VIDEO. «Enseigner à Saint-Denis, c’est pas comme ailleurs», le film hommage aux profs de Grand Corps Malade

CULTURE Le slameur Grand Corps Malade présentait ce mardi en avant-première à Marseille son nouveau film, La vie scolaire, avec le coréalisateur Mehdi Idir

Mathilde Ceilles

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Grand Corps Malade à Paris le 5 février 2018.
Grand Corps Malade à Paris le 5 février 2018. — Jacques BENAROCH/SIPA
  • Grand Corps Malade et Mehdi Idir, réalisateurs de Patients, présentaient ce mardi à Marseille un nouveau film, La vie scolaire.
  • Ce film suit la vie d'un collège de banlieue. 

Leur premier film, Patients, avait été un vrai succès au box-office, avec plus d' 1,2 million d’entrée. Le 28 août, Grand Corps Malade et Mehdi Idir sortent un second film, La vie scolaire, présentée en avant-première ce mardi à Marseille, avec une partie du casting du premier film. Mais cette fois, le slameur et son ami délaissent les couloirs d’hôpital pour s’attaquer à un autre sujet, tout aussi épineux : la vie d’un collège de banlieue.

« La banlieue décrite par beaucoup de films, et par les médias, ce n’est pas celle que je connais, justifie Mehdi Idir. On a voulu montrer ce que nous, on a connu, ce qu’on a vécu, un milieu plein de nuances. » La vie scolaire suit le parcours d’une jeune CPE, débarquée d’Ardèche en Seine-Saint-Denis, et qui tente de venir en aide aux collégiens de son établissement. Des jeunes, chambreurs, qui se cognent, pour certains, à ce fameux plafond de verre dès lors qu’il s’agit de faire des projets d’avenir, malgré l’implication de leurs professeurs.

« On a pas mal déconné »

Un film fortement inspiré de la vie des deux réalisateurs, tourné dans l’ancien collège de Mehdi Idir. « On a un bon souvenir de ces années-là, explique Grand Corps Malade. On a bien rigolé, c’est le moment où tu te fais tes meilleurs potes, là où tu te construis, la où tu as tes premiers flirts avec les premières meufs. A cette époque-là, on a pas mal déconné, on était pas les plus disciplinés… C’était plus l’école de la vie en dehors des cours. »

« On a aussi pas mal de potes qui bossent dans l’Education nationale, dont un qui est CPE et qui nous a inspirés pour le personnage principal, ajoute Mehdi Idir. On est allé faire de l’observation à ses côtés. Toutes les situations ou les personnages ou presque sont soit issus de mon vécu, soit issu du vécu de Fabien, soit des choses vécues par nos potes. »

« C’est impossible à quinze piges »

Et à en croire Grand Corps Malade et Mehdi Idir, peu de chose ont changé depuis leurs années collège. « C’est la même ambiance, les mêmes problèmes entre les profs, je peux encore le constater quand je fais des ateliers slams dans des collèges », affirme Grand Corps Malade. « Dans ce qui a changé, il y a peut-être l’arrivée des nouvelles technologies, et le niveau social qui a encore baissé… », regrette Mehdi Idir.

« Enseigner à Saint-Denis, c’est pas comme ailleurs, constate Grand Corps Malade. Mais ça ne veut pas dire que tout le monde est en échec, c’est ce qu’on a aussi essayé de montrer dans ce film. Et, à quinze ans, on te demande de faire un choix sur une orientation, qui sera décisive pour ta vie. C’est impossible à quinze piges. On a voulu montrer que l’Education nationale ne marche pas très bien, malgré les bonnes volontés… Ce film est un hommage à la profession, j’ai un vrai respect pour le métier de professeur. »