Journées de l'archéologie: A la découverte de l'Aqueduc romain du Gier, près de Lyon

A DECOUVRIR Les vestiges de l’aqueduc du Gier, édifié il y a plus de 2.000 ans, sont principalement visibles à Chaponost et Brignais (Rhône)

Elisa Frisullo

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L'aqueduc romain du Gier, à Chaponost, près de Lyon.
L'aqueduc romain du Gier, à Chaponost, près de Lyon. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • A l’occasion des Journées nationales de l’archéologie, qui se déroulent de vendredi à dimanche, plusieurs animations sont proposées au public pour découvrir l’Aqueduc romain du Gier.
  • Cet ouvrage fait partie des quatre aqueducs qui alimentaient Lugdunum.
  • Les vestiges de Chaponost, près de Lyon, constituent la plus longue enfilade d’arches d’aqueduc actuellement visible en France.

Sur les 92 arches qui composaient cette partie de l’aqueduc du Gier, 72 sont encore debouts. Des vestiges qui font du Plat de l'Air à Chaponost, près de Lyon, un site unique en France. A l’occasion des journées de l'archéologie, qui se déroulent de vendredi à dimanche partout en France, 20 Minutes a choisi de vous faire découvrir l’histoire de cet ouvrage, édifié il y a plus de 2.000 ans. Des vestiges d’exception autour desquels plusieurs animations sont proposées au public dans la métropole.

A quoi servait l’Aqueduc ?

L’aqueduc du Gier, dont les vestiges les plus importants sont visibles à Chaponost et à Brignais, était l’un des quatre ouvrages qui alimentaient Lugdunum en eau à l’Antiquité. Ce réseau était alors le plus important de l’empire romain, après celui de Rome. « Les Romains ont considéré qu’il n’y avait pas assez d’eau par rapport à la taille de la population. Ils ont alors essayé de repérer dans les massifs montagneux autour de Lugdunum des points d’eau », raconte Cécile Cordat, guide conférencière à l’office de tourisme de la vallée du Garon. Ainsi est née, au IIe siècle après J.C, selon les récentes datations faites par les archéologues, l’idée de construire des aqueducs.

Comment fonctionnait-il ?

Plus grand des quatre ouvrages alimentant la ville, l’aqueduc du Gier « part du pilat avec un captage dans l’eau du Gier (Loire) et parcourt 86 km en traversant 23 communes sur le territoire ligérien et dans le Rhône », ajoute la guide. Pour que l’eau s’écoule par la seule force de gravité, les Romains ont eu l’idée de capter l’eau en altitude (400m). Elle s’écoulait ensuite lentement en pente douce à travers un canal, positionné à 90 % de son tracé en souterrain, jusqu’à Fourvière. Sur les reliefs accidentés (vallées, vallons…), l’aqueduc a été aménagé en surface, comme à Chaponost ou Brignais. On estime que 15.000 m3 d’eau étaient acheminés en moyenne chaque jour grâce à l’aqueduc.

L'aqueduc du Gier à Chaponost, près de Lyon.
L'aqueduc du Gier à Chaponost, près de Lyon. - E. Frisullo / 20 Minutes

En quoi cet ouvrage est-il remarquable ?

Les vestiges de Chaponost, près de Lyon, « constituent la plus longue enfilade d’arches d’aqueduc actuellement visible en France », souligne Cécile Cordat. De par son architecture, l’ouvrage classé «monument historique», est également remarquable. Les arches sont constituées de pierres en forme de diamant qui étaient insérées dans le béton romain. Ce style architectural nommé Opus reticulatum était utilisé en Italie mais très rarement pour la construction intégrale d’un aqueduc. « Ce style de construction explique notamment que l’ouvrage, vieux de plus de 2.000 ans, ait été conservé en si bon état », ajoute la guide.

Pourquoi les archéologues travaillent-ils encore sur l’ouvrage ?

Dès lors que des chantiers sont menés aux abords du tracé de l’aqueduc, des fouilles sont menées par les archéologues comme c’est le cas aux abords de tous les vestiges. En 2018, en travaillant à Sainte-Foy-lès-Lyon sur un élément de l’aqueduc, les spécialistes ont découvert des planches de sapin. « Elles étaient utilisées par les Romains pour réaliser le coffrage de maçonnerie de l’aqueduc » , détaille Cécile Cordat. En étudiant ces planches, les archéologues ont découvert que les arbres utilisés pour les fabriquer avaient été arrachés aux alentours de 110 après JC. Cela a permis de dater avec plus de précision le moment de construction de l’aqueduc, jusqu’alors établie entre le Ier et le IIe siècle. 

Quel avenir pour ces vestiges ?

Pour maintenir les vestiges de l’aqueduc en bon état, des travaux de restauration sont indispensables. Mais ces chantiers sont coûteux. En moyenne, 30.000 euros sont nécessaires pour rénover une arche. Ces dernières années, la municipalité s’est engagée à entretenir l'ouvrage. Elle a reçu le soutien financier de la Fondation Total puis de la Fondation du patrimoine. En septembre dernier, elle a lancé une campagne de mécénat auprès des particuliers et des entreprises afin de récolter des dons. L’an passé, l’aqueduc du Gier a également bénéficié d’une enveloppe de 96.000 euros dans le cadre du loto du Patrimoine lancée par la mission Bern. Sur les 72 arches visibles à Chaponost, douze ont été restaurées en 2009 et 2010 et treize autres doivent l’être d’ici à fin 2020.

 

Rando découverte

Parmi les animations prévues autour de l’aqueduc en différents points de la métropole, l’office de tourisme de la vallée du Garon propose une randonnée commentée de 18 km samedi matin à Chaponost. Le public doit impérativement s’inscrire avant 17 heures ce vendredi à l’adresse mail contact@valleedugarontourisme.fr ou par téléphone au 04 78 45 09 52.