VIDEO. La « guitare intelligente », l’invention française qui veut faire la « révolution »

MUSIQUE La Lâg Hyvibe s'amplifie elle-même, produit des effets ou fait office d'enceinte bluetooth. Bluffant

Frédéric Brenon

— 

La guitare Lâg Hyvibe est la première guitare acoustique dite intelligente.
La guitare Lâg Hyvibe est la première guitare acoustique dite intelligente. — F.Brenon/20Minutes
  • Les sociétés Hyvibe et Algam ont inventé la première « smart guitar ».
  • Il s'agit d'une guitare acoustique dopée par des outils numériques (effets, looper, haut-parleur...).
  • La commercialisation vient de débuter. Trois modèles sont disponibles.

Ses concepteurs espèrent qu’elle « révolutionnera le monde de la guitare acoustique ». Rien que ça. « Révolutionner, je ne sais pas, mais c’est hyper novateur, elle a un gros potentiel », admet Jacques, vendeur du magasin nantais Michenaud musique, lequel accueillait jeudi la soirée de lancement officiel de cette invention franco-française. Mais de quoi parle-t-on au juste ? De la Lâg Hyvibe, présentée comme la toute première « guitare intelligente » au monde.

De face, elle ressemble à une guitare folk traditionnelle avec ses cordes acier, son corps en cèdre et son vernis satiné. Mais quand on la regarde de plus près, on découvre sur le flanc un petit boîtier noir avec un écran LED et des boutons. Il s’agit d’un processeur intégré, l’outil qui permet de transformer l’instrument.

Effets, looper intégré, enceinte bluetooth

D’une simple commande, on peut ainsi reproduire huit effets paramétrables (reverb, chorus, delay, octaver, tremolo, distortion, phaser, boost). « Le son sort directement de la guitare grâce à des actionneurs-vibrateurs placés sous la table d’harmonie, explique Robin Tirado, chef de produit Lâg. Ce sont des effets de base qui normalement nécessitent une pédale, un ampli, des câbles. Rien que ça, c’est incroyable. »

La Lâg Hyvibe est également dotée d’un looper embarqué, qui permet d’enregistrer puis de lancer une boucle musicale tout en continuant à jouer. « C’est comme s’il y avait un deuxième guitariste. Ça multiplie les possibilités. » Enfin, le plus étonnant peut-être, la guitare peut se transformer en enceinte bluetooth et diffuser n’importe quel morceau accessible en ligne. Là encore, le son jaillit directement de l’instrument. « Ça permet de jouer par-dessus une voix a cappella, une basse, une batterie… Ou même de faire semblant de jouer », sourit Robin Tirado.

« C’est bluffant, reconnaît Félix, étudiant en informatique et guitariste amateur venu découvrir la nouveauté jeudi soir. Les effets, même s’ils sont numériques, sont très réalistes. C’est ludique et pratique car on n’a plus besoin de matériel, on a la liberté de mouvement. » « Même sans toute cette technologie, ça reste une bonne guitare acoustique », assure Maurice Dupont, luthier réputé, chargé de superviser la production de Lâg en Chine.

Compter 1.000 euros le premier modèle

C’est la société parisienne Hyvibe qui a breveté la « smart guitar » après sept années de recherche d’Adrien Manou Mani, docteur en physique vibratoire à l'Ircam. Convaincu qu’il tenait là une pépite, ce dernier s’est ensuite rapproché du Nantais Algam, propriétaire des marques Lâg et Pleyel, pour la commercialisation. Les trois modèles de Lâg Hyvibe se vendent désormais de 999 euros à 1.499 euros. « C’est un peu cher, grimace l’étudiant en informatique. Sans doute le prix de l’innovation. »

Un millier d’exemplaires ont déjà été commandés par des magasins spécialisés français et internationaux. L’objectif serait d’en écouler « 10.000 la première année ». Des artistes comme Thomas Dutronc, Yarol Poupaud ou les Beach Boys ont déjà joué avec. « On a convaincu les professionnels, il faut maintenant séduire le public. Le meilleur moyen de se rendre compte des possibilités qu’elle offre c’est de l’essayer », commente Guillaume Parthenay, directeur marketing d’Algam.

A plus long terme, les deux sociétés françaises, qui s’attendent à être « imitées par les leaders du marché » aimeraient développer le même système pour les pianos.