Hip-Hop: Zola, un rappeur qui oscille entre «mec bien» et «bad boy»

RAP Révélation de ce début d'année, le rappeur se produira dimanche au festival We Love Green à Paris

Clio Weickert

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Le rappeur Zola.
Le rappeur Zola. — Ojoz
  • Le rappeur Zola se produira au festival We Love Green à Paris le week-end prochain.
  • « 20 Minutes » a rencontré la révélation rap de ce début d’année.

Si le premier a marqué l’histoire de la littérature, celui-ci trouvera peut-être sa place au Panthéon du rap game. Du haut de ses 19 ans, Zola est l’une des révélations de ce début d’année. Celui qui s’est fait connaître avec des titres comme Extasy ou California Girl (repris dans la BO de Taxi 5), rencontre son petit succès depuis la sortie de son premier album Cicatrices en avril dernier, le même jour que la déferlante PNL, originaires tout comme lui du département de l’Essonne. S’il est encore bien loin du succès des deux frérots, Zola poursuit son ascension doucement mais sûrement, et s’approche petit à petit des 50.000 ventes, et du tant convoité disque d'or.

Autre point commun avec les deux frères, une certaine nonchalance dans l’attitude, un amour certain pour son quartier, et un jeu perso. « Je suis de mon côté. Les autres rappeurs se connaissent, se parlent… Mais moi je ne parle pas avec les autres », expliquait-il à 20 Minutes, quelques jours avant son concert le 2 juin au festival We Love Green à Paris. Mais le jeu des ressemblances s’arrête ici. Ce qui obsède le jeune homme et habite ses textes, c’est l’argent, les interdits et les roues arrière. Zola teste les limites. Et cumule les clichés ? Petit tour d’horizon de l’univers bourré de paradoxes du jeune rappeur.

Zola vient de l’Essonne… mais pas seulement

S’il est né et vit actuellement dans le 91, le rappeur a vécu durant son adolescence dans un département de l’est de la France, dont Zola n’aime pas se vanter. « Je suis le seul à être revenu ici, je ne suis pas fier d’être parti là-bas », élude-t-il. Tout comme la nature de ses cicatrices, auxquelles il dédie le titre de son album. « Je n’ai pas trop envie de rentrer dans les détails, mais il y a eu des cicatrices physiques, des petites balafres, et des trucs dans la vie qui n’ont pas été très faciles, c’est pour ça que je l’ai appelé comme ça. Mais dans l’album je ne parle pas vraiment de ces moments-là », explique-t-il. Zola ouvre la porte, et la referme aussitôt.

Zola aime les jeux vidéo… mais n’y joue plus

« L1, L2, R1, R2/Haut, bas, gauche, droite », débite-t-il dans le titre Baby Boy, faisant référence à un code de triche dans le jeu vidéo GTA. « Je suis un grand fan depuis San Andreas », précise-t-il. Pourquoi ? « Sur une console tu peux tout faire. Tu peux voler, tuer, tu peux faire des codes où tu as plein d’argent et tu te vois dans le personnage. Après je ne me voyais pas tuer des gens non plus, mais dans le jeu tu es totalement libre, tu fais ce que tu veux ». Mais ça c’était avant. « Je ne joue plus, révèle-il, j’ai la flemme et j’ai d’autres trucs à faire. »

Zola est provoc… mais pas n’importe quand

Fumer des produits illicites par exemple, ou faire des roues arrière dans son quartier. « J’aime les acrobaties et aussi le fait qu’on n’ait pas le droit d’en faire, explique-t-il avec malice. Ça rajoute de l’adrénaline et quand tu en fais avec tes potes dans la ville, ça fait du bruit partout, c’est un truc de fou. ». Une image de bad boy qui contraste avec le jeune homme calme et réservé qui fait face à 20 Minutes. « J’ai deux côtés, reconnaît Zola. Devant la famille ou côté professionnel, je fais le mec bien. Mais ça reste moi, je ne joue pas de personnage. Et quand je suis dans la street je suis en mode bad boy. Je m’adapte entre les deux. »

Zola aime la thune, le bling… et l’épargne

« Je n’étais pas du tout dans cette optique mais là je kiffe ! Je commence à trop kiffer les sapes de luxe, les grosses voitures, les femmes… Tout ! Je n’avais pas accès à tout ça avant et là je commence à trop kiffer, c’est dangereux », dévoile-t-il avec une franchise assez déconcertante. Sa came vestimentaire ? Gucci. « Avant je ne mettais que du faux, maintenant je peux acheter du vrai, j’aime bien ! », répond-il avec un certain amusement. Plus loin dans la conversation, Zola persiste et signe, les pépettes font tourner la tête : « Le succès c’est pire parce que tu prends la grosse tête. Mais l’argent… Tu peux faire des trucs ! Ça change ma vie en fait ! Mais il faut que je garde les pieds sur terre ».

Et la tête sur les épaules. Car si Zola flambe un peu, le rappeur a aussi des projets immobiliers. « Là je fais mon rap et je mets de côté, et après je vais investir tout ça dans la pierre. Je suis en train de voir ça avec mon banquier. Le rap ça peut s’arrêter vite. Je ne peux pas me permettre de dépenser tout ce que j’ai, c’est pour ça que je veux investir. Je sais que ça peut s’arrêter du jour au lendemain », explique-t-il avec sagesse. « Manger ou être mangé », s’interroge-t-il dans Cicatrices, du haut de son jeune âge Zola a fait son choix.