Attentats du 13 novembre : Jeff Koons regrette les malentendus sur ses «Tulipes» en hommage aux victimes

JEFF COUNTS L’œuvre de Jeff Koons en hommage aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis sera inaugurée ce vendredi

M.G. avec AFP
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Les coûteuses «Tulips» lors de leur installation au début du mois de septembre 2019
Les coûteuses «Tulips» lors de leur installation au début du mois de septembre 2019 — Kamil Zihnioglu/AP

Son projet monumental appelé Bouquet de tulipes, sculpture en hommage aux victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015, en avait énervé plus d'un dans le milieu politique et culturel (une pétition avait récolté 8.000 signatures). D’abord, l’œuvre n’avait pas été totalement donnée, seul son dessin avait été offert. La fabrication, elle, était loin d’être gratuite :  elle s'élevait à 3,5 millions d'euros.

Autre agacement quant à ce don très limité : la place de la sculpture aurait été imposée par l’artiste, entre le Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo. Cela ressemblait plus à un coup de publicité qu’à une œuvre empreinte de compassion et de bienveillance…

Une polémique que l’artiste américain regrette aujourd’hui. Cinq jours avant l’inauguration de la sculpture ce vendredi, Jeff Koons s’est entretenu avec le journal Le Figaro et il confie avoir été « attristé » par ces controverses.

La star de l’art contemporain se défend

L’artiste assure qu’elles ont été nourries par « beaucoup de malentendus et de mauvaises informations », déclarant notamment qu’il n’avait pas choisi lui-même l’emplacement originellement prévu pour accueillir les « Tulipes », près du Trocadéro, mais qu’il n’avait fait qu’accepter l’un des lieux qui lui avaient été proposés par la Mairie de Paris.

Finalement, le fameux bouquet sera installé au jardin des Champs-Elysées, à côté du Petit Palais. Des fleurs immanquables représentant 34 t d’acier, de bronze et d’aluminium et culminant à 13 m de haut.

Un bouquet de 11 tulipes seulement

Concernant la signification du Bouquet de Tulipes, il souhaite que cette œuvre dont il a donné les droits financiers à des associations de victimes des attentats et à la Ville de Paris, soit un moyen « de célébrer nos valeurs communes » et de prouver que «  l'amitié entre nos deux pays [la France et les Etats-Unis] était plus forte que tout ».

Et il a souhaité en faire un symbole discret de l’absence et du vide, en hommage aux vies fauchées par les attentats de 2015. En effet, son « Bouquet » est incomplet : il ne compte que 11 fleurs, au lieu d’une douzaine à laquelle on pourrait s’attendre. Une manière pour lui de suggérer « l’idée de la perte (…), même si le bouquet veut dire mon soutien, mon réconfort aux Français ».