VIDEO. Décès de Johnny Clegg: Ses cinq chansons les plus emblématiques

DISPARITION Engagé contre l’apartheid, Johnny Clegg, surnommé le « Zoulou Blanc », a mené son combat en musique grâce à des chansons prônant la tolérance et la solidarité entre les peuples

Anne Demoulin

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Le chanteur sud-africain Johnny Clegg (à droite) lors d'un concert au Zenith de Paris en 1988 avec son groupe Savuka.
Le chanteur sud-africain Johnny Clegg (à droite) lors d'un concert au Zenith de Paris en 1988 avec son groupe Savuka. — FACELLY/SIPA
  • Le chanteur sud-africain Johnny Clegg est décédé ce mardi à l’âge de 66 ans.
  • Dans les années 1980, la chanson Asimbonanga est devenue le symbole de l’opposition à l’apartheid.
  • La carrière de l’artiste ne se résume pas à cet hymne. (Re) Découvrez les autres tubes qui ont jalonné la carrière du « Zoulou blanc ».

« Il a joué un rôle majeur en Afrique du Sud en faisant découvrir aux gens différentes cultures et en les rapprochant », a salué Roddy Quin, le manager de Johnny Clegg, en annonçant ce mardi le décès du chanteur sud-africain à l’âge de 66 ans des suites d’un cancer du pancréas. Engagé contre l’apartheid, celui qui était surnommé le « Zoulou Blanc », a mené son combat en musique grâce à des chansons prônant la tolérance et la solidarité entre les peuples. Voici ses cinq chansons les plus emblématiques.

« Africa », un titre censuré

En 1969, Johnny Clegg rencontre Sipho Mchunu. Ce musicien zoulou initie Johnny Clegg aux techniques de guitare, de danse, de langue et de combat au bâton zoulou. Johnny Clegg fait découvrir à Sipho Mchunu la musique celte et le rock. En 1976, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, le chanteur blanc et le musicien noir forment un duo, sous le nom de Johnny et Sipho. En 1979, le duo se renomme Juluka et sort son premier album Universal Men, un concept album qui retrace le destin d’un travailleur zoulou, censuré en Afrique du Sud à sa sortie. Le single Africa contient déjà tout ce qui caractérise la musique de l’artiste : des paroles engagées sur des rythmes africains teintés de pop.

« Impi », un chant guerrier

Impi conte la victoire militaire des guerriers zoulous (« Impi » signifie « guerre » ou « formation de soldats ») sur les Britanniques lors de la bataille d’Isandlwana en 1879 sur le second album de Juluka, African Litany, en 1982. De nos jours, Impi est fréquemment chanté dans les manifestations sportives sud-africaines, surtout lorsque l’adversaire est l’Angleterre !

« Scatterlings of Africa », le premier grand tube

Scatterlings of Africa, sortie en 1982 sur l’album Scatterlings, propulse Juluka en tête des hit-parades dans plusieurs pays. La chanson reflète la myriade de bouleversements de la société sud-africaine au début des années 1980. Ce succès, repris sur la bande originale du film Rain Man en 1988, permet à Johnny Clegg d’abandonner une carrière universitaire à Johannesburg comme anthropologue et de se consacrer entièrement à sa musique.

« Asimbonanga », l’hymne contre l’apartheid

La chanson Asimbonanga (« Nous ne l’avons pas vu » en langue zouloue) que Johnny Clegg chante avec son nouveau groupe Savuka, est un hymne à la tolérance et un hommage à ceux qui combattent l’apartheid, de Nelson Mandela, qui purge en 1987 sa vingt-quatrième année d’incarcération dans les prisons du régime raciste sud-africain, à Steven Biko. En 1999, Nelson Mandela, alors homme libre, rejoignit Johnny Clegg par surprise sur scène lors d’un concert à Francfort lors d’une interprétation du morceau. Un moment particulièrement émouvant.

« Cruel, Crazy, Beautiful World », une ode à l’espoir

Le titre Cruel, Crazy, Beautiful World, extrait de l’album du même nom, le troisième de Savuka, sort au moment où le système d’apartheid sud-africain s’essoufflait en 1990, l’année de la libération de Nelson Mandela. Le titre est dédié à Jesse, fils de Johnny Clegg, né en 1988, perché sur les épaules de son père sur la pochette de l’album. Le morceau évoque le chaos et le changement, mais la musique – une harmonie assurée de cuivres, de claviers et de chants d’accompagnement zoulous – donne l’impression d’avoir des nouvelles confiantes de l’avenir, et non de craindre le présent.