We Love Green: «On est en train de devenir un festival de cuisine»

GASTRONOMIE Le festival parisien accorde une place de premier ordre à sa programmation... culinaire

Benjamin Chapon

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Le Food Corut du festival We Love Green en 2018
Le Food Corut du festival We Love Green en 2018 — We Love Green
  • Le festival We Love Green accueille plus de 50 restaurants pour rassasier ses visiteurs mélomanes.
  • L’expérience culinaire est devenue un élément central de la programmation des festivals.
  • Les festivals sont devenus curieux et exigeants et veulent à la fois des classiques et des découvertes parmi l’offre gastronomique.

We Love Green a, bien sûr, plusieurs têtes d’affiche et découvertes musicales à son programme. Mais le festival parisien militant peut aussi compter sur une excellente programmation… culinaire. « Les gens s’intéressent de plus en plus à ce qu’ils mangent et à ce qu’ils boivent. Alors forcément les festivals, de musique ou d’autres choses, sont dans le même mouvement, note Thomas Grunberg, chef de projet de la restauration du festival. A We Love Green, chaque année, on étoffe notre offre de restauration pour qu’elle soit de plus en plus large et pointue. »

90.000 repas ont été servis en 2018 pendant les deux jours de festivals. Cette année, la barre des 100.000 pourrait être atteinte. « Il y a quelques années, on avait uniquement des  offres de street food, explique Thomas Grunberg. Aujourd’hui, on a de plus en plus de chefs, étoilés ou non, qui n’avaient pas trop l’habitude de sortir de leur cuisine, et qui tentent le coup avec nous. » Un coup d’œil à la carte des 50 restaurants présents sur le festival suffit à donner faim. Et la créativité est au rendez-vous.

Les restaurateurs prennent des risques

« Chaque année, il y a un appel à candidature avec un cahier des charges très lourd, y répondre demande beaucoup de travail alors on accompagne les prestataires, reconnaît Thomas Grunberg. Comme on est un festival écolo et engagé, on a une grosse exigence sur la traçabilité et l’origine des produits, on cherche à réduire les protéines animales aussi, et on évite les matières premières dont la production a un impact sur l’environnement… On demande énormément de choses. »

Si certains festivaliers ont parfois râlé sur les prix ou les temps d’attente, les organisateurs du festival expliquent vouloir améliorer les choses petit à petit, en concertation avec les restaurateurs. « L’objectif c’est que tout le monde soit content : nous et les festivaliers, mais aussi les restaurateurs. Souvent, ils prennent un risque financier en venant, il faut qu’ils s’y retrouvent. »

Les festivaliers picorent

Mais un petit tour sur les forums dédiés aux festival suffit à comprendre que l’expérience culinaire est désormais presque aussi importante que les concerts pour les festivaliers. « On est en augmentation permanente, on est en train de devenir un festival de cuisine ! La restauration est l’un des deux postes les plus importants. » Après les concerts donc, mais jusqu’à quand ? « Il y a des enjeux de plus en plus fort autour de la restauration, la filière se structure, les grands chefs ont des agents… », explique Thomas Grunberg pour qui la programmation de l’offre culinaire d’un festival comme We Love Green rejoint déjà, dans le mode de fonctionnement, la programmation des artistes musicaux : « Il nous faut des têtes d’affiche, des découvertes, des new comers dont tout le monde parle… »

Et comme pour l’offre musicale, les festivaliers viennent désormais dans le food court de We Love Green pour picorer et découvrir. « Les comportements changent, observe Thomas Grunberg. Avant, les festivaliers venaient manger une fois un seul plat qui tient au corps. Aujourd’hui, ils ont tendance à venir plusieurs fois pour goûter plusieurs choses. Du coup, on invite les chefs à faire des tests, parfois il y a des échecs, parfois des réussites. Cette année par exemple, on lance un bar à saké. On verra ce que ça donne. »