VIDEO. Cannes: Le premier «écomusée sous-marin» de France va devoir attendre

INFO «20 MINUTES» Le préfet de région demande la réalisation d'une étude d’impact avant que des statues puissent être plongées au large des Îles de Lérins

Fabien Binacchi

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L'artiste anglais Jason deCaires Taylor en train de travailler sur l'une de ses sculptures
L'artiste anglais Jason deCaires Taylor en train de travailler sur l'une de ses sculptures — Jason deCaires Taylor
  • Annoncé en juillet 2018, le projet d’installer six sculptures monumentales sous l’eau au large de Cannes doit être reporté.
  • Le préfet de la région Paca demande la réalisation d’une étude d’impact avant que des statues puissent être plongées au large des Îles de Lérins.
  • La mairie de Cannes a déposé un recours.

Les sculptures sous-marines de Jason deCaires Taylor pourront-elles être immergées près des Îles de Lérins ? Pour cet été en tout cas, c’est râpé. Le préfet de région réclame une étude d’impact pour la création de cet « écomusée » inédit en France qui « induirait une augmentation du coût global du projet et des délais de réalisation, d’au minimum un an » supplémentaire, regrette la mairie de Cannes.

La municipalité indique à 20 Minutes avoir déposé un recours. Si le préfet ne lui donnait pas raison, elle pourrait encore saisir le tribunal administratif de Marseille. Mais « en tout état de cause, les conditions ne seraient pas réunies pour une inauguration durant l’été 2019 compte tenu des délais de procédures et de réalisation des œuvres d’art », précise-t-elle.

Un premier changement d’emplacement

Une mauvaise nouvelle donc pour la cité des festivals qui a réussi à négocier une exclusivité française de cinq ans avec l’artiste anglais. D’autant plus que la ville avait déjà dû revoir sa copie une première fois pour cette exposition comprenant cinq sculptures de 2 mètres et une sixième, horizontale, de 3,5 mètres. Suite à des recommandations de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal), un changement d’emplacement a été opéré.

Après un site à la pointe du Dragon, à l’ouest de l’île Sainte-Marguerite, c’est finalement un carré situé au Sud, à une profondeur comprise entre 3,5 m et 5 m, qui a été proposé. Soit une zone de 54 m2 « fortement anthropisée et particulièrement dégradée par l’homme [présence de macrodéchets] », que la ville s’engage à « nettoyer ».

Elle précise que le site envisagé a été validé par « le responsable du site Natura 2000 "Baies et Cap d’Antibes – Îles de Lérins" et par les associations environnementales présentes sur Sainte-Marguerite ». Elle défend ainsi un projet « culturel », mais aussi « écologique ».

Du « trafic supplémentaire » dans un secteur « sensible »

Et c’est justement sur ce second aspect que le dossier pose question. Pour la préfecture de région, l’installation, « à proximité immédiate d’herbiers de Posidonie », demande davantage d’investigations, notamment au vu du « trafic supplémentaire » que cette exposition pourrait générer dans un secteur « sensible » et « déjà fortement fréquenté » par les touristes et les plaisanciers, détaille l’arrêté préfectoral réclamant une étude d’impact.

Jason deCaires Taylor, dont des œuvres sont déjà exposées dans les Caraïbes, au large des Canaries ou encore au Mexique, avait fait le déplacement en juillet 2018. L’artiste anglais, qui s’est désengagé d’un projet similaire à Marseille, avait moulé les visages de Cannois volontaires, prêt à se voir immortaliser pour plusieurs années au fond de la Méditerranée.