Les plus vieilles traces d’usage de cannabis découvertes en Asie centrale

ARCHEOLOGIE Le cannabis aurait été utilisé il y a 2.500 ans lors d’un rituel dans un cimetière situé à plus de 3.000 mètres d’altitude 

20 Minutes avec agences

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Les plus anciennes traces d'utilisation du cannabis ont été découvertes en Chine.
Les plus anciennes traces d'utilisation du cannabis ont été découvertes en Chine. — Robert Layman/SI

Les effets du cannabis étaient déjà connus il y a 2.500 ans. C’est en tout cas ce qu’indique une étude publiée ce mercredi dans la revue Science advances. Le cannabis aurait ainsi été utilisé lors de cérémonies en l’honneur des dieux ou des morts sur un site du massif du Pamir, dans la province du Xinjiang (Chine).

Ces rituels, reconstitués par des archéologues à partir de fouilles dans le cimetière de Jirzankal situé à plus de 3.000 mètres d’altitude, représentent l’utilisation connue la plus ancienne du cannabis pour ses propriétés psychoactives.

« Nous avons trouvé les biomarqueurs du cannabis »

Sur place, les archéologues ont découvert dans huit tombes dix grands bols en bois contenant des pierres. Ils les ont analysés grâce à une technique de chromatographie (spectrométrie de masse), habituellement utilisée par la police scientifique. Le principe est que l’on sépare les composants chimiques pour les identifier au niveau moléculaire.

« A notre grande joie, nous avons trouvé les biomarqueurs du cannabis, et en particulier des composants chimiques liés aux propriétés psychoactives », explique Yimin Yang, coauteur et professeur à l’université de l’Académie chinoise des sciences. Les molécules détectées étaient essentiellement du cannabinol (CBN). Le principal ingrédient psychoactif du cannabis, le tetrahydrocannabinol (THC), devient du CBN au contact de l’air.

D’éventuels sacrifices humains

La découverte de harpes angulaires, des instruments utilisés dans les funérailles, et la composition des bols en bois de genièvre, qui émet une forte odeur de térébenthine, finissent de compléter le tableau rituel : des gens étaient rassemblés autour d’un épais nuage hallucinogène pour une célébration des morts.

Les tombes, elles, enfermaient à la fois une personne apparemment morte de cause naturelle, et des corps portant les stigmates de coups, signes laissant suspecter d’éventuels sacrifices humains. Des analyses ADN, en cours, permettront peut-être de savoir si les morts étaient de la même famille.