VIDEO. BD: Le retour de King Kong et de la Créature des marais, les couleurs de Scott Pilgrim et les tatouages de Larcenet

Des bulles dans le rétro Retour sur les bandes dessinées les plus recommandables publiées en juin

Olivier Mimran

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King Kong, La créature des marais, Scott Pilgrim et un Tattoo Flash de Larcenet
King Kong, La créature des marais, Scott Pilgrim et un Tattoo Flash de Larcenet — © Blain, Piquemal & Hachette 2019 / © DC Comics & Urban Comics (VF) 2019 / © B. L. O'Malley & Hi Comics (VF) 2019 / © M. Larcenet & Les Rêveurs 2019

Vous avez laissé passer les centaines de BD franco-belges, comics et manga parus en juin ? Pour vous rattraper, 20 Minutes vous recommande ses coups de cœur du mois écoulé

Le plus cinématographique : « King Kong »

Le récit de l’iconique gorille géant épris d’une jolie blonde a fait l’objet de moult adaptations littéraires et cinématographiques depuis 1933, date de sa première apparition dans le film américain King Kong… Mais saviez-vous qu’il avait aussi été « pris en main » par un auteur de BD ?  Christophe Blain (Gus, Isaac le pirate, Quai d’Orsay) a en effet illustré une adaptation signée Michel Piquemal du mythe de King Kong.

Bon, il ne s’agit pas à proprement parler de bande dessinée, ni même d’une nouveauté, mais ce magnifique ouvrage, publié une première fois en 2004 en album jeunesse, était épuisé et donc introuvable. Les productions de Blain étant rares, hélas, on ne pouvait pas ne pas signaler cette réédition proposée par Hachette (14,95€).

Les textes de Piquemal sont, eu égard à sa cible éditoriale, volontairement réduits à l’essentiel. Mais pas les illustrations de Blain, grandioses, transpirant ici la bestialité, là le raffinement, ailleurs l’effroi mais partout un puissant parfum d’aventure ! Un régal pour les yeux et pour les sens, qu’on recommande chaudement à toutes et à tous (qu’on connaisse l’histoire ou pas).

Le plus patrimonial : « Swamp Thing – La Créature des marais »

Alors qu’une série télé consacrée à la Créature des marais vient d’être diffusée sur la chaîne américaine DC Universe (mais n’a pas encore été préemptée pour une diffusion française), les éditions Urban Comics ont la bonne idée de publier, dans la langue de Molière et en noir et blanc, un ouvrage collectif permettant de découvrir les origines d’un des « monstres gentils » les plus connus au monde (avec Casimir de L’île aux enfants, bien sûr).

L’intérêt principal de Swamp Thing, la Créature des marais (35€), c’est qu’on (re) découvre au gré de ses 400 pages le récit fondateur du scénariste Len Wein et du fabuleux – mais regretté –  Bernie Wrightson : détaillés comme une gravure de Gustave Doré, ses dessins transposent merveilleusement l’ambiance victorienne, presque gothique, de ce récit de genre (voir l’illustration ci-dessus).
Pour info, cette créature est ouvertement inspirée du Frankenstein de Mary Shelley et l’on découvre dans cet album comment un savant devient, après l’explosion de son laboratoire en Louisiane, le monstre difforme qui fascine les lecteurs de comics depuis des générations.

Le plus Rock’n’roll : « Scott Pilgrim (Perfect edition) 2 »

Écrite et dessinée, entre 2004 et 2010, par l’auteur de comics canadien Brian Lee O’Malley, Scott Pilgrim est une série en six volumes et, à l’origine, en noir et blanc. D’abord plutôt confidentielle, elle a rapidement connu un succès phénoménal au point d’inspirer une série animée, des jeux vidéo, un long-métrage ( Scott Pilgrim vs The World en 2010)… et une (excellente) réédition en couleurs ! L’éditeur français Hi Comics, qui a décidé de la ressortir en « Perfect edition » – couverture cartonnée, nombreux bonus, etc. – vient d’en publier le second volume (24,90€).

Rappelons que Scott Pilgrim est un « adulescent » canadien (il a 23 ans), habitant Toronto, sans emploi et qui joue de la basse dans un petit groupe local. Tombé raide dingue de la jolie – mais un peu barrée – Ramona Flowers, Scott doit combattre ses sept ex-petits copains « maléfiques » pour que leur liaison puisse s’épanouir.

Dans ce second tome, Ramona somme Scott d’enfin trouver un boulot ! La galère, quoi… N’empêche qu’on se régale toujours autant à la lecture de ce titre que Joss Whedon, producteur (Buffy, Angel) et réalisateur (Avengers, Avengers : l’ère d’Ultron), qualifie de « meilleur comic-book de tous les temps. »

Le plus épidermique : « Manu Larcenet’s Tattoo Flash »

Quand Manu Larcenet (Blast, Le combat ordinaire, Le retour à la terre) ne fait pas de BD… il dessine des tattoos ; ou plus précisément des « Tattoo flash », ces tatouages prédessinés et proposés en catalogues chez les tatoueurs professionnels. Sauf que si ces ornements représentent habituellement des personnalités, des œuvres d’art ou des logos, ceux de Larcenet sont – on s’en doute quand on connaît l’humour corrosif de l’artiste – complètement délirants.

Ses motifs à lui « convoquent la pop culture, la politique, la religion, et l’absurde ». De fait, le strictement rigolo côtoie le trash (qu’on évitera de présenter ici, mais qui nous a littéralement fait pleurer de rire) et c’est si habilement conçu qu’on se surprend, à la faveur d’une bouffée de post-rébellion, à parfois penser : « Tiens, si je me faisais tatouer celui-ci ? » Si cela vous arrive, ravisez-vous tout de suite car non, aucun des Tattoo flash de Larcenet ne vous fera rire très longtemps une fois incrusté sur votre avant-bras. Contentez-vous plutôt de la planche de motifs décalcomanies offerte par les éditions Les Rêveurs dans Manu Larcenet’s Tattoo Flash (20€).