«La fille de Vercingétorix»: On sait enfin à quoi va ressembler le prochain Astérix

BD L’intrigue du 38e album des aventures de l’irréductible gaulois a été dévoilée par ses auteurs ce lundi, dix jours avant sa sortie en librairie

Olivier Mimran

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La fille de Vercingétorix, 38e album d'Astérix
La fille de Vercingétorix, 38e album d'Astérix — ASTÉRIX ® - OBÉLIX ® - IDÉFIX ® / © 2019 ÉDITIONS ALBERT RENÉ / GOSCINNY & UDERZO
  • L’intrigue et les personnages du prochain Astérix ont été dévoilés ce lundi par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, les auteurs officiels de la série depuis 2013.
  • Un des thèmes centraux de La fille de Vercingétorix sera celui de l’adolescence et du passage à l’âge adulte.
  • Ce nouvel album, le 38e de la série, sera mis en vente le 24 octobre 2019.

Après avoir dévoilé à la presse la couverture du 38e album des aventures d’ Astérix, attendu en librairie le 24 octobre 2019, les éditions Albert René ont permis à ses auteurs d’en révéler l’intrigue… Du moins, ses grandes lignes.

​En voici le résumé officiel : « La fille du célèbre chef gaulois Vercingétorix, traquée par les Romains, trouve refuge dans le village des irréductibles Gaulois, seul endroit dans la Gaule occupée à pouvoir assurer sa protection. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la présence de cette ado pas comme les autres va provoquer moult bouleversements intergénérationnels ». Mais ce n’est pas tout…

Adrénaline, « première véritable aventurière de la série »

Si on savait déjà, grâce à son titre, que La fille de Vercingétorix accueillerait un nouveau personnage, on connaît aussi désormais l’aspect physique et le nom de l’héritière du grand chef gaulois : Adrénaline !

Très bien, mais comment cette Adrénaline s’installe-t-elle dans l’univers d’Astérix ? Le scénariste Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad la décrivent comme « une jeune fille confrontée aux problématiques classiques de l’adolescence et le – parfois – douloureux passage à l’âge adulte, véritable thème de ce 38e album. En effet, si son illustre paternel n’apparaît qu’à l’occasion d’une case dans toute la série, la jeune adolescente existe ô combien, et porte l’album comme sans doute aucun personnage féminin ne l’avait fait jusque-là dans la série ».

Pour les auteurs, qui signent là leur quatrième album ensemble, Adrénaline est même « la force motrice qui, par ses décisions conduit l’action de bout en bout, allant jusqu’à épuiser parfois Astérix et Obélix dont la mission consiste à la suivre ! En ce sens, elle est donc la première véritable aventurière de la série, l’histoire de cette 38e aventure reposant entièrement sur elle ».

Jean-Yves Ferri s’est, pour l’occasion, amusé à imaginer l’interview de cette nouvelle héroïne. Le procédé est effectivement amusant, et très malin en ce qu’il dessine le caractère d’Adrénaline… et laisse deviner le ton du prochain album. En voici quelques extraits :

Peux-tu nous parler de ton parcours, d’où tu viens ?

Adrénaline : Vite fait alors. Mon papa était assez connu : il s’appelait Vercingétorix. C’était une flèche, mon papa. Il me manque. C’est pas simple, tout le monde me parle de lui. D’ailleurs j’en ai ras l’amphore que tout le monde soit sur mon dos. Ça a commencé avec les copains de mon papa, les gros Arvernes qui chochotent. Maintenant c’est tous ces Romains bas du casque qui me courent après… J’étais mieux quand j’étais planquée sur Lutèce. C’est chouette, Lutèce, un peu plus le trou que Nemessos (Clermont Ferrand), mais chouette quand même !

Tu sembles être une jeune fille formidable, mais avec un gros tempérament. J’imagine que tu traverses ce qu’on appelle communément une crise d’adolesc… ?

Adrénaline : Et ta sœur, c’est Cléopâtre ? Je veux qu’on me lâche les brogues, c’est tout. Faut arrêter de me prendre pour un étendard. « Fille de Vercingétorix » ? Ils n’ont que ça à la bouche ! Ils ne pensent qu’à se taper dessus en me prenant pour prétexte, ces barbares. Y’en a pas un qui m’aime vraiment. Si ça continue, je vais me faire druidesse aux Carnutes !

… Ne nous énervons pas ! Pourrais-tu maintenant te décrire à nos lect…

Adrénaline : Je suis pas style Falbala si tu veux savoir ! Conrad m’a plutôt dessinée gracile. Ferri voulait que je sois habillée dans le style gothique qui fait fureur à Lutèce. J’ai aussi un torque autour du cou, un collier assez tendance et qui plaît pas mal. Y’en a même qui voudraient me le prendre. Sinon le coloriste m’a roussi les cheveux. D’après moi un peu trop, mais bon, ça prouve mon tempérament de feu.

Est-ce que tu peux nous raconter tes liens avec tes nouveaux amis du village gaulois ?

Adrénaline : J’en ai croisé des vraiment cools et d’autres vraiment trop relous. Y’a le petit à moustaches jaunes et son pote au menhir qui sont pas méchants, mais qui me collent un peu aux braies. Y’a les Romains que j’évite. Et aussi un malade qui me persécute. Les plus gentils c’est mes copains du village. Avec eux, c’est Byzance, ils me comprennent, on parle de tout. J’aime bien aussi les chansons engagées d’Assurancetourix, le barde…

Pas triste, hein ? Surtout qu’avec Adrénaline, d’autres habitants du village vont se révéler : Selfix et Blinix. Oui, des ados, comme elle. Et comme elle, des « fils de… » puisque le premier est le rejeton du forgeron Cétautomatix et le second, celui du poissonnier Ordralfabétix.

« Fils de » et contexte historique

Seront-ils aussi chamailleurs que leurs « frères ennemis » de pères ? Pas forcément, selon les auteurs qui les décrivent plutôt comme « deux jeunes comme tous les adolescents dignes de ce nom : ils contestent le « système » – basé ici sur la « potion qui rend obèse » –, et refusent catégoriquement de poursuivre la tradition familiale liée aux métiers de leurs parents respectifs : rien ne sert de forger pour être forgeron, ni même de poissonner pour devenir poissonnier, la jeunesse aspire désormais à faire ses propres choix ! »

Enfin, on en sait plus sur le contexte historique de l’album. Et ce n’est pas du luxe parce que dans la saga Astérix, Vercingétorix est supposé s’être rendu à César il y a très longtemps. Du coup, l’idée qu’il ait eu une enfant exigeait un solide background. Mais Jean-Yves Ferri a évidemment pensé à tout : « L’action se situe quelques années après la défaite d’Alésia. L’idée était d’imaginer un réseau secret d’Arvernes restés fidèles à Vercingétorix. Bien évidemment, ils veillent (comme ils peuvent) sur la fille de leur chef regretté. Et sur son « torque », une sorte de collier honorifique qu’elle a reçu de son père en héritage. Comme toujours, j’essaie d’utiliser certains éléments historiques. Comme cette allusion au climat de division qui a entouré le siège d’Alésia, ou cette manière dont les Romains menaient leurs combats en mer. Astérix est une série pour rire mais l’humour marche d’autant mieux si le fond est plausible. »

Astérix t38 : « La fille de Vercingétorix », de J.-Y. Ferri & D. Conrad/éditions Albert René – 9,99 euros

En librairie le jeudi 24 octobre 2019