Techno Parade: Décibels, hommage à Steve et un peu de jaune

MUSIQUE La 21e édition a réuni samedi à Paris des dizaines de milliers de jeunes et quelques centaines de gilets jaunes qui se sont placés en tête de cortège

20 Minutes avec AFP

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La Techno Parade à Paris le 28 septembre 2019.
La Techno Parade à Paris le 28 septembre 2019. — ISA HARSIN/SIPA

Dédiée à Steve, ce Nantais mort lors de la Fête de la musique marquée par une opération policière controversée, la 21e Techno Parade a réuni samedi à Paris des dizaines de milliers de jeunes et quelques centaines de gilets jaunes qui se sont placés en tête de cortège. « Nous n’avons pas invité les gilets jaunes. On regrette cette récupération », a toutefois indiqué Tommy Vaudecrane, président de Technopol, l’association historique de défense des musiques électroniques qui a créé la Techno Parade en 1998 avec le soutien de l’ex-ministre de la Culture Jack Lang. « Grève, blocage, Macron dégage », « Tout le monde déteste la police » ou « La rue est à tout le monde », scandaient les « gilets jaunes », ralentissant le cortège de « teufeurs » et refusant de quitter leurs gilets. Au grand dam, selon les organisateurs, de la famille et des proches de Steve Caniço.

Des gilets jaunes à la Techno Parade le 28 septembre 2019.
Des gilets jaunes à la Techno Parade le 28 septembre 2019. - ISA HARSIN/SIPA

Près de 300.000 participants selon les organisateurs

Vitrine annuelle des musiques et cultures électroniques, le défilé de la 21e Techno Parade a rassemblé 300.000 participants, selon les organisateurs, du quai François Mitterrand, près du Louvre, à la place d’Italie. Plus revendicatif que jamais, il avait pour mot d’ordre « Dansons pour Steve » en hommage au « teufeur » de 24 ans. En témoigne la banderole de tête portant le nom de Steve accompagné de dessins de CRS utilisant des gaz lacrymogènes et des pancartes « justice pour Steve ».

Un défilé en mémoire de Steve lors de la Techno Parade à Paris le 28 septembre 2019.
Un défilé en mémoire de Steve lors de la Techno Parade à Paris le 28 septembre 2019. - ISA HARSIN/SIPA

Dénonçant une « crispation » contre les musiques électroniques avec plusieurs fermetures administratives récentes d’établissements, tous les acteurs de ce courant musical s’étaient regroupés cette année « contre la discrimination et l’incompréhension dont souffrent les musiques électroniques ». Une fédération de promotion et de défense des musiques électroniques pourrait être créée dans la foulée de la Techno Parade. Dans un message diffusé par plusieurs chars, des acteurs de ces musiques ont estimé « qu’il est grand temps que l’Etat fasse la paix avec le monde des musiques électroniques et, de fait, avec sa jeunesse ».

Anne Hidalgo et Jack Lang présents

Quelques politiques ont profité de l’événement pour soutenir ce genre musical. Jack Lang, présent dès le début de l’évènement « ne veut pas imaginer que l’on assiste à un retour en arrière mais il y a une sorte de peur lancinante qui resurgit ». « Il faut rétablir un climat de respect et de confiance et demander aux différentes autorités de se comporter avec beaucoup d’ouverture d’esprit avec les festivals et les clubs », a estimé l’ancien ministre de la Culture. Pour Anne Hidalgo, maire de Paris, qui a visité plusieurs chars, « il faut relâcher la pression ». « Il faut que la confiance se rétablisse. Entretenir une pression avec une suspicion permanente comme cela a été le cas il y a dix ans, n’est pas une pratique efficace ».

Hommage à Philippe Zdar de Cassius

Dix chars et leurs sound systems participaient à la marche, dont ceux de la Sacem, institution chargée de la répartition des droits d’auteurs pour la musique, et pour la première fois de l’Institut du Monde arabe présidé par Jack Lang. Plusieurs stars de l’électro, parmi 200 Djs, étaient aux commandes des platines aux rythmes des différents courants de la musique techno : House, Trance ou Drum’n’Bass. Après quinze ans d’absence, le boss de la techno hardcore, Manu Le Malin, a mixé sur le « sound system » du char de Technopol, accompagné de Boombass, moitié du duo Cassius, qui a rendu hommage à Philippe Zdar, disparu en juin, avec le tube phare du duo, « I Love You So », l’une des pépites de la France Touch électro.