Découverte d'un nécropole antique de grande ampleur aux portes de Narbonne

Culture Une découverte aussi inattendue qu’exceptionnelle est en train d’être explorée par une équipe de chercheurs de l’Inrap aux portes de Narbonne

Laura Klein

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Vestiges découverts à Narbonne
Vestiges découverts à Narbonne — Inrap

Elle jouxte le chantier du  futur musée consacré à la narbonnaise romaine, et se dissimulait sous un parking d’une zone commerciale, bordée par le canal de la Robine. Dans cette nécropole de 5000 m² datant du I au IIIe siècle, reposerait près d’un millier de sépultures dans un état de préservation « exceptionnel » selon Dominique Garcia, directeur de l’Inrap. Une conservation due aux crues fréquentes de l’Aude au Haut Empire.

Demandée par la DRAC (directions régionales des affaires culturelles), la fouille archéologique est en cours à la périphérie de Narbonne depuis le mois d’août et rassemble une quarantaine d’archéologues. Les chercheurs parviennent déjà à décrypter les croyances, la vie quotidienne dans la cité, ainsi que les rites et offrandes. Maxime Guillaume, archéologue de l’Inrap-Occitanie évoque ainsi le milieu social dans lequel ont évolué ces Romains grâce aux tombes et épitaphes inscrites : « Ils n’appartenaient pas à l’élite, mais beaucoup étaient des affranchis, et des esclaves qui avaient accédé à un certain statut social. » Des conclusions faites à partir d’observations, comme la présence d’amphores, ces vases originaires de Grèce.

Une opération coûteuse mais nécessaire

Ce chantier devrait durer jusqu’à la fin de l’été 2020. Le site, d’une ampleur monstre, n’est d’ailleurs pas seulement composé de sépultures. Des traces d’une vie passée, comme un biberon en terre cuite, un sol recouvert de coquillages faisant penser à des rites alimentaires, ou encore des restes d’un foyer ont été découverts. De même que des tombes inviolées, avec des centaines d’individus superposés dans des enclos, font penser à un regroupement familial ou un corps de métiers. « A Festus, 10 ans, et Aquilla 8 ans, Julia protogenia à ses chéris » peut-on lire sur une plaque.

Ces indications précieuses permettent d’envisager des gestes rituels durant les funérailles, sur les tombes, mais aussi le « culte de mémoire, avec les offrandes en l’honneur des défunts et les banquets » comme l’indique l’archéologue spécialisé dans les rites funéraires antiques. On peut ainsi relever un conduit de libation servant à garder le contact avec les morts.

Heureux hasard ou « cadeau des Dieux » pour un archéologue, ce site datant de la première colonie romaine de Gaule en 118 avant notre ère, est un véritable coup de projecteur pour l’un des chantiers culturels les plus importants de France, le futur musée de la Narbonne Antique, avec une ouverture prévue en 2020, pourra enrichir sa collection déjà estimée à 15 000 pièces antiques.