69 année érotique: Coco-girls et téléfilms érotiques sur M6... Quand la télé donne chaud

69 DANS TOUS LES SENS (3/5) Cet été, « 20 Minutes » célèbre les 50 ans de 1969, année de tous les fantasmes

Clio Weickert

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L'émission «Cocoricocoboy» n'a pas laissé les téléspectateurs indifférents...
L'émission «Cocoricocoboy» n'a pas laissé les téléspectateurs indifférents... — JAMES/TF1/SIPA
  • Si 2019 marque le demi-siècle des premiers pas de l’homme sur la Lune, elle célèbre également les 50 ans de 1969, année érotique.
  • Films pour adultes, cinéma, télévision… A l’occasion de cet anniversaire, « 20 Minutes » questionne cet été les manifestations de l’érotisme à travers la culture populaire.
  • Le troisième épisode de la série replonge dans les moments les plus chauds bouillants à la télé.

Oui, à une époque la télé était chaude comme la braise et explosive comme une cocotte-minute. Et on ne vous parle pas d’une bande de Marseillais qui se roulaient des pelles en boîte de nuit… Fut un temps où les gens couchaient dans des piscines en direct, étaient « durs de partout » ou prenaient des douches les tétés à l’air. Il faut dire qu’avant les Netflix, Amazon, YouTube et autres Snapchat, les stimuli visuels étaient quelque peu limités, et se résumaient à deux trois pages dans le catalogue La Redoute et quelques émissions olé olé, sur une poignée de chaînes seulement. Le bon vieux temps ? Non, il ne faut pas exagérer.

A l’occasion des 50 ans de 1969, 20 Minutes se penche sur la face cachée de la Lune, sur l'érotisme et les fantasmes. Pour ce troisième épisode, nous avons proposé à nos lecteurs de confesser leurs souvenirs les plus bouillants à la télé… Spoiler : ça a dû transpirer grave de la moustache (big up André Manoukian) dans les années 1980.

Strip tease dans les 80’s

Car l’une des émissions qui a visiblement marqué les esprits – et pas seulement – de nos lecteurs, n’est autre que Cocoricocoboy tous les soirs sur TF1 (de 1984 à 1987 avant le JT du soir), présentée par Stéphane Collaro et ses irremplaçables « Coco-girls » (dont Sophie Favier !). Le clou du spectacle ? Le Bébête Show, mais surtout le strip tease de la playmate… « J’étais toute gosse et un peu gênée devant mes parents, se remémore Anne. Si cette émission existait encore, elle ferait un tollé tant ça serait jugé sexiste. Mais c’était la bonne époque. Et je suis une femme pourtant ! » Ah c’est sûr que c’était autre chose.

Autres souvenirs qui ont laissé des traces, les hôtesses du Juste Prix (époque Philippe Risoli), les nénés de Sabrina dont le clip Boys passait en boucle dans le Top 50 (certains ne s’en remettront probablement jamais), ou encore cette « réclame » pour les télés Telefunken. « J’avais 9 ans, et c’était la première fois que je voyais des seins nus ! Cette pub m’a énormément perturbé », confie Michael. On comprend pourquoi les années 1980 ont le vent en poupe…

« Plus de pubs scandinaves que de scènes de cul »

Allez, il est grand temps de passer aux choses sérieuses. Si la télé a provoqué quelques frissons à certains, elle a carrément donné la fièvre à d’autres. C’est le cas de Rémy, grand nostalgique des dimanches soirs de son adolescence sur M6… « Les téléfilms érotiques diffusés par la chaîne étaient de vrais rendez-vous, presque ritualisés, explique-t-il. La télé avait été méticuleusement coupée sur la Six, sans son, et n’y avait plus qu’à appuyer à minuit sur le gros bouton rouge de la télécommande pour voir des lolos. Fallait-il encore ne pas s’endormir ! Mais je tenais le cap. Par contre, la chaîne faisait-elle exprès d’éterniser Culture Pub ? A minuit l’émission diffusait encore des pubs improbables, mais je n’étais clairement pas là pour ça… L’impatience se mêlait très vite à l’excitation, alors quand le générique du téléfilm érotique débutait, ça n’allait pas plus loin que la première scène… Mais avec du recul, je me dis que j’ai vu plus de pubs scandinaves que de scènes de cul. » Une vraie preuve d’obstination. Une petite pensée également à tous les courageux et toutes les courageuses qui samedi après samedi, s’efforçaient de regarder Le journal du hard sans décodeur…

Rémy n’est pas le seul à se souvenir avec intensité de ses premiers émois télévisuels. Etienne garde en tête un été à la fin des années 1990, particulièrement marquant. « Je n’ai pas encore 18 ans, j’assume tout juste mon homosexualité auprès de mes amis et, à l’époque, pas du tout auprès de ma famille, explique-t-il. La représentation des gays à la télévision est alors très limitée, les relations amoureuses entre hommes sont encore moins visibles. C’est pourquoi ma découverte, par hasard en pleine nuit sur Canal + de la série britannique Queer as Folk a été une planche de salut. On y suit un groupe d’amis gays de Manchester. L’un des héros, Nathan, a à peu près mon âge et commence à découvrir le "monde gay". Je m’identifiais à lui, même si, dans ma campagne, j’étais loin d’être aussi entreprenant et à l’aise. Cette série abordait explicitement les rapports sexuels entre hommes, je ne l’ai pas revue depuis, mais elle est peut-être plus chaste que dans mon souvenir. En tout cas, cela suffisait à titiller mon imaginaire. Cet été-là, je me levais la nuit, discrètement, pour suivre chaque épisode, j’avais l’impression de braver un interdit. Je garde de cette série un souvenir subversif, essentiel pour moi dans ma manière d’assumer mon homosexualité et, surtout, déculpabilisant quant au sexe entre hommes. »