VIDEO. Nantes : Des déchets industriels, devenus œuvres d’art, vendus aux enchères

RECYCLAGE A Nantes, l’exposition « Obsolescence déprogrammée » est visible pendant quelques jours. Visite guidée

Julie Urbach

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Plusieurs oeuvres de l'expo
Plusieurs oeuvres de l'expo — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le Lieu Unique accueille une exposition originale, à l'intiative du collectif Arty show.
  • La grande majorité des oeuvres ont été réalisées à l'aide de déchets récoltés dans des entreprises de la région nantaise.
  • La moitié des pièces sont signées d'artistes locaux, le reste de personnes handicapées mentales.

Très tendance dans la mode ou la déco, et si la récup s’immisçait aussi dans les galeries d’art ?  A Nantes, une étonnante exposition a ouvert ses portes au Lieu Unique, pour quelques jours seulement (jusqu’à mercredi, entrée libre).

Appelée « Obsolescence déprogrammée », elle propose plusieurs dizaines de sculptures, tableaux, collages, etc. élaborés à l’aide de déchets industriels d’une cinquantaine d’entreprises de la région nantaise. La moitié des œuvres sont signées par des artistes, l’autre par des adultes handicapés. Mercredi, une partie d’entre elles sera mise aux enchères. Le reste est également en vente à des prix variés, de 30 à 6.000 euros.

A partir d’hélices de bateaux en bronze fondues, plusieurs têtes sont nées des mains d’un sculpteur. A côté, des panneaux solaires défectueux ont été agrémentés de petits personnages colorés, pour un résultat très graphique. L’artiste nantaise Céline Dervaux, elle, présente son « cycle concentrique » grâce à la collecte puis au collage de quelque 6.000 piles boutons usagées, une opération qui lui a demandé « au moins deux mois ». On aime aussi ce buste ou cette tête à coiffer, recouverts de touches de claviers d’ordinateur pour l’un, de fusibles électriques pour l’autre.

Vente aux enchères

Au fond de la salle, un assemblage de composants électroniques intrigue. « On a imaginé une ville futuriste, avec de grandes tours et des grues, raconte Abdel Benchama, éducateur au foyer du Loroux Bottereau, dont les résidents ont créé plusieurs œuvres. On a démonté les ordinateurs, trié les pièces… »

« C’est intéressant car on se sert des formes, couleurs, textures, explique le peintre Sébastien Bouchard, qui détourne des panneaux de signalisation et vieux plateaux. C’est une contrainte créative mais parfois utile, car elle permet de partir de quelque chose. »

Mercredi soir, une trentaine de ces œuvres seront vendues aux enchères (les prix de réserve oscillent également entre 30 à 5.000 euros). Une grande partie des bénéfices sera reversée à l’Adapei 44 et son fonds « Handicap, agir ensemble ». « L’objectif est que chacun s’y retrouve, et puisse ramener quelque chose chez soi, commente Caroline Wils, du collectif Arty show, à l’origine de cette expo inclusive. Le fait que le Lieu Unique ouvre ses portes à cet « art brut », c’est vraiment fabuleux. »