Lyon : Les anciennes usines Fagor Brandt veulent devenir le nouveau culturel « in » de la ville

TRANSFORMATION Le site Fagor Brandt, inoccupé depuis 2015, a pour vocation d’accueillir des événements culturels tout au long de l’année…

Caroline Girardon

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Les anciennes usines Fagor Brandt de Lyon acueilleront la prochaine biennale d'art contemporain.
Les anciennes usines Fagor Brandt de Lyon acueilleront la prochaine biennale d'art contemporain. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Les anciennes usines Fagor Brandt de Lyon passent des machines à laver aux sculptures d’art contemporain.
  • La Métropole de Lyon envisage d’en faire un nouveau lieu culturel accessible toute l’année, accueillant en simultané plusieurs événements temporaires.
  • Pour la première fois, la biennale d’art contemporain va s’y installer.

Sur place, les artistes s’affairent dans le plus grand secret. Histoire de peaufiner leurs œuvres ou d’accélérer la cadence au moment d’entamer la dernière ligne droite. Dans moins de trois semaines, la biennale d'art contemporain s’implantera à Lyon avec une nouveauté : pour la première fois, l’événement se tiendra non pas à la Sucrière mais dans les anciennes usines Fagor Brandt à Gerland. Tout un symbole. « Utiliser les friches industrielles est indispensable pour contrer la destruction du patrimoine du XXe siècle », estime Isabelle Bertolotti, directrice artistique de la biennale, annonçant que l’édition 2021 se tiendra au même endroit.

L’ensemble de 30.000 mètres carrés a connu un glorieux passé avant de tomber en désuétude. Fleuron de l’industrie lyonnaise durant près de soixante ans, le site a vu progressivement son activité péricliter. Les machines à laver ont fait place au début des années 2010 à la production de voitures électriques. Mais l'audacieux pari a rapidement tourné au fiasco. Et les usines, privées de ses activités, ont fini par être abandonnées.

Tournages de téléfilms, résidences d’artistes

Inoccupé depuis fin 2015 (hormis pendant les soirs du festival Nuits sonores), le site se voit ainsi offrir une nouvelle opportunité : celle de devenir l’un des nouveaux lieux culturels incontournables de l’agglomération. Mais le projet final reste encore flou. « Nous avons aménagé l’endroit pour les rendre accessible et vivable durant toutes les saisons en installant le chauffage par exemple, précise Myriam Picot, la maire du 7e arrondissement de Lyon. L’idée serait d’en faire un lieu pérenne pouvant accueillir en même temps plusieurs événements temporaires ». Comme des tournages de téléfilms, des résidences d’artistes ou des expositions.

« La configuration des lieux s’y prête bien. On le voit avec la biennale. Les fois précédentes, les artistes étaient contraints de fabriquer les œuvres dans leurs pays et les acheminer ensuite par avion. Cette année, certains se sont installés ici et ont pu les réaliser in situ. Ce qui est bien plus vertueux d’un point de vue environnemental », poursuit l’élue qui voit ainsi l’occasion de toucher de nouveaux publics. « Contrairement aux musées, les usines sont des lieux ouverts. On y entre facilement. Les artistes seront au contact des habitants et ça sera peut-être l’occasion d’approcher des jeunes un peu éloignés de la culture, qui préfèrent des fois se concentrer sur le football. Ces rencontres peuvent déclencher des appétences nouvelles et peut-être l’envie pour certains, de pousser ensuite les portes des lieux plus étiquetés ».

Par ailleurs, la Métropole de Lyon envisage d’utiliser d’autres bâtiments désaffectés dans le cadre d’une politique d'« aménagement provisoire des espaces » et en attendant que ces lieux soient définitivement transformés. Il s’agit notamment de l’usine Solyem à Saint-Priest, de la caserne Sergent Blandan (3e), de la Halle Jean Macé ou le « U » situé au pied de la tour panoramique de la Duchère.

Lancement d'un nouveau fonds spécialisé dans la réhabilitation des friches industrielles