Vitalic revient avec Dima, «on voit toujours le côté bling-bling de l’électro, mais il y a ce que j’appelle le vide»

TECHNO L’artiste Vitalic revenait au festival Marsatac à Marseille sous son ancien alias Dima, avec un retour vers la techno et l’underground

Propos recueillis par Adrien Max

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Dima lors de son set au festival Marsatac à Marseille.
Dima lors de son set au festival Marsatac à Marseille. — Léa Esposito
  • Après près de 20 ans de scène sous le nom Vitalic, Pascal Arbez-Nicolas revient sous l’alias Dima pour un retour vers la techno.
  • Parallèlement, il a également lancé un nouveau projet, Kompromat, avec la chanteuse de sexy sushi Rebeka Warrior et il espère sortir un nouvel album sous l’alias Vitalic en 2021 pour fêter ses 20 ans.

Un retour aux sources. L'artiste Vitalic, alias Dima pour l’occasion, revenait sous son premier nom de scène pour le festival Marsatac, samedi soir à Marseille. Un retour à la techno et à l’underground pour celui qui a électrisé ses shows sous le nom de Vitalic pendant près de 20 ans. Il confie à 20 Minutes les raisons de ce retour, qu’il a fêté en fermant la journée de clôture des Nuits Sonores à Lyon, « de la folie ».

Pourquoi reprendre l’alias Dima, près de 20 ans après ?

J’ai arrêté Dima en 2001. J’ai repris cet alias parce que j’avais envie de truc plus dur. Si je gardais Vitalic, j’allais faire un trop grand écart. Ceux qui ont aimé le disco n’allaient vraiment pas s’y retrouver. Du coup, j’ai repris Dima sans avoir la pression de refaire d'album, sans avoir la pression de retrouver une histoire. Revenir aux fondements de la techno qui sont de faire danser sans forcément faire passer de message. Dans Vitalic il y a beaucoup de storytellings, là il n’y en a pas.

C’est plus une envie de liberté ou une certaine forme de nostalgie ?

Alors moi de la nostalgie, je n’en ai pas beaucoup. Je m’amuse à avoir de la nostalgie sur la musique mais c’est plutôt un truc Vitalic. Dima, c’est orienté dancefloor, sur l’énergie, un peu d’expérimentations, mais je le pousse moins que Vitalic quand même.

Comment se sont passés vos premiers sets sous l’alias Dima ?

Je ne l’ai pas encore beaucoup joué. Je l’ai joué il y a deux semaines à Nuits Sonores, c’était vraiment la folie. J’ai fermé le closing du dimanche, on m’a demandé de jouer 1H30 c’était la première fois que je le faisais, c’était vraiment top, j’ai adoré.

Ça vous fait quoi de revenir à des sets plus technos ?

Je retrouve ce truc d’avant, sans la pression de jouer les tubes. Ce qui ne veut pas dire que ça m’embête de jouer les tubes. C’est excitant de travailler ton live à la dernière minute. De le peaufiner de semaine en semaine et de le présenter comme ça à la dernière minute. Vitalic, c’est une grosse machine qui ne permet pas trop de modifications en amont, même si mes équipes commencent à y être habituées. Tu ne peux pas tout bousculer, il y a une scénographie. Là, je modifie des trucs à la dernière minute et c’est jouer dans l’heure d’après.

David Guetta est revenu à ses premiers amours avec la House, notamment parce qu’il avait été marqué par la disparition d’Avicii, est ce que ça vous a impacté ?

J’ai voulu ce métier, et je fais ce que je voulais faire. Je n’ai pas la vie d’Avicii, je ne voyage pas en hélico et je n’ai pas tout un tas de filles à côté de moi. Mais tu peux ressentir du vide. C’est une machine plaisante, plein de gens aiment ce que tu fais, mais ce vide-là je le comprends très bien. On voit toujours le côté bling bling de l’EDM et du star-system en général. Et même si on se doute que ce sont des fantasmes, derrière il y a ce que j’appelle le vide. Quand tu joues cinq fois d’affilée pendant 3 semaines, à prendre des avions, c’est la fatigue physique mais c’est plus fort que ça. C’est « qu’est ce que je fais vraiment ? »

Justement quel est votre rapport à la notoriété ?

J’ai jamais recherché à être célèbre, ce n’est pas une fin en soi. C’est comme l’argent c’est un puits sans fin si tu cours après ça. Les vraies stars à plein temps, les Popstars, je ne pourrais pas supporter. Faire une dizaine de photos dans le public comme j’ai fait tout à l’heure c’est cool. Etre suivi quand tu vas chercher ton PQ, ça fait une pression difficile à supporter.

Vous allez poursuivre sur Dima, ou revenir à Vitalic ?

J’ai un troisième truc qui s’appelle Kompromat avec Rebeka Warrior, de Sexy Sushi. C’est un projet auquel je tiens beaucoup et on a une belle tournée aussi. Pour Dima je vais peut-être faire un maxi, mais pour de vrai j’aimerais sortir un Vtalic pour 2021, ce qui veut dire qu’il faut que je m’y mette maintenant.

Comment vous y retrouvez-vous dans tous ces projets ?

J’ai énormément de dates, mais c’est super. Je vais fêter mes 20 ans de Vitalic bientôt c’est quand même ouf. Des fois je me dis, quand j’étais étudiant, que j’ai acheté mon premier synthé à 400 francs, c’est ouf d’en être là. Je trouve ça dingue, je suis reconnaissant.

Au bout de plus de 20 ans de scène vous n’êtes pas lassé de tout ça ?

Non. Je ne prends jamais vraiment de grosses vacances. C’est quand même ma place, depuis que je suis gamin je veux être Jean-Michel Jarre. Jarre, c’est un des parrains de la techno quelque part. Aux Nuits sonores, un morceau de Jarre est passé, les gens sont devenus fous alors que ça a été fait en 1976. Et avec tous ces projets, qui n’étaient pas forcément prévus, je ne joue jamais deux fois la même chose dans la semaine. Si je ne joue pas au bout de deux semaines je commence à trépigner.