Marseille : La justice déboute les héritiers d'un marchand d'art juif spolié sous l'Occupation

ART La famille Gimpel assure que trois tableaux du peintre fauve André Derain, dont l’un est exposé au musée Cantini à Marseille, ont été spoliés à leur grand-père sous l’Occupation

20 Minutes avec AFP

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Claire Touchard lors du procès en juin 2019
Claire Touchard lors du procès en juin 2019 — Jacques Demarthon / AFP

La justice française a débouté jeudi les héritiers d’un collectionneur d’art juif spolié qui demandaient la restitution de trois toiles du fauviste André Derain exposées depuis des années dans trois musées français, dont le musée Cantini à Marseille.

Pour le tribunal correctionnel de Paris, des « incertitudes persistantes quant à l’identification des tableaux » subsistent, selon la décision consultée par l’AFP. « Parce que nous sommes sûrs de notre bon droit, nous allons faire appel », a réagi la petite-fille du collectionneur René Gimpel, Claire Touchard. « Nous considérons au vu du jugement que c’est difficile de décrocher des tableaux des collections nationales et que les juges ont peut-être été un peu timides », a-t-elle dit à la presse.

Des années d’enquête

Plus de 75 ans après l’Occupation, les descendants du grand galeriste parisien René Gimpel attendent encore de récupérer l’ensemble des œuvres spoliées ou disparues dans le tumulte de la guerre. Après des années d’enquête, ils avaient affirmé avoir retrouvé trois Derain, acquis par leur aïeul en 1921 à Paris.

Ils réclament au ministère de la Culture la restitution de ces toiles peintes entre 1907 et 1910, « Paysage à Cassis », « La Chapelle-sous-Crecy » et « Pinède, Cassis », exposées pour les deux premières au musée d’art moderne de Troyes et pour la troisième au musée Cantini de Marseille. Ils se fondent pour cela sur une ordonnance d’avril 1945 sur la nullité des actes de spoliation.