Pas-de-Calais : Deux expositions au Louvre-Lens pour comprendre l’identité polonaise

POLONITUDE Le musée du Louvre-Lens profite du centenaire de la convention d’immigration entre la France et la Pologne pour proposer deux expositions sur l’identité polonaise

G.D. avec AFP

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L'entrée de l'exposition photographique sur les polonais du Nord, au Louvre-Lens.
L'entrée de l'exposition photographique sur les polonais du Nord, au Louvre-Lens. — François Lo Presti / AFP
  • Cent ans après la signature d’une convention d’immigration entre ces deux pays, le Louvre-Lens propose deux expositions sur la Pologne.
  • L’exposition de peintures donne à voir, jusqu’en janvier 2020, près de 120 tableaux remontant à une période charnière de l’histoire polonaise.
  • L’expo photo met en lumière la vie des immigrés polonais du nord de la France dans les années 1920 et 1930.

Le destin croisé entre la Pologne et la France au musée. Cent ans après la signature d’une convention d’immigration entre ces deux pays, le Louvre-Lens propose deux expositions sur la Pologne qui avait été rayée de la carte au XIXe siècle, mais dont l’identité nationale était restée vivante grâce à ses peintres.

D’un côté, Pologne – Peindre l’âme d’une nation donne à voir, jusqu’en janvier 2020, près de 120 tableaux remontant à une période charnière de l’histoire polonaise. De l’autre, Photographier la Petite Pologne présente le travail de Kasimir Zgorecki, photographe qui a mis en lumière la vie des immigrés polonais du nord de la France dans les années 1920 et 1930.

Célébrer la « polonité »

L’exposition de peintures montre comment la disparition de la Pologne va conduire les peintres du pays à glorifier l’histoire nationale et à célébrer la « polonité », soit les éléments constitutifs de l’identité polonaise, à sauvegarder dans l’espoir de la renaissance du pays, qui surviendra en 1918.

Certains tableaux évoquent ainsi de glorieux épisodes militaires ou des figures héroïques, comme le roi Jean III Sobieski, célèbre pour avoir repoussé une invasion turque en 1683, peint avec faste par Jozef Brandt.

D’autres, comme ceux de Jacek Malczewski, retracent les drames de l’époque, notamment la violence de la répression russe contre les insurrections et les déportations en Sibérie.

Moments importants de l’intimité familiale

Le Louvre-Lens propose aussi les travaux du photographe Kasimir Zgorecki, lui-même membre « de la diaspora issue de la convention signée entre la France et la Pologne en 1919 », une immersion dans la « Petite Pologne ». Ses clichés racontent la vie des immigrés polonais dans le bassin minier du nord dans la première partie du XXe siècle.

Certains clichés racontent des moments importants de l’intimité familiale – mariages ou décès – quand d’autres évoquent la vie de la communauté, notamment les fêtes religieuses ou les rencontres sportives.

On y découvre ainsi que cette diaspora avait déjà, dans les années 1930, ses équipes de football féminines, sa compétition de course à pied et ses séances de Sokol, discipline d’origine tchèque alliant démarche physique et éducation morale, offrant des figures de groupe particulièrement photogéniques.