«Gilets jaunes»: Plus de 1.400 personnalités du monde de la culture clament leur soutien au mouvement

TRIBUNE Dans une tribune intitulée «Nous ne sommes pas dupes», plus de 1.400 personnalités du monde de la culture ont appelé à «écrire une nouvelle histoire»

C.B.

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Des gilets jaunes manifestant à Paris, le 4 mai.
Des gilets jaunes manifestant à Paris, le 4 mai. — C. Barrois / 20 Minutes

Juliette Binoche, Emmanuelle Béart, Jeanne Balibar ou encore Swann Arlaud font partie des signataires. Plus de 1.400 personnalités du monde de la culture ont décidé de rédiger une tribune en soutien aux «gilets jaunes», qui dénonce la violence « de ce gouvernement qui défend les intérêts de quelques-uns aux détriments de tous et toutes ».

« Depuis plusieurs mois, le mouvement des "gilets jaunes", sans précédent dans l’histoire de la Ve République, bat le pavé de nos rues, écrivent les acteurs du monde de la culture. Un mouvement de citoyen·ne·s, né spontanément, qui ne se rattache à aucun parti politique. Un mouvement qui mobilise des dizaines de milliers de Français·e·s chaque samedi, depuis plus de six mois, et qui est soutenu par des millions d’autres. Un mouvement qui réclame des choses essentielles  : une démocratie plus directe, une plus grande justice sociale et fiscale, des mesures radicales face à l’état d’ urgence écologique. »

« Les "gilets jaunes", c’est nous »

Rapidement, ils expriment leur identification à ce mouvement : « Ce qu’ils demandent, ils le demandent pour tou·te·s. Les "gilets jaunes", c’est nous. Nous, artistes, technicien·ne·s, aut·eur·rice·s, de tous ces métiers de la ­culture, précaires ou non, sommes absolument concerné·e·s par cette mobilisation historique. »

Non contents de soutenir le mouvement, les signataires s’en prennent aussi au gouvernement : « Et nous le proclamons ici  : Nous ne sommes pas dupes  ! Nous voyons bien les ficelles usées à outrance pour discréditer les ­gilets jaunes, décrits comme des anti-écologistes, extrémistes, racistes, casseurs… La manœuvre ne prend pas, ce récit ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-parole du gouvernement voudraient bien nous y faire croire. Comme cette violence qu’ils mettent en exergue chaque samedi. Pourtant la violence la plus alarmante n’est pas là. »

« Le nombre de blessé·e·s, de vies brisées, d’arrestations et de condamnations ­dépasse l’entendement. Comment peut-on encore exercer notre droit de ­manifester face à une telle répression  ? Rien ne justifie la mise en place d’un arsenal législatif dit "anticasseur" qui bafoue nos libertés fondamentales. »

Le texte appelle à « dessiner un monde meilleur », qualifiant la crise écologique d'« urgence historique », et reprochant au gouvernement de n’être pas plus à la hauteur pour y répondre que pour répondre à la crise économique et sociale. « Aujourd’hui, la convergence des luttes sociales et environnementales est en route », prédisent les artistes.

« Nous continuerons à nous indigner, plus fort, plus souvent, plus ensemble, poursuit la tribune. Et aujourd’hui, nous appelons à écrire une nouvelle histoire. Nous, écrivain·e·s, musicien·ne·s, réalisa·teur·trice·s, édit·eur·rice·s, sculpt·eur·rice·s, photographes, technicien·ne·s du son et de l’image, scénaristes, chorégraphes, dessinat·eur·rice·s, peintres, circassien·ne·s, comédien·ne·s, product·eur·rice·s, danseu·r·se·s, créat·eur·rice·s en tous genres, sommes ­révolté·e·s par la répression, la manipulation et l’irresponsabilité de ce gouvernement à un moment si charnière de notre histoire. » Reste à voir s’ils seront plus écoutés que les manifestants.