Johnny Clegg, «c’était l’alter ego de Nelson Mandela, avec de la politique sous forme de musique»

VOUS TEMOIGNEZ Le «Zoulou Blanc» a marqué toute une génération

Pierre Cloix

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Johnny Clegg vous a beaucoup touché
Johnny Clegg vous a beaucoup touché — Fernand Fourcade/SIPA

Un peu partout dans le monde, l’émotion était palpable après l’annonce du décès de Johnny Clegg, célèbre chanteur sud-africain, des suites d’un cancer du pancréas. Il faut dire que plus qu’un simple entertainer, celui que l’on surnommait le « Zoulou Blanc » a, à sa mesure, marqué l’histoire de son pays.

Fervent défenseur du vivre-ensemble et soutien indéfectible de Nelson Mandela, il a mené un combat musical contre l’apartheid. Nous vous avions demandé de nous faire part de vos sentiments envers lui, et c’est cette humanité qui ressort le plus dans vos témoignages.

« On découvrait la notion de racisme, d’apartheid »

Thierry, tout juste adolescent à la sortie de Third World Child (1987), se souvient : « On avait tous l’album en cassette sur nos baladeurs et on regardait le clip de Scatterlings of Africa à la télé en essayant d’imiter le jeu de jambes de Johnny. On découvrait la notion de racisme, d’apartheid. Ecouter cet album, c’était commencer à avoir conscience du monde et de la politique, alors qu’avant on s’en fichait. »

Une façon douce de faire passer un message, qui a également profondément marqué Martine : « Je garde en mémoire outre le compositeur l’excellent musicien et chanteur, la manière pacifique avec laquelle on peut contribuer au changement dans un pays sans violences ni armes. C’est l’intelligence d’un homme courageux qui avait foi en ses idées. »

« Mon premier concert. Inoubliable »

Certains ont même eu la chance de voir l’interprète d’Asimbonanga en live. « Johnny Clegg a été le premier artiste que j’ai vu en concert quand j’étais adolescente. Je devais avoir 14/15 ans et c’était un concert gratuit à Trélazé (Maine-et-Loire). J’en garde un souvenir mémorable tant musicalement, que scéniquement ou humainement. L’énergie de ses concerts était magique et un moment de communion collective », se remémore Elise.

Une émotion que Jeff partage également : « J’avais 15 ans et c’était mon premier concert. Inoubliable. Nous étions 500 sous un chapiteau de fortune. Concert mémorable pour une petite île comme la nôtre. C’était un jour de mai 1989 à Tahiti. »

« Une page qui se tourne »

Parmi les dizaines de témoignages que vous nous avez laissés, et si vous ne manquez pas de louer le rythme si particulier des morceaux de Johnny Clegg (tout comme ses pas de danses), certains d’entre vous ont témoigné d’une vraie accroche affective avec le chanteur.

Les mots plein d’émotions de Sylvie en sont la meilleure illustration : « Johnny Clegg, ce n’est pas qu’une page qui se tourne, celle de mon adolescence et de mes danses déchaînées sur Scatterlings of Africa. Ce sont des mots mis sur ma découverte à 13-14 ans des images de l’ apartheid à la télé. C’est ce qui m’a conduite quelques années plus tard à suivre des années de cours d’anthropologie, à choisir un métier qui me permette de rencontrer des personnes de toutes cultures, à aller en Afrique du Sud pour traverser et découvrir le pays. Bref, Johnny Clegg, son empathie, son humanité, sa force de vie et de combat…. Tout cela a façonné une partie de moi. »

Un bien bel hommage et un souvenir qui aura du mal à s’effacer de vos esprits. « Johnny Clegg, c’était l’alter ego de Nelson Mandela, avec de la politique sous forme de musique », conclu David.