VIDEO. Des bulles dans le rétro: Magie sur Netflix, Batman est mort, Zaroff à l’envers et Basquiat rayonne

BD Retour sur les bandes dessinées les plus recommandables publiées ces dernières semaines

Olivier Mimran

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The Magic order, Batman, Basquiat et Zaroff
The Magic order, Batman, Basquiat et Zaroff — © 2019 Netflix Global, LLC / DC Comics / éd. du Chêne / éd. Le Lombard

On n'a évidemment pas pu lire les centaines de BD franco-belge, comics et mangas parues ces dernières semaines… mais on a eu quelques coups de cœur parmi tous ces albums, les voici.

Le plus télégénique : « The Magic Order »

Si Mark Millar était hier l'un des scénaristes de comics les plus courus d'Hollywood (ses séries Kick-ass, Kingsman et Wanted ont été adaptées avec succès au cinéma), il promet désormais de faire les beaux jours… de Netflix ! 

Oui, parce que la plateforme de streaming a racheté à l'auteur écossais son « Millarworld » – une sorte de label indépendant des grands studios – en août 2017. Toutes les prochaines productions de Millar sont donc vouées à être publiées, puis adaptées en série télé par Netflix. Et The Magic Order, publié début mai chez Panini (19€), est la première d'entre elles.

Admirablement dessiné par le français Olivier Coipel (Thor, House of M etc), le premier volume de The Magic Order présente un univers – le notre – dans lequel la magie est secrètement, et dans une relative harmonie, exercée par différentes « familles »… jusqu'à ce que l'une d'entre elles soit décimée par de mystérieux dissidents. La série, que l'on attendait au tournant du fait de sa « griffe » Netflix, se révèle absolument cap-ti-vante ! On l'adore déjà en comics, alors autant vous avouer qu'on carrément hâte de la (re)découvrir – fin 2020, se murmure-t-il – sur petit écran.

Le plus traumatisant : « Batman - Les derniers jours du chevalier noir »

Clin d'oeil revendiqué aux cultissimes Derniers jours de Superman (1986), ce Batman - Les derniers jours du chevalier noir édité fin mai par Urban Comics (15,50€) doit être pris comme l'hommage rendu par le scénariste et écrivain britannique Neil Gaiman (Sandman, Coraline, American Gods etc) à son compatriote et « aîné », Alan Moore.

On y assiste à une veillée funèbre en l'honneur de Batman, dont on découvre qu'il été tué par Darkseid. À travers les témoignages de plusieurs personnages endeuillés, les principales incarnations du Chevalier noir sont évoquées dans ce one-shot déjà culte et qu'on peut apprécier sans avoir une connaissance encyclopédique du super-héros créé, en 1939, par Bob Kane et Bill Finger.

Le plus référencé : « Zaroff »

Librement inspiré du film Les chasses du Comte Zaroff (sorti en 1932 et lui-même tiré d'une nouvelle de Richard Connell), Zaroff en reprend naturellement l'intrigue.

Sauf que s'il est toujours question de chasse à l'homme, cette variation écrite par Sylvain Runberg et éditée fin mai au Lombard (16,45 euros) brouille les pistes en inversant habilement les rôles : le général Zaroff (un descendant du méchant d'origine) devient la proie et ses victimes des prédateurs. À moins que…

Palpitante car fourmillant de rebondissements, cette « suite » dessinée dans la plus pure tradition franco-belge est une telle réussite qu'on ne serait ni surpris, ni indigné de la voir transposée, à son tour, sur grand écran.

Le plus coloré : « Basquiat, l'enfant rayonnant »

Réalisée par l'italien Paolo Parisi en 2018 – soit trois décennies après la tragique disparition, à seulement 27 ans, du peintre américain Jean-Michel Basquiat –, cette bio dessinée éditée début mai au Chêne (19,90€) retrace admirablement la vie et la carrière de celui qui entretint une forte amitié avec Andy Warhol, roi du Pop-art.

En s'appropriant les couleurs vives qu'employait lui-même Basquiat, issu du graffiti urbain sous le peudo « SAMO » (de l'anglais Same Old Shit), l'auteur de Basquiat, l'enfant rayonnant illumine le destin d'un artiste qui a durablement marqué l'histoire de la culture underground.