager, aussi bien que possible, le contexte dans lequel elles ont été réalisées : cabine téléphonique anglaise pour la zone consacrée à Londres, sable et débris pour celle de Bethléem, mur de placo construit pour l’occasion… Un choix qui s’imposait selon Hazis Vardar, responsable de l’Espace Lafayette Drouot : « Je ne voulais pas faire les choses à moitié, je voulais que ça ait de la gueule ! Je me suis dit "Paris ne peut pas faire les choses en petit." Des gens qui ont vu d’autres expositions ailleurs dans le monde disent tous : "Celle de Paris est dans l’esprit du street art". »

Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine
Les oeuvres ont été reproduites dans leur contexte d'origine - Pierre Cloix

Un inconnu par des inconnus

Evidemment, les œuvres présentées ne sauraient être originales, ne serait-ce que parce que la majorité d’entre elles a été volée, vendue ou tout simplement détruite ? Ce sont donc d’autres artistes qui se sont chargés de reproduire presque à l’identique le travail du street artiste. Et que ce soit en termes de textures ou de visuels, on ne saurait être déçu. Comme si le mystère autour de Banksy ne suffisait pas, le collectif ayant réalisé les reproductions a, lui aussi, préféré conserver l’anonymat.

On aura à peine pu soutirer qu’une partie de ces graffeurs vient de France, une autre d’Europe et un ou deux autres artistes du continent américain. Quant à la raison pour laquelle ceux-ci ont décidé de rester dans l’ombre ? « Pour ne pas apparaître comme des gens qui désirent profiter de la lumière de Banksy », selon Hazis Vardar.

Approuvé par Banksy, plus ou moins

Sur le site Web de Banksy, l’exposition parisienne, tout comme pour celles présentes dans d’autres pays du monde, est marquée comme « fake ». La politique de l’artiste étant, jusqu’à aujourd’hui, de ne pas admettre que l’on paye pour voir ses œuvres. Toutefois, selon l’équipe du musée, il aurait brusquement mis de l’eau dans son vin quant à l’événement de la capitale.

Si brusquement que dans les allées de l’Espace Lafayette-Drouot, certains membres de l’équipe chuchotent que le créateur rebelle aurait bien pu arpenter les lieux, incognito.