«Game of Thrones»: Du feu, du sang et des larmes… Notre résumé du cinquième épisode de la saison 8

«SPOILER IS COMING» Attention, on vous raconte l’essentiel de l’épisode 5 de la saison 8 de « Game of Thrones », diffusé cette nuit sur OCS City

Benjamin Chapon

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L'actrice Emilia Clarke jouant Daenerys dans la série «Game Of Thrones». HBO
L'actrice Emilia Clarke jouant Daenerys dans la série «Game Of Thrones». HBO — HBO

Alors celui-là, on ne l’avait pas vu venir. Autant l’épisode 3 de cette ultime saison de Game of Thrones avait été annoncé comme LA grande bataille épique entre les morts et les vivants, autant l’épisode 5, et avant-dernier d’une série qui en comptera 73, devait être un épisode tactique avant le . Intitulé « La Dernière Guerre », il est en réalité le sommet de violence, de larmes et de sang d’une saga qui en a pourtant déjà fait tant couler.

Voici notre récap de cette grande guerre de Port-Réal. Un épisode dans lequel on dit adieu à de nombreux personnages, et à pas mal de nos illusions sur la nature humaine.

[ATTENTION, « SPOILER IS COMING », ON VOUS DIT TOUT SUR L’EPISODE 3 DE LA SAISON 8 DANS LES LIGNES QUI SUIVENT]

Avant de sombrer dans l’horreur absolue, cet épisode renoue avec quelques beaux moments de la série. On croise le duo Sandor- Arya, à cheval, comme au temps de leurs pérégrinations. On voit un dernier émouvant, très émouvant, dialogue entre Tyrion et Jaime. Cette fois, c’est l’aîné des Lannister qui est prisonnier et que Tyrion libère, au péril de sa vie. On voit surtout Daenerys malheureuse comme les pierres et rongée comme jamais par la haine. Tyrion n’arrive pas à la raisonner et lui balance Varys, qui complote ouvertement contre elle.

Le maître des chuchoteurs va finir brûlé vif par Drogon. Triste fin pour un personnage dont on aurait aimé voir un dernier coup d’éclat politique. Cette mort ne sera pas la seule de l’épisode. Un peu plus tard, alors que les armées de Daenerys donnent donc l’assaut sur la capitale contre l’avis de Tyrion, qui veut épargner des vies innocentes, Jaime tuera Euron, un autre personnage au destin décevant. Les lecteurs de romans voyaient en lui le nouveau psychopathe sanguinaire, héritier de Joffrey et Ramsay. Raté.

Daenerys se révèle

Non, le psychopathe sanguinaire ultime de « Game of Thrones » vole à dos de dragon. Dans cet épisode, Daenerys Targaryen accomplit son destin familial, presque génétique, de despote paranoïaque. En croyant sauver le monde de la barbarie, elle y plonge corps et âme.

Passons sur les préparatifs de cette dernière bataille : Varys meurt, Ver-Gris est ivre de rage, Jon met un râteau à sa tatie, Arya pénètre Port-Réal pour tuer Cersei, contemplant du haut son balcon avec son air suffisant… Une fois l’assaut donné, on éprouve une sorte de joie malsaine à voir Drogon à l’œuvre. Du moins au début. Splendide bataille à sens unique, cette conquête de Port-Réal aurait pu être un modèle du genre. Daenerys fait preuve de bon sens tactique, pour une fois, et de témérité. Les troupes au sol sont organisées et progressent dans la ville. Et l’armée adverse finit même par se rendre. Les cloches de la ville sonnent, c’est la reddition, la victoire de Daenerys. Mais est-ce suffisant pour elle ?

L’horreur absolue de la guerre

Et c’est là, dans cette attente, que Daenerys, et toute la série avec elle, bascule. Dans le mal. Dans l’horreur de la pire guerre, celle qui aurait pu être évitée. Le spectacle, pendant clair et sanglant au si sombre épisode 3, est splendide et terrifiant. Des corps qui brûlent, des membres tranchés, du sang qui macule les rues… Rien n’est épargné au spectateur dans le massacre auquel Daenerys s’adonne. Les milliers d’innocents que Tyrion voulait sauver meurent, et la ville est réduite en cendres dans un ballet de violences et de flammes ahurissantes.

Au milieu de ce spectacle de désolation, peut-être le plus abouti graphiquement dans l’histoire de la saga, les personnages principaux ne sont pas oubliés. Sandor fait face à son frère dans un duel dantesque au milieu d’un Donjon rouge qui s’effondre. Les deux frères maudits mourront dans une chute vertigineuse.

Surtout, Jaime échoue à sauver sa sœur et amante. Réalisant, un peu tard, sa folie, Cersei fuit le donjon avec son frère, par les souterrains. Prise d’une panique tout humaine face aux tunnels effondrés et la fuite impossible, Cersei est rassurée par Jaime. L’étrange et fascinant couple meurt enlacé, sous les voûtes du Donjon qui s’effondrent, sans rédemption.

Une Targaryen comme les autres

Jon, impuissant, fait évacuer ceux qu’il n’a pas pu sauver. Arya, à nouveau vulnérable et apeurée, parvient à fuir la ville également. Ce ne sera pas elle qui aura tué Cersei, ni Jaime, ni Tyrion. Encore une fois, les créateurs de la série déjouent les pronostics et offrent une terrible illustration du fléau de la guerre, et des monarques. La question de la légitimité de Daenerys ne se pose plus. Sur le plan martial, sa victoire est totale. Sur le plan moral, sa faillite est achevée.

A l’aube de son dernier épisode, « Game of Thrones » s’éveille avec un seul, dernier et implacable « méchant », celle que l’on a suivie, vue grandir, et aimée, pendant sept saisons. Rien ne nous sera épargné.