Rennes: «La Vilaine», une nouvelle revue de BD qui prend la ville pour décor

9E ART Une trentaine d’auteurs se sont associés pour le premier numéro de la nouvelle revue BD « La Vilaine », qui sortira en septembre. Dans toutes les histoires, Rennes devra y avoir sa place

Manuel Pavard

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Loïc Gosset et Guillaume Fournier (aka Lomig), deux des auteurs à l'origine de la revue La Vilaine.
Loïc Gosset et Guillaume Fournier (aka Lomig), deux des auteurs à l'origine de la revue La Vilaine. — M. Pavard / 20 Minutes
  • Des auteurs de bande dessinée rennais se sont associés pour lancer une nouvelle revue consacrée au 9e art baptisée La Vilaine.
  • Toutes les histoires devront avoir Rennes pour décor, soit par l’insertion de lieux ou bâtiments emblématiques de la ville soit par de simples clins d’œil.
  • L’association pilotant le projet lance une campagne de financement participatif début juin, avant le lancement du premier numéro prévu pour la rentrée prochaine.

Le lycée Emile-Zola, le parc des Gayeulles, la place Sainte-Anne, les tours des Horizons, l’Elabo, les berges de la Vilaine… Tous ces lieux emblématiques de Rennes se retrouvent croqués et représentés dans le premier numéro de La Vilaine, disponible à la rentrée prochaine. L’aboutissement d’un pari lancé il y a plus d’un an par un collectif d’auteurs de bande dessinée rennais : réaliser une revue de BD dont toutes les histoires se déroulent à Rennes.

Le projet est né au début 2018 dans la tête de quatre anciens collègues de fanzines locaux. Parmi eux, Loïc Gosset, 37 ans, et Guillaume Fournier, aka Lomig, 40 ans. Tous deux ont suivi des parcours différents ces dernières années – le premier est illustrateur, le second auteur de BD professionnel – avant de se retrouver pour lancer un appel à tous les passionnés de bande dessinée de l’agglomération.

Seule contrainte, les histoires ont pour décor la ville de Rennes

Très vite, une cinquantaine de personnes s’impliquent dans le projet et enchaînent les réunions durant des mois, soutenus notamment par les Champs Libres. Toutes les décisions sont soumises au vote, à commencer par le nom de la revue, La Vilaine supplantant Gazette Saucisse ou Mille Thabor. Le concept de départ, lui, est volontairement flou. « On a voulu réunir un maximum de personnes avec des univers différents, raconte Lomig. L’idée, c’était que les gens créent eux-mêmes le style de la revue, sans ligne éditoriale imposée. »

Une planche de Loïc Gosset représentant la Vilaine.
Une planche de Loïc Gosset représentant la Vilaine. - Loïc Gosset

Seule contrainte, précise Loïc Gosset, « les histoires doivent avoir pour décor la ville de Rennes ». Avec toutefois une petite nuance, « on ne veut pas que les récits parlent de Rennes, simplement qu’ils s’y déroulent ». Cela peut ainsi se manifester par l’incrustation de lieux ou bâtiments symboles de la capitale bretonne ou par de simples clins d’œil. « On a une histoire fantastique où la première scène se passe dans la bibliothèque du lycée Jeanne-d’Arc, illustre Loïc Gosset. Mais c’est la seule référence rennaise dans celle-ci et seules les personnes qui la connaissent feront le lien. »

Des histoires classées dans des rubriques thématiques

Au total, une trentaine d’auteurs participent à ce premier numéro : des professionnels comme des amateurs, des scénaristes, des illustrateurs, des graphistes, des étudiants, et même « des débutants dont c’est la première BD », indique Lomig, qui souligne également avec fierté la présence de « presque 50 % de filles ». Tous ont simplement en commun d’être des passionnés du 9e art. Pour le reste, les styles graphiques sont aussi variés que les profils des dessinateurs et la couleur voisine avec le noir et blanc.

Ce numéro inaugural de 150 pages réunit des histoires de dix pages maximum, la moyenne tournant autour de trois ou quatre pages. Créées spécifiquement pour la revue, celles-ci sont classées dans des rubriques thématiques. Loïc Gosset détaille : « La première comporte des récits de fiction contemporains qui s’entrecroisent, sinon il y aura des rubriques humour, historique, fantastique et surnaturel, et social, avec des récits plus réalistes. » « On en a aussi une dernière en construction sur la BD reportage », complète Lomig.

Une revue vendue en librairie

Pour financer l’impression du premier numéro, tiré à environ 500 exemplaires, l’association La Vilaine lance le 3 juin une campagne de crowdfunding sur Ulule, avec pré-achat de la revue. Date de sortie prévue : le 22 septembre, à l’occasion du festival de BD Pré en Bulles à Bédée (Ille-et-Vilaine).

La Vilaine sera vendue à 18 euros en ligne et dans les librairies rennaises – sur le modèle de XXI ou de La Revue Dessinée. Pour l’instant, une périodicité annuelle est envisagée mais les auteurs l’assurent, ils ne comptent pas se limiter à un coup d’essai. La Vilaine est désormais prête à se jeter à l’eau.