VIDEO. «Samurai Shodown»: Le retour d'une franchise culte... et un nouvel âge d'or du jeu de combat?

VERSUS Après « Dragon Ball FighterZ », « Mortal Kombat 11 », « Super Smash Bros. Ultimate » et maintenant « Samurai Shodown », les plus belles heures du jeu de combat sont-elles à venir ?

Vincent Julé

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«Samurai Shodown», jeu de combat culte, revient en 2019 à coups de sabre et de nostalgie
«Samurai Shodown», jeu de combat culte, revient en 2019 à coups de sabre et de nostalgie — SNK CORP

Si le mercredi aprèm, les enfants des années 1990 jouaient à Street Fighter 2 et Mortal Kombat sur Super Nintendo ou Megadrive, la nuit, ils ne rêvaient que de la Neo Geo et ses jeux de baston à 1.000 francs la cartouche. Surnommée la « Rolls Royce » des consoles, la Neo Geo permettait de retrouver  l’expérience de la salle d’arcade dans son salon et s’est fait un nom grâce à des licences de l’éditeur japonais SNK, comme Art of Fighting, Fatal Fury, World Heroes, The King of Fighters et Samurai Shodown, dont le reboot est sorti cette semaine sur PS4 et Xbox One.

Des barres de rage

« A l’époque, SNK était plus novateur que Capcom [l’éditeur de Street Fighter], et chacun de leurs titres devait avoir sa propre identité, explique Thomas Loreille de  Bas Gros Poing, site spécialisé dans les jeux de combat. Samurai Shodown est ainsi l’un des premiers jeux à intégrer des sabres, avec également la barre de rage qui permet de faire beaucoup de dégâts, la possibilité de désarmer son adversaire, ou encore la rareté des combos. Il n’est pas forcément nécessaire d’être technique pour être spectaculaire. Samurai a toujours plus récompensé la lecture du jeu et le sens du timing que la technicité et la mémoire musculaire. »

Un retour stratégique

Si la licence a survécu à la Neo Geo et connu une dizaine d’itérations, elle n’avait plus donné de nouvelles depuis dix ans. « Son retour n’est pas vraiment une surprise, concède le fan de "versus fighting". Il y a beaucoup de rumeurs depuis que SNK est revenu aux affaires. Il faut savoir que l’éditeur a un temps laissé tomber les jeux consoles au profit du mobile et des pachinko, les machines à sous japonaises. Son rachat par une venture chinoise en 2015 a entraîné une entrée d’argent, un changement stratégique et le retour d’auteurs et développeurs historiques. Du genre : on recommence. Et la première licence réactivée fut King of Fighters en 2016. » Puis la sortie d'une mini Neo Geo en 2018.

Un nouvel âge d’or du versus ?

Dès la prise en main, le nouveau Samurai Shodown fait son petit effet nostalgique, et selon Thomas Loreille, ce n’est pas dû au hasard : « Le nouvel homme fort de SNK est le producteur Yasuyuki Oda, qui a bossé sur les Fatal Fury et King of Fighters, avant de collaborer avec Capcom sur Street Fighter IV. Et l’on retrouve la même approche avec le reboot de Samurai Shodown, à savoir passer de la 2D à la 3D en respectant l’ADN de la série et le feeling de l’époque. »

Après Dragon Ball FighterZ et Mortal Kombat 11, et toujours l’indéboulonnable Street Fighter (V), Samurai Shodown 2019 confirme-t-il un retour du versus fighting, voire un nouvel âge d’or ? « Après Street Fight IV, le genre a connu une baisse de régime, d’autant plus que Street V n’a pas connu le même succès, réagit le big boss de Bas Gros Poing. Les cartes ont été redistribuées, et au lieu d’avoir un jeu qui écrase toute la concurrence, tu as plusieurs titres qui se partagent la scène : Street Fighter, Tekken, Dragon Ball, Mortal Kombat et Super Smash Bros., il ne faut pas oublier Super Smash Bros. Ils connaissent de bons résultats d’inscription et de stream, avec pour conséquence un milieu plus varié et moins dépendant d’un seul jeu. » Et avec un volet esport non négligeable mais très particulier - et sujet du manga français Versus Fighting Story.

Un esport de support

«SNK vise aussi l'esport avec Samurai Shodown, mais à sa manière, détaille Thomas Loreille. Il n’y a pas de ligues ou de gros chèques comme sur Fortnite, LoL ou Dota 2. Il s’agit plus d’un programme de support, auquel chaque tournoi peut adhérer. Il suffit de les contacter, de donner les détails de la compétition, et en fonction de l’importance de l’événement, ils peuvent donner du cash prize ou des lots. C’est une approche moins proactive, plus basée sur la communauté. Mais cela veut dire aussi que le désengagement d’un éditeur ne signifie pas la fin des tournois, contrairement à ce qui s’est passé avec Blizzard et Heroes of the Storm. » Trente ans plus tard, le combat du « versus fighting » continue.