VIDEO. Bouddhisme : En bordure du périphérique nantais, on a visité l’unique pagode de l’Ouest

JOURNEES DU PATRIMOINE Le temple bouddhiste, ouvert il y a une trentaine d'années près de Nantes, se visite à l'occasion des Journées du patrimoine 2019

Julie Urbach

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La pagode Van Hanh, à Saint-Herblain près de Nantes
La pagode Van Hanh, à Saint-Herblain près de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Méconnue du grand public, la pagode Van Hanh, ouverte en 1987, se situe près de la porte de Saint-Herblain.
  • Les visiteurs pourront en découvrir davantage sur le bouddhisme et la culture vietnamienne ce week-end.

La circulation dense du périphérique nantais, que l’on devine depuis le « jardin du repos des âmes », tranche avec l’ambiance zen du lieu. Depuis plus de trente ans, c’est pourtant là, juste à côté de la porte de Saint-Herblain, que les fidèles bouddhistes se retrouvent. L’ unique pagode de l’Ouest de la France, lieu hors du temps et méconnu du grand public, ouvre ses portes ce week-end à l’occasion des Journées du patrimoine. Plus d’un millier de personnes sont attendues pour en savoir plus sur la la quatrième religion de France, ou plus particulièrement sur la culture vietnamienne.

Dès l’imposant portail rouge de la pagode Van Hanh, nous voilà plongés dans l’ambiance. « Le portique symbolise les trois portes menant à la libération : la sagesse, la compassion, et les moyens de s’affranchir de la souffrance », explique Kim, bénévole à la pagode. A l’intérieur de la cour, au milieu d’une végétation apaisante et de dizaines de statues, se dresse un bâtiment principal, coloré et à la toiture incurvée. Au premier étage, où trône un bouddha de 2m50, un office se tient tous les dimanches matin.

« On récite des Sutras (les prières) et on fait des offrandes, du riz, de l’encens… raconte la bénévole. Le bouddha est celui qui nous donne les méthodes pour atteindre son niveau d’éveil, nous apporter de la joie. C’est une manière de lui exprimer notre reconnaissance. »

Mémoire des anciens et moments de fêtes

Dans ce petit coin d’Asie, la gratitude s’exprime aussi envers les anciens. Un « autel des ancêtres », où sont affichés des centaines de petits portraits de défunts, permet aux proches de venir se recueillir, notamment lors des anniversaires de décès. Au fond du jardin, d’où l’on entend parfois la grosse cloche venue spécialement du Vietnam résonner, plusieurs urnes funéraires remplissent le columbarium. Pour y accéder, vous croiserez par exemple le « bouddha de la grande compassion », niché dans une petite montagne. Particulièrement à l’écoute, il sait prendre n’importe quelle forme pour venir aider les êtres en danger, dit-on ici.

Mais la pagode est aussi le théâtre de moments de joie. Ce dimanche, par exemple, c’est la fête de la mi-automne. « Les enfants vont se promener avec des lanternes, il y aura des jeux, des danses, promet Kim. Le jour de l’an, qui tombe fin janvier ou début février, est aussi un événement très festif pour nous, avec 300 ou 400 personnes qui viennent de différentes régions. On est presque à l’étroit ! »

Alors que ce lieu s’est sans cesse agrandi depuis que des réfugiés du sud-est asiatique ont décidé de construire le temple sur une ancienne ferme, en 1987, il n’y en a un qui n’a pas bougé depuis vingt ans. Le moine (appelé vénérable) Thich Nguyen Lôc, qui habite sur place avec sa sœur, se livre à une vie monastique pour mener à bien son rôle de guide spirituel. Il a reçu des moines du monde entier, ici, à Saint-Herblain. Et notamment le Dalaï Lama, il y a une dizaine d’années.

Entrée libre, de 10h à 19h. Visites guidées à 11h, 14h, 16h et 18h.