VIDEO. Calais: Un dragon géant pour redorer l'image de la ville après la crise migratoire

CULTURE Calais veut relancer son attractivité en accueillant de manière pérenne un dragon et d’autres machines qui déambuleront dans les rues

Frédéric Brenon

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François Delarozière, directeur de la compagnie La Machine, devant une esquisse du dragon de Calais.
François Delarozière, directeur de la compagnie La Machine, devant une esquisse du dragon de Calais. — F.Brenon/20Minutes
  • L’imposant dragon arrivera à Calais le 1er novembre puis restera dans la ville pendant au moins huit ans.
  • Il pourra transporter 50 personnes sur son dos, marcher, tourner la tête ou cracher du feu.
  • La maire de Calais compte sur ce projet « ambitieux » pour tourner la page de la crise migratoire.

Un dragon géant pour doper le tourisme et redorer l’image de la ville. C’est le projet fou présenté mercredi par la maire de Calais et la compagnie La Machine. L’idée est la suivante : une créature mécanique mobile au gabarit impressionnant (12 m de haut, 25 m de long pour 72 tonnes) débarquera sur le front de mer de Calais, en cours de réaménagement, du 1er au 3 novembre 2019. Le dragon participera à trois jours de spectacle puis restera sur place les années suivantes pour faire « partie intégrante du projet urbain ».

« Il pourra marcher, se lever, tourner la tête, déployer ses ailes, cracher du feu, de l’eau et de la fumée. Ça va être impressionnant. C’est la machine la plus complexe qu’on ait jamais réalisée », explique François Delarozière, directeur de La Machine, basée à Nantes.

Des iguanes et varans arriveront ensuite

La créature, activée par un moteur hybride et quatre machinistes, pourra embarquer une cinquantaine de personnes sur son dos, moyennant tarification (9,50 euros). Mais le plus étonnant, c’est qu’elle déambulera régulièrement dans la ville, empruntant « des couloirs de bus », traversant « des rues et des ponts », le long d’un circuit « en cours de définition » avec notamment des panneaux de signalisation « attention dragon ». « C’est cette insertion dans la circulation qui en fait une histoire folle. On viendra de très loin pour le voir », est convaincu François Delarozière.

Comme si cela ne suffisait pas, une dizaine de machines supplémentaires viendront rejoindre le dragon les années suivantes. « Il y aura des varans, des iguanes… Ils seront plus petits mais pourront transporter eux aussi des visiteurs », indique le créateur.

« Retombées économiques et médiatiques »

« Le Calais de demain s’inscrit sous nos yeux, le dragon en sera l’emblème, s’enthousiasme Natacha Bouchart, maire de Calais (LR). Après la crise migratoire que nous avons connue, après la douleur subie par les Calaisiens, ce projet ambitieux doit permettre de changer le regard des visiteurs et relancer l’attractivité de la ville. »

L’investissement, soutenu par l’Etat et la région Hauts-de-France, est important : 27 millions d’euros, étalés sur huit ans. Outre les machines elles-mêmes, le projet prévoit la construction, entre autres, d’une « nef » pour faire dormir le dragon, d’une boutique, d’un espace de restauration. L’équipement sera géré par une société publique locale baptisée La Compagnie du dragon.

« Les retombées économiques et médiatiques vont donner une image audacieuse de Calais et en faire une destination touristique de référence sur la Côte d’Opale », insiste Natacha Bouchart, rappelant avoir « perdu 3.000 emplois industriels en moins de dix ans ».

Deux ans de travail

Les travaux de construction du dragon ont débuté il y a un an et demi dans l’atelier de La Machine, sur l’île de Nantes. La créature, dont on devine déjà l’imposante structure, est constituée de bois résineux, de métal, de cuir et même de toile de bateaux (pour les ailes). Une cinquantaine de personnes participent au chantier.

Souvent confondue avec Royal de Luxe, la compagnie La Machine est spécialisée dans les spectacles éphémères et, désormais, les machines de ville. Elle est, notamment, l’auteur du Grand éléphant de Nantes ou du Minotaure de Toulouse. C’est elle aussi qui a réalisé le cheval-dragon Long Ma, lequel s’était déjà produit à Calais en 2016.

Ses détracteurs lui reprochent les ressemblances entre ses créations, gâchant un peu l’originalité du concept. « Nous ne développons pas une recette, se défend François Delarozière. Chacun de nos projets est unique. Nous avons été amenés à nous intéresser aux projets urbains. Mais nos propositions sont propres à chaque lieu. »