VIDEO. Japan Expo fête ses 20 ans, ou l'histoire d'une passion française pour le Japon

JAPASSION (1/5) A l’occasion des 20 ans de Japan Expo, « 20 Minutes » revient sur la passion des Français pour la culture japonaise, et pour commencer on vous raconte comment un rendez-vous de fans de mangas est devenu l'un des plus grands festivals sur la culture japonaise

Vincent Julé

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En 20 ans, Japan Expo s'est imposé comme le rendez-vous incontournable des fans de mangas, mais aussi comme l'une des plus grands festivals sur la culture et les loisirs japonais
En 20 ans, Japan Expo s'est imposé comme le rendez-vous incontournable des fans de mangas, mais aussi comme l'une des plus grands festivals sur la culture et les loisirs japonais — Japan Expo
  • Japan Expo fête ses 20 ans du 4 au 7 juillet du parc des expositions de Paris-Nord Villepinte
  • « 20 Minutes » en profite pour revenir dans une série d'articles sur la passion des Français pour la culture japonaise : sentai, cosplay, classic gaming, robots géants…
  • Deux des fondateurs de Japan Expo racontent comment ce rendez-vous de fans de mangas et de japanime est devenu le festival de toutes les cultures japonaises

Du 4 au 7 juillet, Japan Expo fête ses 20 ans. Un chiffre rond, symbolique, et tant de chemin parcouru depuis les petits locaux de l’école Epita aux 150.000 m2 du parc des expositions de Villepinte, des premiers 3.000 visiteurs aux presque 250.000 fidèles chaque année. En deux décennies, Japan Expo s’est imposé non seulement comme le rendez-vous incontournable des fans de mangas et de japanime, mais également comme le festival de toute la culture japonaise. Une culture qui passionne depuis longtemps les Français : mangas, animés, jeux vidéo, cosplay, J-Pop, super sentai, traditions, sports, arts de vivre… Deux de ses fondateurs se souviennent pour 20 Minutes.

« Le manga et la japanime sont devenus une fenêtre sur le Japon tout entier »

« A l’époque, les années 1990, je faisais partie d’une association, avec laquelle on se réunissait pour regarder et échanger des animés, créer des fanzines et organiser des conventions, à l’instar de l’Epitanime », raconte Jean-François Dufour. Au retour d’un voyage au Japon, avec sa femme Sandrine Dufour et Thomas Sirdey, ils réfléchissent à une convention plus grande, et plus riche, avec toujours de la culture pop mais également de la culture traditionnelle. « Le manga et l’animation sont devenus une fenêtre sur le pays tout entier », commente-t-il. La première édition se déroule en 1999 à l’Institut supérieur du commerce de Paris et ne porte pas encore le nom de Japan Expo. « On en parle entre nous comme d’un Japan Expo 0. »

L’année suivante, c’est le 1er impact de Japan Expo avec plus de 3.000 fans et 60 exposants réunis dans les couloirs de l’école Epita. Suivront l’Espace Champerret, l’Espace Austerlitz, le CNIT de la Défense, et depuis 2006, le parc des expos de Paris-Nord Villepinte. « Nous avons commencé dans un seul hall, et poussons les murs un peu plus chaque année pour atteindre les 150.000 m2 pour cette édition 2019, avec 24 espaces et 16 scènes, détaille Jean-François Dufour. Pour bien se rendre compte, la plus petite des scènes de Japan Expo 2019 reste plus imposante que la plus grande scène de nos débuts. »

Japan Expo avant et après Internet

Au fil des années, le festival a ouvert ses horizons, multiplié les thématiques, avec pour objectif de couvrir le maximum de loisirs japonais, « sans faire perdre sa place centrale à la japanime et au manga », précise Thomas Sirdey. « Les fans de la première heure venaient pour découvrir des animés inédits en France, ajoute son acolyte. Mais aujourd’hui, tout a changé, ils y ont accès grâce à Internet, et viennent chercher autre chose, une communauté. » L’auteur de ses lignes se rappelle ainsi avoir découvert le deuxième film Kimagure Orange Road, alias Max & Cie, dans une petite salle à craquer de Japan Expo. Jean-François Dufour sourit : « Je m’étais occupé des sous-titres. Un cap a été franchi depuis, car nous proposons maintenant des exclusivités non seulement françaises mais mondiales, avec cette année le long-métrage live Tokyo Ghoul S, la série animée Vinland Saga ou les premières images du nouveau et dernier film Evangelion. »

Un public multigénérationnel

Le reste de la programmation des quatre jours est pléthorique, les fondateurs cherchant chaque édition à offrir au moins une nouveauté, comme l’arrivée de l’esport ou un ballet Dragon Quest. Quant à l’effet supermarché qu’a pu donner le hall principal certaines années, Thomas Sirdey évoque une fausse impression : « On en débat souvent. Il y a de plus en plus d’exposants, mais il faut toujours les comparer au reste de la production. Nous avons même un institut de certification, et seulement 18 % de l’événement est commercial, le reste étant consacré aux animations. Nous avons ainsi 900 exposants cette édition, dont 500 d’amateurs et de jeunes créateurs. »

Si l’âge moyen du public de Japan Expo est resté stable, autour de 23 ans, il cache en fait plusieurs générations, parfois de parents et enfants. Un pont intergénérationnel qui s’exprime également chez les invités, avec d’un côté les derniers artistes J-Pop à la mode ou dernières nouveautés jeux vidéo, mais également Leiji Matsumoto et Go Nagai, les papas d’Albator et de Goldorak, Yoshiyuki Tomino, le créateur des robots géants de Gundam, ou encore tout le cast original de Bioman. « Il s’agit de ne pas oublier d’où l’on vient, s’amuse Thomas Sirdey. C’est aussi cette histoire que nous voulons raconter. »