VIDEO. E3 2019: «"Call of Duty: Modern Warfare" montre la guerre de la manière la plus réaliste possible»

JEU VIDEO Avant sa sortie le 25 octobre, le nouveau « Call of Duty : Modern Warfare » s’est dévoilé à l’E3 et se veut le plus authentique possible. Mais attention aux polémiques

De notre envoyé spécial à Los Angeles, Vincent Julé

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«Call of Duty : Modern Warfare» veut être le plus authentique possible, et explorer les zones grises de la guerre
«Call of Duty : Modern Warfare» veut être le plus authentique possible, et explorer les zones grises de la guerre — Activision
  • 20 Minutes a pu assister à la présentation du prochain Call of Duty à Los Angeles.
  • Après des bonds dans le passé et le futur, la franchise revient à l’histoire contemporaine.
  • Les concepteurs veulent confronter le joueur à toute la « complexité » des zones de guerre.

« Alors, ça vous a plu ? », demande le modérateur une fois les lumières rallumées. Dans la salle, le silence. Un groupe de journalistes vient d’assister à une présentation du prochain Call of Duty : Modern Warfare à l'E3 de Los Angeles, et parler de « plaisir » semble excessif, inapproprié. En effet, pendant un quart d’heure, il a suivi des forces spéciales en pleine infiltration dans une petite maison londonienne, suite à une attaque terroriste. Rien ne lui est épargné : la tension à couper au couteau, les balles qui fusent à travers les murs. Et surtout ces moments où il ne sait pas s’il a devant lui un civil ou un terroriste. Comme lorsqu’une femme se retourne, non pas pour prendre une arme, mais son bébé.

Les zones grises de la guerre

Après un bond dans le futur (Advanced Warfare) et même l’espace (Infinite Warfare), puis un retour aux sources avec WWII, la franchise Call of Duty revient à une période contemporaine et à sa série la plus connue et la plus polémique, Modern Warfare, dans un chapitre attendu pour octobre. « Attention, ce n’est pas Modern Warfare 4, commente Taylor Kurosaki, directeur narratif du studio Infinity Ward, mais une totale réimagination dans le monde d’aujourd’hui, où les ennemis sont moins définis et identifiables qu’avant et avec ce que cela implique : les dommages collatéraux. Ce jeu est le plus réaliste et authentique que nous ayons jamais fait. Il confronte le joueur à un monde moralement complexe, tout droit sorti des journaux télévisés, et explore les zones grises de la guerre. »

« Es-tu un psychopathe qui tire sur tout ce qui bouge ? »

Ce n’est pourtant pas exactement ce que la mission londonienne montre, où tout le monde est tué sans sommation, et où, par deux fois, des femmes présentées comme innocentes se révèlent terroristes. Sauf, bien sûr, celle qui porte un bébé. D’ailleurs, Taylor Kurosaki précise qu’il n’est pas possible de la tuer, ni elle, ni son enfant. Une réponse en contradiction avec celle donnée par Jacob Minkoff, en charge du design de la campagne solo, au site américain Kotaku : « Si vous ne vous comportez pas comme un bon soldat, le jeu échouera. Et si vous faites votre travail ? Le jeu tentera de déterminer si vous avez tué ce bébé intentionnellement ou accidentellement. Es-tu un psychopathe qui tire sur tout ce qui bouge, ou un être humain qui veut faire son travail, qui a commis une erreur, et qui s’en veut ? C’est ce que nous voulons que le joueur ressente. »

Tous les points de vue

A noter qu’une autre mission, ou plutôt un flash-back, a été dévoilée à la presse, mais pas à 20 Minutes, sans véritable explication et peut-être par manque de temps, où le joueur est placé dans la peau de Farah, une fillette du Moyen-Orient qui assiste à la mort de ses parents, tués par des soldats russes. Une approche différente, intéressante. « Modern Warfare a toujours voulu montrer les conflits sous plusieurs points de vue, et nous allons plus loin avec ce nouveau jeu, explique Taylor Kurosaki. La guerre n’est plus seulement loin, là-bas, mais chez nous, à la maison, et la question se pose de savoir comment y répondre. Call of Duty n’est pas un jeu pro guerre, il est un commentaire, une critique. La guerre est impitoyable, et il y a des gens, des personnes très spéciales, qui mettent leur vie en jeu pour protéger les autres. Ce n’est pas à prendre à la légère. »

Attention à la polémique

Soldats, civils et même terroristes, Call of Duty : Modern Warfare devrait épouser et rendre compte de tous les angles sur un conflit, comme le révèle Jacob Minkoff, toujours à Kotaku : « Les méchants se voient aussi comme les héros de leur propre histoire. Vous pouvez ne pas être d’accord avec un personnage et ses actions, et vous pouvez finir par le qualifier de terroriste ou de méchant, mais vous devez comprendre pourquoi il se bat ». Mais attention, le jeu est risqué, et Call of Duty n’est pas l’abri d’une nouvelle polémique, comme pour Modern Warfare 2 il y a dix ans, où le joueur, sous couvert d’infiltrer un groupe terroriste russe, participait à un massacre d’innocents dans un aéroport.