Bordeaux: Asobo Studio crée l'événement avec «A Plague Tale», son premier jeu 100% maison

GAMING Le créateur de jeux vidéos Asobo Studio, basé à Bordeaux, sort ce mardi sa première production 100 % maison, « A Plague Tale », une aventure qui se déroule au Moyen-Age

Mickaël Bosredon

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Le jeu A Plague Tale a été développé par le studio bordelais Asobo.
Le jeu A Plague Tale a été développé par le studio bordelais Asobo. — Asobo Studio
  • Référence dans le monde du jeu vidéo depuis plus de 15 ans, Asobo Studio sort ce mardi sa première production maison, «A Plague Tale».
  • Il aura fallu quatre ans au studio bordelais pour concevoir et développer ce jeu qui se déroule dans le grand Sud-Ouest, au moment de la Peste noire du XIVe siècle.
  • Depuis les premières previews il y a un mois et demi, une véritable attente s'est développée autour de la sortie de ce jeu vidéo.

« Ce buzz depuis un mois et demi autour de notre jeu est incroyable, on n’en revient toujours pas », assure Kevin Choteau, un des directeurs d’Asobo Studio, ce créateur de jeux vidéos basé à Bordeaux. Il sort ce mardi « A Plague Tale: Innocence », sa première production 100 % maison, en partenariat avec l'éditeur de jeux vidéos Focus. Après les premières previews, l'annonce de la sortie du jeu a effectivement généré une véritable petite «hype» dans le milieu.

« C'est un tournant pour nous », affirme Aurélie Belzanne, responsable de la communication d’Asobo. S’il en est à son vingt-deuxième opus, ce studio bordelais fondé en 2002, ne s’était illustré jusqu’ici que dans des commandes. Et même si certaines étaient prestigieuses, comme ce partenariat avec Microsoft pour HoloLens en 2016, créer de toutes pièces un jeu, c’est une autre affaire.

« Opposer l’innocence à la cruauté du monde »

Il aura fallu quatre ans, dont deux ans et demi de production, pour accoucher de « A Plague Tale ». L’histoire démarre dans un village médiéval non loin de Saint-Emilion, et se développe dans le grand Sud-Ouest, de Bordeaux aux Pyrénées en passant par la Dordogne. En pleine Inquisition, cernés par l’avancée de hordes de rats, Amicia et son petit frère Hugo vont devoir survivre dans cet environnement impitoyable.

Dans la peau d’Amicia, le joueur a pour mission de protéger Hugo et de déjouer les nombreux pièges qui lui sont tendus. « Nous nous sommes rapidement orientés vers le jeu d’aventure à la troisième personne, et nous avons voulu construire l’histoire autour de ces deux enfants, pour opposer l’innocence à la cruauté du monde, raconte Kevin Choteau. Nous nous sommes concentrés sur le grand Sud-Ouest, puis en piochant dans les livres d’histoire nous sommes tombés sur la période de la Peste noire, située dans le premier tiers de la Guerre de Cent Ans. Avec l'Inquisition en toile de fond, on avait tout ce que l’Humanité a pu faire de pire au même endroit, au même moment, et c’était une excellente trame pour raconter une histoire. Cela dit, même s’il y a plein d’anecdotes historiques, on prend des libertés : «tale», c’est le conte, donc on s’inspire de la réalité pour la détourner. »

Une autre création de jeu à venir

La production a coûté environ 10 millions d’euros, et mobilisé quelque 45 personnes. « Ce qui n’est rien comparé à certains blockbusters qui peuvent coûter 10 à 20 fois plus, et employer jusqu’à 900 personnes », souligne Kevin Choteau.

« Cette fois nous avons l’occasion de montrer l’âme de notre studio, et on devient de véritables créateurs », s’enthousiasme le directeur, qui annonce qu’Asobo s’est déjà engagé dans une autre création avec son partenaire Focus.