Marseille : On vous en dit plus sur Manifesta, grande biennale d'art qui débarque dans la ville

ART CONTEMPORAIN La biennale d’art contemporain Manifesta a inauguré son espace d’accueil à Marseille, où elle posera ses valises pour cinq mois d’exposition à partir de juin 2020

Adrien Max

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L'espace accueil de Manifesta 13 à Marseille.
L'espace accueil de Manifesta 13 à Marseille. — Ange Lorente
  • La biennale d’art contemporain Manifesta a inauguré son espace d’accueil à Marseille où l’événement débutera en juin 2020.
  • Cette biennale d’art contemporain à visée internationale a l’objectif de co-construire, à travers les événements et les artistes programmés, de nouveau dialogue entre l’art et la société.

Une biennale d’art contemporain vieille de plus de 20 ans, qui pose pour la première fois ses valises en France, et en l’occurrence à Marseille. Les équipes de Manifesta ont inauguré ce jeudi matin leur espace d’accueil, sur la Canebière, une première étape avant le lancement officiel de l’événement culturel. 20 Minutes vous explique Manifesta 13, qui se déroulera du 7 juin au 1er novembre 2020.

Manifesta, qu’est ce que c’est ?

Manifesta est une biennale de création d’art contemporain, la troisième après celles de Venise et de Florence. Elle est itinérante depuis sa création en 1996 à Rotterdam, puisqu’elle s’installe dans une nouvelle ville tous les deux ans. A Palerme en 2018, à Zurich en 2016, ou à St Petersbourg en 2014. « Manifesta a vu le jour au début des années 90, en réponse aux changements économiques, politiques et sociaux après la guerre froide dans un contexte d’intégration européenne. Depuis, Manifesta développe une plateforme axée sur le dialogue entre l’art et la société afin de produire de nouvelles expériences créatrices avec le contexte dans lequel elles s’inscrivent », explique le communiqué.

Concrètement, la biennale dénommée pour cette édition Manifesta13, à l’origine essentiellement basée sur les arts visuels, se répartira en trois volets. « Le programme principal sera composé d’expositions, de performances, de conférences, par des artistes sélectionnés par le jury de Manifesta. Les lieux sont encore à l’étude, les artistes viennent à Marseille pour faire des études de ce qui est réalisable, avant une sélection finale. Le second programme démarre dès aujourd’hui sur le thème des archives invisibles », détaille Mathilde Rubinstein, coordinatrice générale de Manifesta.

Les organisateurs sont actuellement en attente des propositions des artistes pour ce second volet. Leurs projets seront présentés dans le quartier de Belsunce. « Pour le troisième programme, parallèles du Sud, nous avons lancé un appel à participations. Il s’agit de structures, d’associations, d’artistes, qui seront intégrés à Manifesta et pourront bénéficier du plan de communication de la biennale », ajoute-t-elle.

Pourquoi Marseille ?

Cette 13e édition sera intitulée Traits d’union.s, avec ce constat : « Nous savons que nous pouvons vivre ensemble. Désormais, il s’agit de co-créer de nouvelles histoires ensemble. Cela se traduira à tous les étages de cette biennale. Que ce soit pour les artistes invités, ou ceux qui sont déjà dans des structures présentes à Marseille, tous sont conviés à rencontrer les partenaires pour co-construire cette histoire », explique Mathilde Rubinstein.

Le choix de Marseille a été fait après une étude approfondie. La capacité de la ville à se fédérer, à proposer des alternatives et des solutions nouvelles, de nouvelles formes de création, a séduit Manifesta. « En réalité il s’agit d’un mouvement de fond au niveau européen que Marseille incarne », estime la coordinatrice.

Pour quelles retombées ?

A travers Manifesta et sa « visée internationale », la ville de Marseille espère de nombreuses retombées. Manifesta apportera « une visibilité grâce à sa grande réputation dans le milieu culturel et artistique », s’est réjoui Sabine Bernasconi, maire des 1er et 7e arrondissements. « La Canebière sera sur toutes les Unes de journaux spécialisés grâce à la résonance internationale de l’événement ce qui contribuera au rayonnement du territoire », a-t-elle poursuivi. A travers la visée de l’événement, à savoir co créer de nouvelles histoires, l’élue espère « une réflexion sur l’avenir du territoire, de notre centre-ville, construire la ville de demain grâce au volet interdisciplinaire de Manifesta ».

Pour Mathilde Rubinstein, Manifesta lègue un héritage matériel et immatériel : « Ce genre d’événement permet d’activer ou de réactiver certains lieux, qui, nous l’espérons, continueront de vivre après Manifesta. D’un point de vue immatériel, c’est plus difficile à saisir, cela renforcera le développement des relations internationales des structures existantes ». Et les artistes locaux sélectionnés bénéficieront de tout l’appui de cet événement.