Nantes: Comment le Chronographe séduit le public en rendant l'archéologie ludique

JOURNEES DE L'ARCHEOLOGIE A Rezé, le centre d’interprétation tente de faire découvrir à un public non initié l’histoire méconnue de la ville gallo-romaine de Ratiatum. Ce week-end, son accès est gratuit dans le cadre des journées de l’archéologie

Frédéric Brenon

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Une famille lors d'une visite du Chronographe à Rezé.
Une famille lors d'une visite du Chronographe à Rezé. — S.Bonniol/Le Chronographe
  • Le Chronographe est ouvert depuis janvier 2017 à Rezé, près de Nantes. Sa fréquentation est, pour l’heure, supérieure aux attentes.
  • Parmi les pistes de développement du site, parvenir à séduire un public plus éloigné, notamment les touristes qui, aujourd’hui, ne « s’aventurent pas trop au-delà de la ligne verte​ ». Et renforcer le lien avec la zone de fouilles, peu lisible malgré sa proximité.

« Faire découvrir et expérimenter l’archéologie sous toutes ses formes. » Voilà l’objectif des 10es Journées nationales de l’archéologie​ qui se dérouleront ce week-end. En Loire-Atlantique, une dizaine de sites et chantiers de fouilles ouvriront leurs portes au public. Parmi eux, le Chronographe, à Rezé, près de Nantes, accueillera gratuitement les visiteurs durant deux jours.

Ce centre d’interprétation a été créé en janvier 2017 avec l’intention de faire découvrir au plus grand nombre l’histoire méconnue de l’ancienne ville portuaire gallo-romaine de Ratiatum. Deux ans et demi plus tard, le pari est en passe d’être réussi : plus de 60.000 personnes ont franchi l’entrée (33.000 en 2017, 26.000 en 2018).

« On ne s’attendait pas à ça »

« On a largement dépassé nos objectifs de fréquentation, confirme Pierre Bosquet, chargé de médiation. On est de mieux en mieux identifié et les retours sont très encourageants, y compris pour nos expositions temporaires. Ça valide notre démarche. » Outre la présentation de quelque 200 objets antiques du quotidien découverts lors de fouilles locales, le site accorde une grande place au numérique, à la manipulation et au jeu.

« On veut parler d’archéologie aux passionnés mais aussi à tous les curieux, aux familles et aux jeunes en particulier. On a des choses accessibles dès l’âge de 6-7 ans », justifie Pierre Bosquet. « On ne s’attendait pas à ça, commente Marine, mère de famille rezéenne. On imaginait quelque chose d’austère alors qu’en fait c’est assez amusant. Les informations sur la vie de l’époque sont très concrètes. Et puis le bâtiment offre un beau point de vue. »

Renforcer le lien avec les fouilles

Des pistes d’amélioration sont tout de même identifiées. Comme parvenir à séduire un public plus éloigné, notamment les touristes qui, aujourd’hui, ne « s’aventurent pas trop au-delà de la ligne verte ». Et renforcer le lien avec la zone de fouilles, peu lisible malgré sa proximité. « Ce n’était pas évident car le travail archéologique n’était pas fini. Et le site est aussi un espace vert traversé par les riverains. Mais on doit mieux faire », reconnaît Cécile de Collasson, la directrice.

« On proposera dès 2020 de nouveaux cheminements, un nouvel éclairage, qui permettront d’améliorer le parcours et la visibilité des vestiges, explique-t-elle. Le Prieuré, adossé à la chapelle Saint-Lupien, sera aussi aménagé pour accueillir des ateliers. » Pour 2020, le Chronographe prépare également une exposition « ambitieuse » sur le verre.

 

Les soins et la santé, nouvelle expo

Le Chronographe lance ce samedi une nouvelle expo inédite consacrée au soin et à la santé dans l’Antiquité. Médicaments, handicap, prise en charge des malades, soins apportés aux morts, inégalités face à la médecine seront expliqués et illustrés par une série d’objets. A découvrir jusqu’au 5 janvier.