«Demon Slayer», «Dororo», «Sarazanmai»... Les séries animées japonaises du printemps fleurissent

SUGOÏ Démons rugissants, musique du futur, kappas facétieux, lames et amitié... La livraison d'animes du printemps est arrivée

Benjamin Benoit

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Sarazanmai, les tribulations queer de trois petits tokyoïtes.
Sarazanmai, les tribulations queer de trois petits tokyoïtes. — ©ikunirapper/shiricommanders sarazanmai
Tous les trois mois, la télévision japonaise fait tourner un grand nombre d’animes, par groupe de douzaines d’épisodes. La plupart sortent via les quelques plateformes de diffusion légales en France, et les meilleures valent toutes le coup. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que ça raconte ? Où les regarder ? Voici notre sélection d’avril à juillet.

Demon Slayer : Kimetsu No Yaiba

Certes, sur Wakanim, on peut aussi suivre les derniers épisodes de l’Attaque des Titans, où tout bouge enfin un peu. Mais ce serait oublier l’adaptation animée de Demon Slayer, un énorme succès du magazine Shonen Jump, écurie des plus grands (Naruto, One Piece et consorts). La publication française de Panini Manga est, pour le dire diplomatiquement, plus discrète. Dans le Japon de l’ère Taisho, le jeune Tanshiro voit toute sa famille assassinée par un démon… mais sauve in extremis sa petite sœur, à moitié zombifiée. Il va chercher l’assassin responsable, et suriner du démon à la chaîne. C’est beau, d’une grande fluidité, et efficace comme les œuvres sus-citées.

24 épisodes en cours de diffusion sur Wakanim.

Sarazanmai

Peut-être connaissez-vous Kunihiko Ikuhara, rare figure queer de la pop-culture japonaise, et papa d’Utena, la fillette révolutionnaire. Il est marié à un concept : dans toutes ses séries, chacun des épisodes répète la moitié de ses séquences, et cache son propos sous de multiples couches de métaphores. C’est profond, mais parfois un peu compliqué à suivre. Ici, on suit les tribulations de trois collégiens qui se transforment en kappas – des esprits-tortues du folklore yokai - pour soutirer la convoitise des gens (qui se trouve être toujours logée dans le popottum). C’est perché, pas accessible, mais aussi détaillé que progressiste. Cet anime sublime le quartier d’Asakusa, à Tokyo, c’est à voir si cette ville vous fait rêver !

11 épisodes en cours de diffusion sur Wakanim.

Carole & Tuesday

S’il ne fallait en garder qu’un anime, ce serait sans doute Cowbow Bebop. Son réalisateur, Shin’ichirō Watanabe, vient de livrer sa dernière copie, encore une œuvre futuriste et faite avec l’Occident en tête. Dans Carole & Tuesday, nous sommes sur une planète Mars fraîchement colonisée. Les deux personnages titulaires se rencontrent, cohabitent, font de la musique et finiront par provoquer « le miracle de Mars », un évènement qui pourrait révolutionner le monde du son. En attendant, on suit leur progression, leurs premières salles et les premiers déboires de ce groupe naissant. Véritable collaboration mondiale (avec des animateurs français sur le coup) Carole & Tuesday est un univers charmant, coloré, techniquement impeccable, et dont la structure invite au bing watching. C’est la bonne et mauvaise nouvelle : c’est récupéré par Netflix, donc avec un bon doublage français à venir, mais potentiellement reporté aux calandes grecques !

24 épisodes en cours de diffusion, à venir sur Netflix.

Dororo

En plein Japon médiéval, un seigneur de guerre fait un pacte avec les démons pour retrouver paix et prospérité. Son tribut ? Son dernier-né, qui vient au monde sans peau, membres, yeux ou sens. On retrouve ce dernier seize ans plus tard, avec un corps artificiel et des lames forgées à la place des bras : à chaque fois que Hyakkimaru dézingue un démon, il retrouve une partie de son corps. Dororo, c’est un enfant facétieux qui l’accompagne dans ses aventures, et qui va voir son compagnon redevenir de plus en plus humain… mais avec de plus en plus de sang sur les mains. Ce pitch très littéraire est une adaptation carrée d’un manga d’Osamu Tezuka. La technique pêche parfois un peu, mais c’est le seul défaut de cet anime noir d’encre, ludique et crépusculaire.

24 épisodes en cours de diffusion sur Amazon Prime.

Hitorribocchi

Certains animes ont une propriété étonnante : ils débranchent le cerveau, et ne font plus penser à rien. C’est un genre qualitativement inégal, mais Hitorribocchi en est un digne représentant. Quelque part entre deux sous-genres aimés des otakus, le moe et la tranche de vie, ça raconte l’entrée au collège de Bocchi, une fille solitaire. Sa seule amie, qu’elle ne verra plus au quotidien, lui a lancé un ultimatum : elle ne lui reparlera que si elle ne se fait des nouvelles copines. Bocchi décide donc de devenir amie avec, littéralement, toute sa classe.

Une quête pure et pas très cérébrale, comme l’anime. Un peu lent et mou, il peut cependant plaire aux fans du genre, et à ceux qui aiment se relaxer devant des sitcoms sans stress ou sans enjeux. Et si vous voulez passer à une histoire similaire en beaucoup plus méchante, il y a toujours Watamote.

12 épisodes en cours de diffusion sur Crunchyroll.