VIDEO. « Danthrakon » : Rien n’arrête Christophe Arleston qui lance une nouvelle série BD

BD Le scénariste de « Lanfeust de Troy » et des « Forêts d’Opale » ajoute une corde à son arc en prenant les rênes d’un nouveau label, dont il signe le premier album d’une nouvelle série, « Danthrakon »

Olivier Mimran

— 

La couverture du 1er tome de « Danthakron » et Christophe Arleston
La couverture du 1er tome de « Danthakron » et Christophe Arleston — © Arleston, Boiscommun & Drakoo 2019 / photo © Étienne Clotis 2019
  • Christophe Arleston est l’un des créateurs de bande dessinée les plus prolifiques de ces dernières années.
  • Après avoir été journaliste, scénariste puis avoir dirigé le magazine Lanfeust, le voilà responsable d’un nouveau label des éditions Bamboo.
  • « Danthrakon », que Christophe Arleston a lui-même écrit, est le tout premier album du Label Drakoo.

Quand on a écrit plus 150 albums de BD à succès (vendus à plus de 15 millions d’exemplaires), normal qu’on vous fasse les yeux doux, non ? « Dragué » par les ambitieuses éditions Bamboo, Christophe Arleston, le créateur de Lanfeust et Trolls de Troy, a ainsi accepté une nouvelle casquette : celle de directeur éditorial de Drakoo, un tout nouveau label qui produira « de l’imaginaire au sens large : fantasy, fantastique, science-fiction, steampunk, merveilleux, etc. ».

Une motivation : « s’amuser en permettant aux lecteurs de s’amuser aussi »

Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Arleston signe le scénario de Danthrakon, la toute première série « made by Drakoo » et dessinée par Olivier Boiscommun (La cité de l’Arche, Anges, Pietrolino etc). Contacté par 20 Minutes, l’auteur et néoéditeur explique s’être lancé dans sa énième collaboration « parce que j’ai sans arrêt de nouvelles idées, et plusieurs autres séries sont dans mes tiroirs, en attente du temps pour les développer ! La motivation est toujours la même : raconter, écrire, faire vivre des personnages, trouver de nouvelles situations, de nouveaux décors, en un mot s’amuser ! Et si en même temps je permets à tout un tas de lecteurs de s’amuser aussi, tant mieux ! »

Ah, au fait : Danthrakon, c’est l’histoire de Nuwan, apprenti marmiton au cœur d’une cité dans laquelle cohabitent plusieurs races – animales et humaine – intelligentes. Accidentellement « possédé » par un vieux grimoire magique, le jeune homme va subir les foudres d’un terrible inquisiteur… Le premier de ses trois volumes que comptera la série est déjà disponible en librairie et « marche très fort », s’enthousiasme Arleston, qui se déclare « très optimiste sur l’avenir de la série. »

Des bulles au petit écran ?

Justement… Danthrakon est si captivant qu’il ferait probablement une excellente série télé, comme de nombreuses bandes dessinées récemment adaptées pour le petit écran. Qu’en pense le principal intéressé ? « Je ne sais pas si une production française aurait les moyens de faire un bon travail sur une série de fantasy en live. En animation, j’ai eu des déconvenues avec Lanfeust : bonne réalisation mais très mauvais scénarios (on m’avait éjecté du projet) et également avec les Trolls : bons scénarios que j’avais supervisés mais mauvaise réalisation et animation cheap ! Donc je me tiens désormais à distance et lorsque j’écris un album, je ne pense qu’au livre, le reste est trop décevant. Si on me demande un jour de concevoir un scénario pour une série télé, j’y réfléchirai volontiers, mais pour une création originale. »

Vous avez dit bourreau de travail ?

Lorsqu’on lui demande où il trouve encore le temps de créer de nouveaux univers malgré ses multiples prérogatives, Arleston sourit : « tout est question de planning, mais Danthrakon prend une place laissée vide par Lanfeust (pas la série, mais le magazine, dont il a été rédacteur en chef de 2002 à 2019). Et puis j’ai décidé d’arrêter complètement de dormir : le sommeil est une perte de temps et… Non, je plaisante. Enfin presque… Je dois avouer qu’en effet j’avais un peu sous-estimé l’aspect chronophage du travail éditorial, surtout au lancement. Mais les choses commencent à mieux rouler, j’ai appris à m’organiser, et je vais pouvoir bientôt rouvrir le dossier Siestes (rires) ! »

Oui, enfin, ce n’est pas gagné si l’on en croit le « casting » d’auteurs invités par Arleston à « essuyer les plâtres » de Drakoo : les deux prochains albums du label sont d’ailleurs écrits par des écrivains (Isabelle Bauthian pour Dragon & Poisons et Gabriel Katz pour La pierre du Chaos). « Suivront Pierre Pevel, Auyrélie Welleinstein, Olivier Gay et d’autres romanciers que j’ai décidé de transformer en scénaristes, et que j’accompagne donc beaucoup. »

Bonnes ventes = meilleure rémunération des auteurs

Enfin, s’agissant de son nouveau costume, Christophe Arleston tient à en préciser les lignes : « Je suis associé minoritaire et directeur éditorial de Drakoo. En pratique, je choisis les albums que j’ai envie de publier, je monte les équipes d’auteurs, je suis chaque bouquin page à page : je tiens à être un vrai éditeur, un soutien pour les auteurs. Olivier Sulpice, de Bamboo (l’actionnaire majoritaire), regarde également les projets, et j’apprécie que lui aussi aime s’impliquer dans les albums. Et tout ça se passe en excellente harmonie : en pratique nous n’avons jusque-là été en désaccord artistique qu’une ou deux fois, et ça s’est très vite réglé puisque je suis très à l’écoute de ses arguments, et lui des miens ! Quant aux objectifs du label, nous ne les avons pas chiffrés. Ils sont de faire de bons bouquins, d’éviter la surproduction, et je sais que tant que la qualité est là, les livres se vendent. Ce qui permet par ailleurs de mieux rémunérer les auteurs. C’est aussi un combat important pour moi ! »

« Danthrakon » tome 1 : Le grimoire glouton, de C. Arleston & O. Boiscommun – éditions Drakoo – 14,50 euros