VIDEO. Nantes : Avec deux tongs et dix tuyaux, sa techno sans machines ambiance le centre-ville

MUSIQUE Bass Tong se produit régulièrement avec son instrument étonnant dans les rues du quartier Bouffay à Nantes

Julie Urbach

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Basse tong joue de la techno acoustique dans les rues de Nantes
Basse tong joue de la techno acoustique dans les rues de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Etudiant de 23 ans, Bass Tong joue de la techno acoustique.
  • S'il joue d'habitude dans la rue, il se produira ce jeudi soir au théâtre universitaire dans le cadre de la soirée de rentrée des étudiants nantais.

Une irrémédiable envie de danser. Ou, pour les plus timides, au moins de taper du pied. Voilà ce qui se produit chez quasiment tous ceux qui croisent le chemin de Bass tong. Depuis quelques mois, quand il ne pleut pas, ce musicien de rue ambiance le quartier Bouffay à Nantes (et souvent devant les Galeries Lafayette, si vous le cherchez) avec sa « techno acoustique ».

Jeudi soir, à partir de 18 heures, ce sont les étudiants qui vont « s’enjailler » grâce à lui à l’occasion de la soirée de rentrée du campus du Tertre, au théâtre universitaire. Le tout sans machines mais avec dix tuyaux en PVC, deux tongs (oui, oui)… et un certain talent.

Le jeune homme de 23 ans, étudiant en dernière année à l’école des Beaux-Arts, est une sorte d’homme-orchestre du 21e siècle. Son instrument, appelé « pipe drum » ou « tatanophone », il l’a construit tout seul (mais pas inventé), avec des matériaux de récup et après plusieurs semaines de tests. « Grâce aux tubes et aux colonnes d’air que tu déplaces, tu peux reproduire des sons de basse des années 80, explique celui qui écoute aussi du métal et du rap. Plus le tuyau est long, plus le son est grave. Quant aux tongs, c’est le parfait équilibre entre souplesse et rigidité. J’ai essayé avec des baguettes, mais ça ne rend pas pareil ! »

Avec son « kick » qu’il active du pied et sa mini-caisse claire chinée chez Emmaüs, le résultat est tout simplement bluffant. Bass tong s’amuse avec le rythme, claque des sons ronds et puissants, improvise des boucles et petit à petit construit ses sets, comme un DJ. Sauf que lui ne tourne pas de boutons et que l’exercice est très physique. Les sessions durent en général une dizaine de minutes, afin de ne pas trop fatiguer ses bras qu’il active dans tous les sens à une vitesse frénétique. Mais aussi pour laisser place – même si on le sent gêné quand arrive ce moment - aux applaudissements.

« Un instrument de rencontre »

Car avec un petit appartement et des percussions d’une telle intensité, difficile pour ce Nantais de jouer ailleurs que dans l’espace public. « De toute façon, c’est un instrument de rencontre, assure cet ancien batteur, qui avoue n’avoir pas l’habitude d’occuper le devant de la scène. Il y a des enfants qui s’arrêtent, des plus vieux… Ils sont très réceptifs et plutôt généreux ! » « Il a tout compris !, s’enthousiasme Nadège, une passante qui a improvisé une danse en pleine rue et sorti son portable pour immortaliser la scène. Je n’ai jamais vu ça, c’est un magicien ! »

Le musicien, qui a tourné dans plusieurs villes de France cet été avec son « tatanophone », espère réussir à convaincre le milieu électro et le grand public que « l’avenir de la techno se jouera sans électricité » et pourquoi pas en faire son métier. En attendant, ce bricoleur travaille sur d’autres instruments tout aussi surprenants. « J’ai fabriqué une guitare avec un bidon d’huile et un manche », s’amuse-t-il. Une sorte de banjo métallique dont les vibrations ont, là encore, ce petit goût d’électronique.

Une soirée de bienvenue au Tertre

Jeudi, à partir de 17 heures, les 60.000 étudiants nantais sont invités à une soirée de bienvenue sur le campus Tertre. En plus des concerts de Bass Tong, plusieurs conférences, spectacles et performances seront donnés au TU et au Pôle Etudiant.